battle royale - batoru rowaiaru - 2000 un film de Kinji Fukasakubattle royale


Stéphane Jolivet




6/6 - Stéphane Jolivet

5/6 - Christophe JAKUBOWICZ

5/6 - Stéphane ERBISTI

5,5/6 - Stéphanie AVELINE

5/6 - Colin VETTIER

6/6 - Vincent DUMENIL

5/6 - David MAURICE


BATTLE ROYALE
( BATORU ROWAIARU )

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Prolifique et cependant peu connu chez nous, Kinji Fukasaku avait 70 ans lorsqu’il livra avec "Battle Royale" son 61ème film, le dernier qu’il eût achevé (voir la critique "Battle royale 2 : requiem"). Un long métrage dont la brutalité, la noirceur et l’énergie firent couler beaucoup d’encre, et qui le feront sans doute encore longtemps, assurant in extremis la notoriété d’un réalisateur chez qui la vieillesse sembla paradoxalement rimer avec une vigueur intacte et une lucidité amère. Loin de se contenter, malgré ses apparences par ailleurs parfaitement assumées, d’un divertissement gratuit et ultra violent, "Battle Royale" posait en effet, à travers l’outrance folle et pourtant crédible d’une anticipation réussie, un regard pessimiste et radical sur l’évolution d’une société en crise, les comportements qu’elle suscite et leurs (im-)possibles issues.

Dans un futur proche, le Japon traverse une crise sociale sans précédent. Quand la classe de Terminale B de Shuya, Noriko et leurs trente-huit autres camarades se rend en voyage de fin d’année, tout semble aller pour le mieux. Mais au cours du trajet, le bus qui les conduisait à destination est gazé, et les élèves se réveillent sur une île déserte, encadrés par une troupe militaire, un collier électronique passé autour du cou. Le professeur Kitano apparaît et explique aux jeunes gens ce qui se passe : afin de remédier à la perte d’autorité des adultes, le gouvernement a fait passer une loi nommée "Battle Royale". Chaque membre de la classe sera doté d’un paquetage de survie et devra se battre à mort contre les autres. A l’issue de trois jours de tueries, il ne devra y avoir qu’un gagnant.



Basé sur un roman scénarisé en compagnie de l’auteur lui-même (lequel avait déjà œuvré à son adaptation manga en plusieurs volumes), "Battle Royale" bénéficie d’une structure implacable qui est celle même du jeu que Fukasaku montre et dénonce, et qui, poussé à bout, représente un monde de la concurrence que des élèves insoumis doivent intégrer de force, et où tous les coups sont permis pour réussir. Dès son introduction coup de poing, le réalisateur unit d’ailleurs dans un même infantilisme survolté l’hystérie adulte (la journaliste) à l’annonce du gagnant, et celui d’une enfant ayant triomphé dans le sang. La fameuse scène où sont exposées les règles du jeu élève cette absurdité à un point de non-retour. Doté d’un sang-froid désabusé et narquois, Kitano présente, avec le concours d’une animatrice vidéo cyniquement débile, une "solution" sidérante à la perte d’autorité des adultes - solution qui, bien évidemment, n’en est pas une, et qui porte plutôt le constat d’une société devenue autodestructrice. On tue tout de suite pour se faire obéir et respecter, et on devra tuer pour se faire sa place.

Très vite, le film dévide alors une logique éliminatoire sanglante et rudimentaire. Se fondant sur la peur, la méfiance, l’ambition, le désespoir ou la rancune, la faculté de tuer s’apprend vite. Tueries variées, suicides, renversements de situation abrupts, décompte des morts sur noble fond de musique classique. Une trame narrative qui, outre sa brutalité, véhicule un humour noir et grinçant, et dans laquelle Fukasaku se déplace avec efficace et virtuosité, ménageant sans temps morts les accélérations et les pauses, passant avec aplomb d’un lieu à un autre, avec aisance d’un personnage à un autre, sans jamais perdre le fil, sans jamais se répéter ni ennuyer.



Le plus étonnant est qu’à cette maestria de la violence s’ajoute une qualité rare, celle de camper en quelques traits des caractères convaincants et multiples. Il y a dans "Battle Royale" plus de quarante personnages, et pratiquement tous, à des degrés de développements certes plus ou moins élaborés, représentent un point de vue, un choix. Sans pour autant viser une psychologie fouillée, c’est à une vue en coupe saisissante que parvient Fukasaku, à l’instar de la photographie de classe qui reviendra à la fin du film.

Au-delà de Kitano, qui représente à lui seul un monde adulte rendu fou par le découragement (loin d’en faire une caricature, Fukasaku le rend également compréhensible), de Shuya, par qui la narration du film a lieu, et de Kawada, qui fera en quelque sorte figure de mentor en sortant Shuya et Noriko de leur innocence parfois niaiseuse, on trouve encore de l’intérêt dans bien des rôles secondaires. Nobu "l’incurable", Mitsuko la vicieuse, Chigusa la solitaire, les filles du phare, etc., bénéficient souvent d’une scène entière et complète : une personnalité se dessine, un comportement apparaît, le tout se soldant presque toujours par la mort donnée ou reçue. Ce soin porté aux personnages, accentuant d’autant la violence qui les emporte, suscite la réflexion en apportant des contrepoints riches de sens.



