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Travaillant dans une station de radio, l’animateur Rod Wilson raconte ou échange des histoires macabres et de meurtres avec ses auditeurs tout au long de la nuit. Alors qu'il continue son quart de travail et qu'un appelant farceur s'énerve, il essaie de s'en sortir avant que quelque chose hors de l'ordinaire ne se produise…



L'AVIS :


J'ai vu un nombre incalculable d'anthologies d'horreur bâclées jeter négligemment des segments aléatoires dans une casserole et les porter à peine à ébullition et ce même si A Night of Horror: Nightmare Radio est une collection de courts métrages préexistants, ceux-ci s’enchaînent pourtant très bien et sont tous liés les uns aux autres à travers une histoire centrale. Cette dernière met en scène le DJ Rod Wilson qui diffuse un programme de nuit sur une station de radio locale. Une émission dans laquelle il essaie de ravir les auditeurs avec des histoires effrayantes, lesquels ont aussi le droit de participer quand leurs récits en valent la peine.

On commencera donc avec « In the dark, dark Woods…» qui est une sorte de fable qui se passe dans les bois très profonds d’une forêt indéterminée, où une femme avec une âme tellement sombre est devenue invisible…

Cette histoire d’une femme diabolique est racontée par une voix off, ce qui ajoute un tout autre aspect au récit qui est tout de même terrible et sombre avec cette femme invisible qui veut vivre dans la lumière et va alors voler la vie d’une autre. De prime abord intrigant, ce court est visuellement très joli et sa fin même si elle est lugubre est très bien amenée. Bon début d’anthologie donc !

Et ça va se poursuivre avec « Post Mortem Mary » narrant les aventures d'une mère et de sa jeune fille Mary gagnant leur vie en Australie en 1840 en tant que photographes post-mortem, immortalisant une dernière fois les défunts avant leurs funérailles. L'idée est de photographier le cadavre le plus clairement possible afin qu’il soit présentable et que l’on en garde un bon souvenir avant sa mise en bière. Quelque chose que Mary n'a pas encore appris, mais que sa mère malade, décide de lui imposer pour leur dernière visite…

Le cadre gothique en plein milieu rural, la manipulation de la caméra et le suspense toujours croissant dans cette histoire atrocement passionnante produisent un résultat final très réussi. Pas étonnant d’ailleurs que ce court métrage fantastique qui a été bien accueilli dans certains festivals ait remporté des prix dans le monde entier. Un des meilleurs de cette anthologie !

Suivra « A little of the top » dans lequel un coiffeur va infliger une punition capillaire à une de ses clientes, ex petite amie l’ayant apparemment déçu…

Il n’y a vraiment pas grand-chose à tirer de ce court trop bavard. L'engin qui maintient les cheveux en place est certes un appareil de torture inventif avec une belle apparence, mais le monologue incessant du coiffeur sur ce qu’est devenu son couple au fil des années a drainé tellement d’énergie au segment qu’on se préoccupe peu du reste tant on veut que ça se termine vite !



Heureusement, ce qui vient ensuite va remonter largement le niveau de ce film omnibus ! « The disappearance of Willie Bingham » conte l’histoire d’un prisonnier condamné à mort et dont la sentence est convertie en une peine plus alternative : celle de la perte continuelle de ses membres et organes qui s’arrêtera lorsque la famille de la victime le souhaitera !

L'idée de ce qui se passe ici est une façon exceptionnellement originale et créative de traiter les prisonniers en les démembrant pour leurs crimes commis ! Mais en plus de cela, on les exposera devant de jeunes délinquants et dans certaines écoles pour mettre les gens en garde ! Si ça ce n’est pas génial comme méthode de dissuasion mais aussi comme acte de torture mentale !? Glauque à souhait et se terminant sur une note inéluctablement pessimiste, ce court est tellement bon et convaincant que les plus sceptiques d’entre vous pourraient être tentés de vérifier sur le Net si de telles pratiques n’ont pas déjà existé ! Une véritable réussite !

