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Jillian et Tom Hodgson emménagent dans leur nouvelle maison qui se trouve être celle dans laquelle Tom a grandi. Ces jeunes mariés découvrent dans la cave une porte qui n’était pas là auparavant. Comme le personnage mythologique de Pandore avec la célèbre boîte éponyme, ils vont alors tenter de l’ouvrir. A leurs dépens ?




L'AVIS :

Faute d’audience télévisuelle suffisante, ce sera la dernière saison de Channel Zero, diffusée sur Syfy entre 2016 et 2018. Conçue et développée par Nick Antosca, la série se base sur le phénomène des « creepypastas », c’est-à-dire les mythes urbains diffusés sur Internet et largement relayés par les réseaux sociaux. Parmi les plus célèbres, on note, par exemple, les récits tournant autour du « Slender Man », de « Momo », de « Sad Satan » ou encore du « Midnight Game ». Comme pour les précédentes, Antosca adapte dans cette ultime saison, une légende de la Toile, cette fois-ci écrite par Charlotte Bywater et intitulée « I found a door in my cellar, and I think I've made a big mistake » (elle ne pouvait pas faire plus long !?) qu’il transformera en The Dream Door pour la télévision.

Cette saison 4 débute quand Jillian (la sublime Maria Sten, miss univers 2008, rien que ça !) et Tom Hodgson (Brandon Scott qui était déjà présent dans la saison 3) emménagent dans leur nouvelle maison, celle-là même dans laquelle Tom a passé toute son enfance. Ce jeune couple ne tarde pas à découvrir au sous-sol, une étrange porte apparue comme par miracle et dont Tom n’a aucun souvenir. Ils vont alors essayer de l’ouvrir et Pretzel Jack, un étrange clown contorsionniste (campé par l’incroyable Troy James déjà vu dans "Scary stories") s’en échappe, bien décidé à occire tous ceux qui contrarient notre belle Jillian. Mais pour quelle mystérieuse raison ?



Naturellement, cette dernière saison de Channel Zero ne manque pas de rebondissements et de révélations. D’ailleurs, les secrets font partie intégrante du scénario, puisque ce sont eux qui se mettent entre Tom et Jillian en les empêchant de s’épanouir en tant que couple. En effet, que ce soit, elle, qui discute pas mal avec le nouveau et intriguant voisin Ian et qui semble (re)connaître le clown patibulaire ou lui, qui revoit Sarah Winters son ex et se rend au cabinet de la non moins étrange Vanessa Moss (interprétée par Barbara Crampton connue pour ses rôles dans "Re-Animator" et "Aux portes de l’au delà"), chacun ne dit pas tout à sa moitié, ce qui va provoquer bien des complications. Vous l’aurez donc compris, The Dream Door s’intéresse au mariage avec ce couple dont chaque membre arrive avec ses (petits ou gros) secrets qui menacent sans tarder leur vie d’époux de manière très concrète. Ils s’aiment, mais ils doivent parvenir à se pardonner, à se comprendre et à tout se dire sans se blesser s’ils espèrent voir leur ménage perdurer !



Comme souvent dans Channel Zero, un élément fantastique sous forme de métaphore va venir faire irruption dans le quotidien de personnes dites « normales ». Que ce soit une émission télévisée que seuls les enfants perçoivent (la 1), une maison hantée pouvant matérialiser les pires angoisses (la 2) ou encore des escaliers perdus en plein milieu d’un parc (la 3), chaque saison a son facteur déclencheur. Ici, ce sera la porte par laquelle sort Pretzel Jack, ce qui est intéressant car c’est le vecteur par lequel on explorera l’évolution émotionnelle de Jillian. Cette dernière saison met ainsi en images ce que le subconscient d’une personne angoissée pourrait provoquer d’horrible dans la réalité. Ce ressort scénaristique n’est pas nouveau au cinéma, puisqu’il a déjà été proposé par David Cronenberg dans "Chromosome 3", idée déjà vue également dans le chef-d’œuvre de SF "Planète interdite" en…1956 ! Ce ne sera cependant pas le seul emprunt au superbe métrage canadien de 1979, puisque les enfants encapuchonnés feront aussi ici leur apparition mais cette fois-ci complétement recouverts de peinture ce qui rend leur visage quasi invisible et méconnaissable ! Ces derniers rappelleront aussi à certains, des protagonistes vus également dans "Ne vous retournez pas" de Nicolas Roeg (1973) ou encore dans "Alice sweet Alice" (1977) pour les connaisseurs !

C’est toutefois de belles références que voilà ! Et aidé par la réalisation d’E. L. Katz (à qui l’on doit le sympathique "Cheap thrills") qui apporte son style en dosant vraiment bien la tension et la violence, Nick Antosca prouvera encore une fois qu’il sait s’entourer de scénaristes sachant caractériser avec subtilité les failles enfouies de leurs personnages que l’on finit par trouver attachants mais qui sont toujours à la limite et qui diffusent (volontairement ou pas) un malaise constant. Comme pour les saisons précédentes, Channel Zero, aborde aussi les peurs infantiles du point de vue de l’adulte et la notion de famille, deux éléments qui cette fois, sont plus axés vers l’exploration du couple dont les protagonistes sont finalement contrariés par un réel défaut de communication, finalement c’était donc ça !



A l’instar de la précédente, cette dernière saison de Channel Zero est très soignée, stressante par moments et le croquemitaine démantibulé est superbe. Alors quand en plus, on a un scénario bien ficelé et intrigant, un peu de gore, quelques références à certains réalisateurs classiques de l’horreur (David Cronenberg notamment) et une actrice à la plastique irréprochable, on ne peut que regretter amèrement qu’il n’y ait pas de saison 5 !




5/6 - Vincent Duménil