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Réalisation
Rodolphe Bonnet

Scénariste
Rodolphe Bonnet

Date de sortie
2020

Genre
sketchs horrifiques

Tagline


Cast
Leslie Carles
Guilhem Tigny
Emmanuel Bonami
Morgane Housset


Pays
France

Production


Musique
Stéphane Lam

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 6
(1 vote)
Premier volet d’une franchise française de films à sketches (hourra !), « Mr Pig » narre la vengeance d’une femme contre son agresseur. Ce fil rouge est entrecoupé d’autres segments : Une jeune fille fan de films d’horreur est poursuivie par un zombie ; une famille « recomposée » fait le deuil du père, un scénariste à succès, mais le calme est perturbé par l’apparition d’un pédophile et d’un policier maladroit ; Quatre amis partent en weekend et se font séquestrer par un couple de psychopathes...



L'AVIS :

Disponible dès son lancement et en exclusivité sur la nouvelle plate-forme de films en ligne « Shadowz », « Mr Pig », le premier volet, sur les trois disponibles, de la série de films « French Blood » a tous les atouts pour attirer l’attention : Une compilation de sketches produite par des passionnés qui ont pris le parti de ne pas attendre de financements et d’avancer en mutualisant leurs talents, leur passion et certainement leurs propres deniers. Poussés par l’idée et le précepte du réalisateur Pascal Laugier : « De toute façon, avec ou sans thune, les jeunes mecs motivés, pour qui réaliser un film de genre est une question de vie ou de mort, se démerderont toujours pour passer à l’acte » (que l’on retrouve en tout début de film, tel un mantra), le réalisateur/scénariste Rodolphe Bonnet et sa bande, ont pris cette phrase au pied de la lettre et tenus le projet à bras le corps. Si les intentions sont là, qu’en est-il du résultat final ?
Poisseux, violent, énervé… A la vision de ce premier volume de « French Blood », on sent effectivement la motivation et l’envie de Rodolphe Bonnet de faire le cinéma qu’il a toujours eu envie de faire, et aussi celui qu’il affectionne en tant que spectateur. Cette énergie monstrueuse injecté dans chaque plan du film reflète aussi une potentielle hargne sous-jacente contre les systèmes de financement traditionnels.



Dans le détail, le segment « Zombie nightmare of the dead » commence par une sorte de remake de la scène d’introduction de « Scream » (celle dans laquelle Drew Barrymore est harcelée au téléphone par un psychopathe) en un peu plus salace, puis dérive vers le film de zombie. Un drôle de mélange qui fonctionne bien, notamment grâce à une photographie réussie et à un zombie à la gestuelle angoissante, plus proche d’un prédateur animal que d’un mort-vivant mou du genou. Le segment « La page manquante » utilise des ficelles psychologiques pour faire monter la pression. Confrontation sordide entre un tueur pédophile et le père d’une victime, tensions familiales entre fille de sang et fille spirituelle, le tout sur fond de réflexion sur la création. Le segment « Roches rouges » est, quant à lui, un bon gros « survival » teinté de « torture porn » dans lequel un groupe de jeunes se fait séquestrer et torturer par un couple de psychopathe. L’homme, un barbare sanguinaire, obéit à une étrange femme masquée, muette et adepte du scalp.



Si, globalement le film ne traumatisera pas les plus endurcis d’entre vous, il faut tout de même être bien accroché pour tenir cette heure et vingt minutes de sadisme physique et psychologique. Entre des dialogues déviants souvent orientés sexuels et des arrachages de différentes parties du corps, les trois segments de « Mr. Pig » ne font pas dans la dentelle. Tout comme le fil rouge montrant une jeune femme mettre à mal un homme ligoté à une chaise. Et si les sévices sont souvent cadrés hors champs, le résultat à l’écran est lui bien visible, viscéral et réussi grâce aux effets spéciaux de maquillage signés David Scherer et Cédric Amann. Niveau réalisation, Bonnet a su s’adapter à chacun de ses thèmes avec talent : des cadrages laissant la part belle au suspense pour « Zombie Nightmare of the dead », une exécution classique et plutôt posée pour laisser la place aux personnages dans « La page manquante » et une utilisation dynamique de sa caméra, à base de shaky cam bien vénère, pour le bourrin «Roches rouges ». Autre point positif, les décors et les costumes qui appuient encore plus sur le côté glauque de l’entreprise.



A la fois perturbant et ludique (les références aux diverses familles de films de genre : slasher, zombie, torture porn… mais aussi le plaisir malsain d’assister à ce joyeux carnage), on pourrait donc, reprocher au métrage sa trop grande influence d’autres œuvres (plus ou moins bien digérée) et une construction qui peut perdre les spectateurs les moins assidus (posez votre portable, les gars, merde !).
En résumé, ce « Mr Pig » est une bien belle démonstration de volonté doublé d’une magnifique déclaration d’amour au film de genre. C’est aussi une réussite qui laisse augurer le meilleur pour les volets suivants, et surtout une œuvre qui, comme le veut la formule classique, démontre que Rodolphe Bonnet est un réalisateur à suivre.







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