C’est ensuite au tour de « Drops » de pointer son nez avec cette jeune danseuse espagnole à la coupe de cheveux suspecte prise de maux de ventre fulgurants et victime d’hallucinations au cours desquelles une créature semble la souiller.

Ce segment à l’ambiance anxiogène repose finalement sur la révélation du traumatisme passé de la jeune fille expliquant son état actuel. Une fois que l’on a compris, ou bien que l’on a deviné avant le twist final, cela semble tout de même un peu vain même si on a vu pire dans le genre !

On poursuit nos pérégrinations horrifiques avec « The smiling man », dans lequel une petite fille semblant seule à la maison va être confrontée à un homme au sourire permanent mais aux intentions pas très claires…

Ce court qui est aussi concis que terrifiant semble vaguement inspiré d’une creepypasta éponyme écrite et diffusée sur la Toile par Blue Tidal mais juste quant à son protagoniste principal car en ce qui nous concerne, on a seulement affaire à un énième serial killer cintré du ciboulot et effrayant à souhait qui va terroriser une petite fille seule chez elle. Efficace certes, mais pas non plus ultra original !



Sans trop de bruit on glisse vers « Into the mud » dans lequel une jeune femme toute nue, confuse et ébouriffée se réveillant dans les bois a du mal à comprendre la situation lorsqu'elle s’aperçoit qu’un mystérieux chasseur essaie de la tuer.

Dans l'ensemble, c'était un segment assez décent. La perplexité et la confusion autour de la situation sont tout à fait appropriées et l’on va alors assister à un passionnant jeu du chat et de la souris avec la forêt utilisée comme cadre pour que la poursuite se produise. Le twist final surprenant et fantastique fonctionne très bien, se présentant comme une surprise tout à fait originale et offrant des effets de maquillage bien faits. Bien qu'il y ait très peu ou pas de dialogue pour donner un sens à quoi que ce soit, c’était vraiment un segment intéressant !

C’est au tour de « Vicious » de prendre le relais avec une jeune femme seule, de nuit, dans une grande demeure et semblant hantée par sa sœur probablement fraîchement décédée.

Non seulement, en plus d’un manque d’originalité manifeste, ce n’était pas très effrayant, mais en plus l’héroïne agit de façon stupide tout le long du court et surtout la fin est ratée ! Ce qui nous laisse un drôle de goût dans la bouche ainsi qu’un sentiment de déjà-vu confirmé par le fait que ce segment était déjà présent dans le film à sketchs horrifiques "Strange events" de 2017 qui ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable. Dommage, car les démons sont effrayants et intrinsèquement surprenants lorsqu'ils apparaissent avec leur aspect déformé et inhumain !

Finalement, les récits interstitiels avec le DJ et servant de fil directeur liant tous les segments, sont les plus mauvais et les moins passionnants de l’anthologie. Le fait qu'il coupe continuellement les auditeurs et agisse avec arrogance en donnant le sentiment que leurs histoires sont bancales tandis que les siennes sont meilleures est insupportable mais en définitive nécessaire en ce qui concerne la révélation finale, dont on se serait toutefois bien passé car ça n’apporte pas grand-chose à l’ensemble !



Force est de constater qu’aucune des histoires ne nous donne l'impression d'avoir été produite rapidement pour faire en sorte que la durée de lecture prévue du long métrage puisse être atteinte. Un autre avantage est que le film réussit bien en termes de diversité. Le seul inconvénient demeure toutefois dans l'histoire englobante de l’animateur lui-même, peu convaincante et ennuyeuse avec un dénouement hors de propos. Pourtant, à notre grande surprise, ce film est appréciable car il offre des histoires éclectiques effrayantes avec une bonne touche sombre, de quoi donc passer une bonne soirée d’Halloween pour laquelle il semble parfaitement calibré !

LA BANDE-ANNONCE :












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