RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION


Cliquez pour noter..


Margot, une jeune fille timide et solitaire, encore bouleversée par la mort récente de son père reçoit de mystérieuses vidéos de « La maison sans fin », une sorte d’édifice hanté itinérant et décide, pour se changer les idées qu’elle a moroses, d'aller la visiter avec ses amis Jules, J.D., Allison et Seth Marlowe rencontré le soir même dans un bar. Cette attraction propose aux visiteurs d'affronter leurs peurs à travers six pièces de plus en plus terrifiantes. Selon la rumeur, ceux qui seraient parvenus à aller au bout de la visite n'en seraient jamais ressortis…




L’AVIS :

Comme pour la saison précédente, la série s’appuie sur une « creepypasta », ici celle attribuée à Brian Russell, parlant d’une bâtisse située en périphérie d’une grosse ville américaine et dans laquelle il y aurait 9 pièces à franchir si on veut gagner le prix de 500 dollars. Seulement voilà, la maison contient des choses que personne ne devrait voir dans une vie et inflige des traumatismes qu’aucun être vivant ne devrait avoir à endurer !



Comme la série "American Horror Story", qui se renouvelle chaque saison avec une histoire inédite et de nouveaux personnages, le scénario de la saison 2 de "Channel Zero" intitulée "No-End House" change totalement et porte donc ici sur l’existence d’une maison fantôme capable d’affecter la santé mentale des téméraires qui la traversent jusqu’à la sortie, par la dernière pièce, la numéro 6. C’est l’expérience que feront Margot et son amie Jules, accompagnées de quelques autres en mal de sensations fortes.

Alors que les scripts sur les maisons hantées sont usés jusqu'à la moelle, les scénaristes nous ont concocté une nouvelle saison assez réussie où les clichés sont évités et où l'originalité est au rendez-vous. Moins portée sur l’horreur mais plus psychologique, cette saison 2 combine pas mal d’étrange, un peu d’épouvante et beaucoup de surréalisme en étant très axée sur les thèmes du deuil et de l’existence d’un autre monde. Chaque épisode regorge de trouvailles (notamment les aliments « grenades souvenir » et les flaques de mémoire) et de nombreux rebondissements sans oublier quelques séquences bien trouvées et vraiment angoissantes (cf. certaines dans les pièces de la maison hantée, celle dans les sous-sols d’une villa ou bien celle au fond de la piscine).



Bien plus charismatique que Paul Schneider dans la saison 1, Amy Forsyth incarne à la perfection Margot Sleator, cette jeune fille fragile qui, afin de tenir le coup psychologiquement par rapport à la mort de son père qu’elle aurait pu sauver si elle n’était pas sortie le jour de sa mort, se laisse convaincre de pénétrer dans une demeure soi-disant hantée. Margot qui se punissait elle-même en restant cloîtrée chez elle sans contact extérieur va tout à coup se révéler audacieuse et franchir une à une les pièces de cette bâtisse et un peu comme « Alice au pays des merveilles », elle va découvrir un univers ô combien singulier mais aussi anxiogène ! Le reste du casting est aussi très bon avec notamment John Carroll Lynch (l’horrible clown Twisty censé évoquer Ed Gein dans la saison 4 de "American Horror Story") excellent et inquiétant en paternel 2.0 et Sebastian Pigott ("Slasher (saison 2) : les coupables"), très juste dans le rôle du gars énigmatique à qui on ne la fait pas.

Si cette série à tendance horrifique ne mise pas tout sur le gore et le spectaculaire, elle répond par une inventivité et une poésie lugubre mais épurée de premier choix. Les plan-séquences et les effets de surprise hors-champ seront, en effet, préférés aux gros geysers de sang et meurtres frontaux filmés de très près. Par ailleurs, Channel Zero : No End House est formellement étonnante avec ses décors travaillés, ses pièces et couloirs rappelant parfois ceux de l'Overlook Hotel dans "Shining", mais aussi ses sculptures aussi magnifiques qu’inquiétantes et qui sont l’œuvre de l’artiste Sarah Sitkin.

Toutefois, le gros raté de cette saison 2 est d’avoir voulu étirer le traumatisme de Margot sur la longueur de six épisodes. Honnêtement quatre auraient amplement suffi car là, avec tous ces atermoiements et non-dits, on perd un temps fou ! C’est bon, on a compris que la fille culpabilise car elle pense être responsable de la mort de son paternel et surtout, qu’elle est accablée de n’avoir pu lui dire au-revoir convenablement ! On a saisi aussi que Seth Marlowe n’était pas très net : un gars aussi gentil, c’est suspect ! C’est donc avec impatience qu’on attend la fin, pas si originale que ça pour le coup, par rapport à tout ce qu’on a pu voir d’original justement dans la maison. Il fallait peut-être y rester davantage pour avoir un final digne de ce nom, qui sait ?



Malgré des qualités scénaristiques sortant du lot et un parti-pris esthétique osé mais superbe, le point faible de « No End House » c’est qu’à mi-parcours, on a l’impression de tourner en rond et surtout, certaines scènes sont trop longues si bien que le rythme en pâtit grandement. On se dit alors que maintenir le suspense sur six épisodes était peut-être un peu trop ambitieux. Mais cette saison est toutefois meilleure que la précédente (je lui mets véritablement 3,5/6 !) et même si elle ne tient pas la distance, je me laisserai assurément tenter par la prochaine !




3/6 - Vincent Duménil