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Après avoir sombré dans l’alcoolémie et être sortie des rangs de la Police, Megan prend de nouvelles fonctions dans une morgue où elle est réceptionniste de cadavres. Encore sous traitement et participant à des réunions d’alcooliques anonymes, elle pensait que le pire était à présent derrière elle mais cela était sans compter sur l’arrivée d’un cadavre de jeune fille. Une certaine Hannah Grace, décédée des suite d’un exorcisme s’étant mal passé...



L'AVIS:

Le studio du phénomène "Don’t breathe" (très sympathique film d’ailleurs) propose à un certain Diederik Van Rooijen (qui présentera ensuite son remake du film "Les oiseaux" d’Alfred Hitchcock) de tourner en 2018 un film de possession intitulé "The possession of Hannah Grace" et sorti chez nous sous le titre "L’exorcisme de Hannah Grace".

Ah, les films de possession démoniaque et d’exorcisme ! Un sous-genre horrifique dont les maîtres de file sont certes "L’exorciste" de William Friedkin (1973) et "La malédiction" de Richard Donner (1976) mais dont les productions ont connu un véritable essor (jusqu’à l’overdose soyons francs !) dans les années 2000 et 2010 (même si nous trouvons des films de possession dans les années 80-90 comme par exemple le fort sympathique "Amityville 2 le possédé" de Tommy Lee Wallace en 1982 et le terrible "Evil dead 2" de Sam Raimi en 1987).
"Le Dernier Exorcisme", "Le Dernier Exorcisme Part II", "Projet 666", "L’exorcisme", "L’Exorcisme au commencement", "Les Dossiers Secrets du Vatican", "Le Rite", "L’Exorcisme de Molly Hartley", "Devil inside", "Possédée", "The crucifixion", "Devil seed", "Délivre-nous du mal", "Les âmes silencieuses"... Tant de films de possession et d’exorcisme qui ont donné à nos diables et démons une importante mise en avant dans le cinéma fantastique du nouveau siècle !

Malheureusement, rares sont les films de ce sous-genre qui sauront réellement nous surprendre (la plupart traînant depuis des années la même trame scénaristique) même si la encore nous pouvons trouver quelques contre-exemples comme "L’exorcisme d’Emily Rose" (qui mêle film d’exorcisme et film de procès), "Le projet Atticus" (avec ses approches scientifiques et politico-économiques), "The inhabitant" (qui nous propose un home invasion qui vire au cauchemar et la possibilité pour le démon de se servir des pêchés de ses victimes pou leur retourner la tête) ou encore "Incarnate" (dans lequel le démon est vu comme un parasite qui parvient à contrôler son hôte par le biais de ses rêves).



Notre film du jour est un peu entre les deux : d’une part nous avons là en film très classique mais d’autre part le fait de nous proposer ici une trame similaire aux films de fantômes en fait un petit cas assez particulier.
En effet, "L’exorcisme de Hannah Grace" n’est pas un film d’exorcisme à proprement parlé et lorgne bien plus du côté du thriller fantastique (on pense inévitablement à "The Jane Doe Identity" pour cette histoire qui tourne autour d’un cadavre et bien évidemment à "Nightwatch" ou son remake "Le veilleur de nuit" pour le cadre) et du film de possession pur et dur dans lequel le démon est presque assimilé à un fantôme (difficile également de ne pas penser à "Ring" ici).

Hé oui, celles et ceux qui pensaient voir dans le film de Diederik Van Rooijen une lutte acharnée pour exorciser une malheureuse petite fille (satané de titre français !) risquent d’être fort déçu(e)s car le seul exorcisme qu’ils verront (et qui n’est pas trop mal orchestré il faut le reconnaitre) se déroule dans l’introduction du film, histoire de nous expliquer les origines du cadavre face auquel nous allons être confrontés tout au long du film.

