RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 1.8
(4 votes)
Dans la petite bourgade américaine de Centerville, quelque chose ne tourne pas rond depuis peu. La nuit et le jour ne se présentent plus aux heures habituelles, les animaux de compagnie disparaissent ou deviennent extrêmement violents... Mais tout ceci n’est rien par rapport à ce qui va se passer : les morts enterrés dans le cimetière communal ressurgissent à la surface et s’en prennent aux vivants ! Quelques survivants, suffisamment armés pour combattre cette horde de zombies, vont tout faire pour résister à l’envahisseur.



L'AVIS:

Présenté en film d’ouverture du Festival de Cannes en 2019, le nouveau film de Jim Jarmusch ("Dead man", "Ghost dog : la voie du samouraï", "Coffee and cigarettes"...) intitulé "The dead don’t die" fit parler de lui en raison de son appartenance au cinéma fantastique. Des morts-vivants sur la croisette et un casting envahi de stars (Bill Murray, Adam Driver, Danny Glover, Iggy Pop, Tilda Swinton...) : il n’en faut pas plus pour donner un bon gros coup de pub à ce long-métrage qui vient continuer d’enrichir ce registre cinématographique des comédies zombiesques.
Un registre ô combien représenté dans le cinéma de genre et dont il semble difficile à l’heure d’aujourd’hui de parvenir à se hisser parmi les meilleures et les plus mémorables réalisations.

Alors que vaut réellement ce fameux film de zombies faisant la part belle au casting triple étoilé et choisissant le chemin de la comédie horrifique ? Réponse ci-dessous...



Hommage au cinéma zombiesque que nous aimons tant (et qui a connu tant de sympathiques vagues successives de bons films durant plusieurs décennies voire même de séries dans les années 2000-2010), "The dead don’t die" est parsemé de clins d’oeil au cinéma de genre (notamment par le biais d’un geek qui tient une station service et dont la caisse ressemble à un magasin de produits dérivés... Mais c’est loin d’être tout...) et notamment à celui de Romero ("La nuit des morts-vivants" et "Dawn of the dead" sont clairement mis en avant) tout en jouant la carte de la parodie et de l’autodérision.

Mais là où Jim Jarmusch veut surtout frapper fort, c’est par le casting qu’il propose. Acteurs/actrices et chanteurs/compositeurs dont vous retrouverez les noms dans la fiche technique du film rattachée à cette chronique, toutes et tous nous offrent des interprétations de qualité et semblent indéniablement porter le film sur leurs épaules. Car malheureusement, ce n’est pas du côté du scénario, de la dynamique du film ou du côté des effets gores qu’il faudra se tourner ici...

Même les noms des artistes musicaux à la renommée internationale (Tom Waits, Iggy Pop, RZA...) les moins présents devant la caméra dans "The dead don’t die" nous livrent des prestations (ou devrais-je dire des apparitions) tout en autodérision, entre zombie grimaçant, livreur philosophe et ermite à la limite de l’Homme Préhistorique).
Et c’est cela qui plait dans le film de Jim Jarmusch : les personnages ont tous ou presque leur petit grain de folie ou ce petit truc qui les distingue clairement des autres. Nous pourrions parler de personnages stéréotypés pour certains mais pas que : d’autres sont clairement des personnages sortis de nulle part et n’ayant pas leur pareil. C’est le cas par exemple de cette personne des Pompes Funèbres qui nous oriente vers le film de sabre japonais et s’avère être de loin le personnage le plus intrigant de cette histoire, oscillant entre science-fiction, chanbara et horreur...

Avec son petit côté country bienvenu qui nous renvoie notamment à un certain "Dead and breakfast" sorti dans la première moitié des années 2000, ce long-métrage sait comment aguicher son public. La chanson "The dead don’t die" entendue à plusieurs reprises dans le film fut d’ailleurs une musique demandée par Jim Jarmusch à un guitariste qu’il apprécie tout particulièrement afin que le morceau fasse penser à un tube de country du début des années 60. Pari réussi et ambiance enivrante !

Du côté des bonnes choses, nous pourrons heureusement citer également les morts-vivants. Dotés de maquillages réussis et marchant tels des pantins désarticulés (les séquences de nuit où nous les voyons déambuler dans les rues de la ville sont saisissantes), nos zombies ont la particularité (comme dans un certain "Dawn of the dead") de revenir là où ils avaient leurs habitudes de leur vivant. Amusant d’ailleurs de les entendre murmurer des mots de leur ancienne vie : une vieille poivrote qui ne cesse de répéter « Chardonnay » ou des enfants qui disent sans arrêt « Sucette »... Une sympathique trouvaille qui apporte un peu de sang neuf dans le film de zombies.
Nous nous prêterons même à sourire devant un Iggy Pop zombifié en train d’essayer de boire du café comme il en avait l’habitude jadis puis faisant des sourires dragueurs à une zombie girl dont l’un des bras est quelque peu coincé derrière la tête. L’attaque du restaurant par ces deux zombies demeure la meilleure séquence du film car elle mélange horreur, gore et humour avec ce petit grain de folie qui peut ne faire qu’adhérer le spectateur.



Mais voilà, une belle galerie de personnages, des zombies aux allures et designs sympathiques et un casting riche en vedettes, cela ne fait pas tout...
Car du côté du scénario et de la réalisation, c’est la grosse douche froide...

Soulignons tout d’abord un manque flagrant d’originalité : rien ne permet réellement à "The dead don’t die" de se démarquer de la concurrence qui propose parfois du très lourd en la matière dans les comédies zombiesques ("Shaun of the dead", "Plaga zombie : zona mutante", "Goal of the dead", "Freaks of nature", "Cooties", "Scouts guide to the zombie apocalypse" ou encore les sagas de "Zombieland" et "Dead snow" pour ne citer que ceux-ci).
Et ce ne sont pas les quelques balbutiements amusants de deux-trois zombies ou les quelques gags faisant mouche (parmi un nombre impressionnant de pétards mouillés et une sur-utilisation du comique de répétition) qui vont faire passer la pilule face à ce scénario creux et sans réelle surprise (si ce n’est ce « What the fuck ?? » en fin de film, sans vouloir spoiler).

Du côté de la réalisation, c’est vraiment mais vraiment mou du genou... Votre dévoué rédacteur est pourtant très bon public mais là c’est quand-même bien lent il faut bien le reconnaître. Lent et ennuyeux.
Les dialogues sont souvent guère intéressants, les scènes d’attaques de morts-vivants peu nombreuses et parfois hors-champs, les effets spéciaux vite expédiés une fois la mort de deux gérantes d’un restaurant dévorées (les seules scènes vraiment gores du film)... Rajoutons à cela un manque total de péripéties intéressantes et vous obtenez là un film peu haletant où les rares moments d’intensité sont rapidement éteints par des conversations et des séquences mollassonnes.



Au final, "The dead don’t die" n’est pas du tout le film auquel nous étions en droit de nous attendre à la vue du casting (n’est pas "Sin City" qui veut).
Long, répétitif et en manque flagrant d’inventivité, le film au nihilisme pourtant bien poussé de Jim Jarmusch déçoit plus qu’il ne séduit... Dur dur...


Trailer du film :