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Après trois années passées en prison pour la mort d’un enfant lors d’une séance d’exorcisme qui a mal tournée, le Père Lambert cherche sa rédemption auprès de Joel, un jeune père de famille qui souffre de schizophrénie et qui soupçonne son jeune fils Mason d’être possédé...



L'AVIS :

En 1973, un film révolutionna l'univers du cinéma fantastique et devient un classique instantané, j'ai nommé "L'Exorciste" bien sûr. Cette histoire de possession démoniaque a fait frémir le monde entier et on ne compte plus les copies s'en inspirant ou jouant sur le thème de la possession ou de l'exorcisme. En 2019, cette thématique est toujours d'actualité et notamment avec ce film de Pearry Reginald Teo, The Assent, rebaptisé en France en The Demon Inside. Un cas à part que ce réalisateur né à Singapour en 1978 et qui réalise un premier court-métrage horrifique en 2002, Liberata Me, puis Children of the Arcana en 2003, qui, tous deux, remportent de nombreux prix dans des festivals prestigieux. En 2007, il tourne son premier long-métrage, The Gene Generation puis enchaîne avec Necromentia (2009), The Evil Inside (2011), Dracula: The Dark Prince (2013), The Curse of Sleeping Beauty (2016) ou bien encore Ghosthunters (2016). Comme on le voit, le cinéma fantastique et horrifique est l'univers qui intéresse Pearry Reginald Teo et ce sera donc à nouveau le cas avec The Demon Inside.



L'introduction du film est assez efficace : à l'écran défilent des images de qualités médiocres semblant provenir d'une VHS et qui montrent clairement un jeune garçon en train de subir un exorcisme. Une voix-off nous explique que la possession d’un corps par un démon se déroule en trois phases. On appelle la première phase : la présence. Le démon, ou l’une de ses entités, commence à manifester sa présence à son hôte. La deuxième phase est : la détresse. L’entité commence à prendre possession et à agir avec le corps de son hôte. Il prend son contrôle physique, mental et spirituelle. L’infecté commence à se sentir souillé, comme si une force obscène prenait le contrôle de son corps. Mais le démon ne peut pas posséder une personne dans sa totalité avant la troisième phase. Cette troisième phase exige que la personne lâche prise, qu’elle consente à ce que le démon devienne une partie de son âme. On appelle cette phase : le consentement (d'où le titre original du film, The Assent). Une fois cette petite introduction terminée, on plonge dans la vie tourmentée de Joel (Robert Kazinsky), un papa qui a perdu sa femme dans un accident de voiture et qui a du mal à refaire surface, devant s'occuper de son jeune fils Mason (Caden Dragomer), gagner de l'argent et surtout, combattre sa maladie : la schizophrénie. Suivi de manière drastique par sa psychiatre, le docteur Maya (Florence Faivre), Joel doit par tous les moyens prouver qu'il se réinsère dans la société et ce, afin de conserver la garde de son fils. Un personnage écorché, qui semble sombrer dans une certaine folie parfois, étant victime de sorte d'hallucinations mettant en scène des créatures qui semblent issues de l'univers de Silent Hill.



L'affaire se corse quand Mason est lui aussi troublé par des visions. Le thème de la schizophrénie est assez présent dans le film et cela permet au réalisateur de brouiller les pistes : est-ce que ces visions sont issues de l'imagination de Joel ? Mason souffrirait-il également de troubles schizophréniques héréditaires ? En parallèle de cet arc narratif, on trouve celui du Père Lambert (Peter Jason), exorciste fraîchement sorti de prison après un rituel qui s'est clôturé sur la mort de l'enfant possédé vu dans la séquence introductive. Ce dernier veut se racheter et poursuivre son combat du Bien contre le Mal. Il semble doté d'un sixième sens lui permettant de voir les présences démoniaques. Sa rencontre avec Joel et Mason va être pour lui comme une renaissance, un second départ. Pour lui, Mason est bel et bien possédé et le seul moyen de sauver l'enfant est de réaliser un exorcisme. La seconde partie du film va donc être consacré à la possession démoniaque du jeune garçon, avec tous les clichés du genre respectés à la lettre par Pearry Reginald Teo : yeux révulsés, paroles en latin, jet de vomi, montée d’escalier menant à la chambre de l’enfer (hommage à l’Exorciste bien sûr) et j'en passe. Conscient que le budget de son film ne lui permettra pas de présenter aux spectateurs un exorcisme aussi puissant que celui vu dans le chef-d'oeuvre de William Friedkin, le réalisateur de The Demon Inside a recours a quelques subterfuges assez malin pour biaiser le problème budgétaire, comme filmer le rituel à travers le trou de la serrure de la porte ou encore montrer l'exorcisme par les yeux de l'enfant possédé.



Petit ajout intéressant, la présence d'une scientifique qui vient superviser le rituel et s'assurer que les deux prêtres exorcistes ne vont pas trop loin. La dualité science/religion – endoctrinement religieux/vérité scientifique est mise en avant, certes de manière pas assez développé mais c'est un bon point pour le film, tout comme le fait que le combat se joue dans la chambre de Mason mais aussi dans l’esprit de son père Joel. S'il est clair que The Demon Inside ne révolutionne pas le genre du film de possession ou d'exorcisme, les néophytes dans le domaine devraient néanmoins sursauter à quelques occasions. Les plus aguerris apprécieront la mise en scène maîtrisée et le twist final, classique mais qui fait son petit effet. Il y a eu tellement de proposition dans ce genre que, malgré ses bonnes intentions et ses qualités, The Demon Inside ne parvient pas à vraiment à tirer son épingle du jeu et à se différencier des concurrents. Mais si vous voulez faire peur à vos copines dans une salle de cinéma, ça devrait le faire...









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