Au rayon des bonnes nouvelles, nous pouvons principalement parler de l’atmosphère angoissante qui flotte dans le film de Diederik Van Rooijen. Une ambiance parfois pesante permise par son contexte dans un premier temps (nous savons que ce cadavre est celui d’une jeune fille assassinée au cours d’un exorcisme) mais également par l’environnement dans lequel nous sommes plongés (une morgue avec ses grands et longs couloirs dont la lumière se met en marche par détecteurs de mouvements, son souterrain baigné dans l’obscurité, ses casiers dans lesquels sont entreposés les cadavres...).
Force est de constater que certains passages font leur petit effet et parviennent à lancer le trouillomètre chez le spectateur, principalement lors des premières apparitions de notre cadavre ambulant qui n’est pas sans rappeler des films tels que "Ring", "The descent" ou encore "Mama" pour ce côté rampant mais aussi désarticulé dans la démarche de notre chère Hannah Grace.




Malheureusement, "L’exorcisme de Hannah Grace" n’est pas exempt de défauts et le premier provient tout simplement du scénario et même carrément du fil conducteur. En effet, le film de Diederick Van Rooijen ne nous apprend rien : à l’inverse du film d’Andre Ovredal ("The Jane Doe identity"), nous connaissons déjà les origines de ce cadavre et cela fait perdre énormément d’intérêt au film et gâche le suspense... Du coup, on ne nous raconte pas grand chose durant les 1h25 que dure le film (un format relativement court qui finalement est approuvé ici au vu du vide scénaristique que traîne le film durant tout son long) et il est clair que nous aurions par exemple bien voulu comprendre pourquoi notre belle héroïne ne semble pas intéresser notre démon dans sa quête vengeresse.

Autre seconde chose qui affaiblit énormément l’ambiance pesante du film par moments : les agressions de notre démon. Des scènes avec des fortes musiques, des ralentis dégueulasses et surtout des jeux de lumière déplorables qui font perdre beaucoup dans l’ambiance instaurée par cette morgue et cette histoire de cadavre possédé. Même chose pour ses petits passages dans lesquels Megan retrouve ses collègues et font baisser d’un coup la tension par ce trop grand nombre de personnes soudainement...
Les jumpscares quant à eux sont ultra prévisibles et les apparitions de notre démon lassantes au bout d’un certain temps il faut bien l’avouer.

Du côté des personnages, nous pouvons également émettre certains doutes, notamment en ce qui concerne Megan.
Notre héroïne qui trouve dans un poste de réceptionniste de cadavres une sorte de thérapie pour mener à bien sa lutte contre l’alcoolémie est des plus étonnantes (se retrouver seule à un poste de nuit entourée de cadavres qu’elle manipule et prend en photos serait un poste bénéfique pour notre ex-alcoolique encore hantée par ses propres démons ?...).
Autre chose surprenante pour ne pas dire énervante : la principale chose que nous aurions faite à la place de Megan après avoir constaté des phénomènes paranormaux de ce type aurait été de foutre le camp de cette morgue étant donné que finalement... nous n’y sommes pas enfermés ! Une déformation professionnelle d’ancien flic à vouloir comprendre et mener son enquête coûte que coûte ? Mouais...

Ce n’est d’ailleurs pas le seul défaut que l’on trouvera au casting qui certes n’est pas mauvais mais surtout ne semble être présent que pour finir de pâture au démon... En témoignent ces scènes de dialogues guère intéressantes (et qui casse l’ambiance) alors que l’urgence ici est de se casser de cette morgue comme dit précédemment...

Reste également quelques scènes vues dans la bande annonce que nous ne verrons jamais dans le film (trop de scènes coupées en post-production manifestement...).



Au final, "L’exorcisme de Hannah Grace" n’est pas un mauvais film en soi mais n’apporte finalement pas grand chose au sous-genre horrifique concerné (les films d’exorcisme et de possession) malgré sa volonté de nous livrer ici un film de possession aux allures de thriller et proche du film de fantôme dans sa narration et sa mise en scène.

Seulement peut-être aurait-il été préférable ici de ne pas nous informer des origines du cadavre en début de film mais plutôt de nous montrer cette scène d’ouverture (l’exorcisme) un peu plus tard pour créer alors LA révélation du film (tout en changeant le titre pour ne pas trop en dévoiler prématurément). De même, garder en hors-champs les scènes d’agression du démon aurait été un plus car ici ces dernières gâchent en grande partie l’ambiance instaurée... Deux choses qui auraient indéniablement fait la différence et auraient peut-être permis au film de Diederik Van Rooijen de se démarquer.











Du même réalisateur :

EXORCISME DE HANNAH GRACE - L'