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Un frère et une sœur viennent de subir un traumatisme épouvantable. Leur père décide de leur faire passer quelques jours avant Noël dans un chalet isolé en pleine montagne où ils seront gardés par Grace, leur nouvelle belle-mère, une jeune femme séduisante, unique rescapée d'une secte. Entre les enfants et la marâtre s'installe un climat malsain...



L'AVIS :

Ça fait toujours plaisir de revoir le logo Hammer au début du générique d'un film. La célèbre firme anglaise, spécialisée dans le cinéma d'épouvante dans les années 50 à 70, a conquis le cœur des cinéphiles grâce à ses nombreuses productions de grande qualité et c'est avec une réelle nostalgie qu'on a accueilli sa résurrection dans les années 2010, avec "Wake Wood" (2009), "Laisse-moi Entrer" (2010), "La Locataire" (2011), "La Dame en Noir" (2012), "Les Âmes Silencieuses" (2014) et "La Dame en Noir 2" (2014). Après une période creuse, la Hammer refait parler d'elle en 2019 puisqu'elle a produit le nouveau film du duo Severin Fiala / Veronika Franz (responsable du remarqué "Goodnight Mommy" en 2014), à savoir "The Lodge". Comme dans leur premier long-métrage, le duo Fiala / Franz ne cède pas à la surenchère d'effets dans The Lodge mais nous propose à nouveau un voyage glaçant dans la psyché humaine, préférant miser sur une atmosphère inquiétante, sourde, malsaine que sur une avalanche de jump-scares ou d'effets gores. Les amateurs de rythme frénétique en seront donc pour leur frais car les deux réalisateurs distillent les éléments provoquant la montée du malaise avec parcimonie, prenant tout leur temps pour instaurer une ambiance perturbante au sein de ce chalet isolé en pleine tempête de neige, dans lequel deux jeunes enfants, Aiden et Mia, vont devoir tenter de cohabiter avec Grace, leur nouvelle belle-mère.



Un lieu isolé, une tempête de neige, des enfants devant gérer un adulte ? Le spectre de "Shining" plane assurément sur The Lodge mais personnellement, si je devais faire un rapprochement avec un autre film, ce serait avec le récent "Midsommar" d'Ari Aster. Ceux qui sont tombés sous le charme de ce dernier devrait l'être également avec The Lodge. Car le film de Severin Fiala et Veronika Franz joue dans la même catégorie, à savoir celui du drame familial (la scène de l'événement tragique au début du film, avec Alicia Silverstone, est d'une puissance...) qui va plonger les personnages (les deux enfants) dans l'enfer sectaire. Ce n'est pas un spoiler, c'est dit au début du film, la nouvelle belle-mère, Grace (excellente Riley Keough) est l'unique rescapée d'un suicide collectif organisé par son propre père, qui était le gourou d'une secte. Avec beaucoup d'aide psychologique et un traitement médicamenteux, Grace a surmonté cette épreuve et semble avoir réussi à se sortir de l'embrigadement sectaire ultra religieux dont elle a été victime depuis sa naissance. Sa rencontre avec Richard, père d'Aiden et de Mia, est également une chance pour elle de reconstruire sa vie.



Mais tout ne va pas être rose dans The Lodge, on s'en serait douté. La cohabitation avec les deux enfants n'est pas de tout repos, ces derniers n'ayant aucune envie de tisser des liens avec la remplaçante de leur mère. Chaque effort que fait Grace pour se faire simplement accepter, à défaut d'aimer, par les enfants de Richard tombe à l'eau. De plus, la mère d'Aiden et de Mia était profondément religieuse et le chalet possède crucifix et tableaux religieux accrochés aux murs, ce qui n'offre pas une ambiance propre à l'épanouissement pour Grace, dont les souvenirs de sa vie d'avant refont peu à peu surface. Subtilement, par petite touche, Severin Fiala et Veronika Franz mettent en place leur mécanique de l'angoisse, créent des événements dont nous, spectateurs, se demandent de qui ils proviennent (Grace ou les enfants ?) et font monter la tension de par leur mise en scène, leur cadrage et le jeu des acteurs, tous parfaits dans leurs rôles respectifs. Aiden est joué par Jaeden Martell, qu'on a vu dans la série Stranger Things bien sûr, Mia par l'excellente Lia McHugh, Richard par Richard Armitage et on a déjà cité Riley Keough dans le rôle de Grace.



Cette dernière porte littéralement le film sur ses épaules, et on plonge avec elle dans les tréfonds de l'âme humaine, une âme qui a subit les ravages sectaires et qui n'est peut-être pas tout à fait guérie. A moins que les événements soient le fait des deux enfants, à qui on donnerait le bon Dieu sans confession mais les amateurs de films d'horreurs savent que les têtes blondes peuvent se révéler plus cruelles que les adultes parfois. Admirablement construit, filmé, photographié, interprété, "The Lodge" fait sensation et laisse une empreinte durable dans l'esprit, au même titre que "Midsommar". L'horreur psychologique est souvent plus percutante que l'horreur graphique et le duo Severin Fiala / Veronika Franz vient encore de le prouver.

Disponible en DVD et BR chez METROPOLITAN VIDEO






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