"Battle Royale" est un film à voir et à revoir. Il fait partie de ces œuvres cinglantes dont on risque, par paresse, de ne voir que les traits les plus saillants, que ce soit pour en encenser les extrémités ou au contraire dénigrer le décervelage que ces dernières supposent. Kinji Fukasaku a joué pour finir (sa vie, comme sa carrière de cinéaste) une carte dangereuse, semblant parier sur une puissance d’impact telle qu’elle obligerait le spectateur éberlué à revenir sur son œuvre ultime, ou à l’oblitérer entièrement. Il serait pourtant dommage de s’en tenir qu’à son aspect de jeu de massacre défoulatoire, car Fukasaku a aussi représenté dans toute son horreur celui qui ne se pose aucune question, prenant le jeu au pied de la lettre : Kiriyama, le volontaire, seul véritable monstre du film.

6/6 - Stéphane Jolivet



Au Japon, le film est interdit aux moins de 18 ans.


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  Avis de Aiwass sur battle royale
Fukasaku a fait bien plus violent et nihiliste, mais bon... Ici, trois-quatre sketches de Beat Takeshi (si on est fan du bonhomme c'est un régal !), et des ados têtes à claque qui s'entretuent sur du classique, une mixture qui essaie de refaire la combinaison Orange mécanique on dirait; pas d'bol, c'est jap', donc forcément un peu nunuche et empreint de poésie qui marche pas toujours, tout comme l'espèce d'esprit jeune rebelle contre la société (ces voix off, pouah)... sympathique, enjoué, un brin revigorant.
  Avis de sathur666 sur battle royale
Plutôt déçu par ce film que j'ai trouvé un peu trop long. De nombreuses scènes inutiles (et bien souvent très niaises) plombent un film qui en devient quelque peu ennuyeux.
Donc malgré, malgré un début prometteur, un côté manga plutôt sympathique et quelques bonnes idées, un film assez moyen.
  
Le cineaste japonais nous livre avec "Battle Royale" un film burné, furieux, poignant et psychologique. A son âge avancé (71 ans), c'est sa vision pessimiste de la société contemporaine japonaise qu'il dépeint dans son film (adultes dépassés par l'insubordination des jeunes, chaos institutionnel ...). Au vu de cette impasse, des mesures exceptionnelles doivent être prises, d'où le "Battle Royale", jeu consistant à se faire entretuer les camarades d'une même classe.
Ici la violence n'est pas édulcorée, ça tranche, ça mitraille à tout va sans retenue aucune ! Les élèves eux-mêmes semblent dépassés par leur propre bestialité !
Contradictoirement, le film est une réflexion personnelle sur l'amitié et ses fondements. Les élèves se massacrent avec les larmes dans les yeux, s'excusant à tout va ... Des souvenirs en flash-back nous montrent les élèves se cotoyant amicalement et tendrement et s'ensuit les scènes de tueries ! Ici l'important n'est pas la contrainte tragique de tuer son camarade, mais le fait de croire jusqu'au bout en l'amitié qui les lie ! Une lueur utopique dans ces ténèbres meurtriers ?
--SPOILERS--
Démontre admirablement la scène ou les deux derniers survivants du "Battle Royale" précédent sont contraint de se tuer et où le rescapé ayant tué sa partenaire voit celle-ci sourire avant de mourir
"Pourquoi souris-tu ?"
"Je suis heureuse ... car j'ai eu des amis"
Le "Battle Royale" terminé, l'amitié demeure sauve ! Et c'est tout ce qui compte ! Très profond !
--FIN SPOILERS--
Enfin l'acteur Takeshi Kitano au charisme tranchant embellit de son interprétation un film déjà pourvu de nombreuses qualités!
Film psychologique taché de pessimisme latent mais avec une percée d'espoir sur la force de l'amitié, "Battle Royale" reste un monument du cinema japonais !
  Blob Hannibal Lecteravis de Hannibal Lecter
Bon film,bien délire.Un bon concept.Les acteurs sont bons.Seul petit reproche:les personnages auraient du être un peu plus fouillé.
  avis de Ando
BR est un très bon film qui mérite sa note tant il fait réellement penser à un manga par sa manière d'être joué que par sa manière d'être filmé.
5,5/6 pour un film unique en son genre
  Blob snakeavis de snake
un enorme chef d'oeuvre,j'ai rarement vu un film aussi fun! il melange les genres avec efficacite: action,aventure,science fiction, horreur etsatire sociale. kitano est magistrale en prof qui n'eprouve aucun sentiment envers ses eleves(mis a part pour une).
  avis de nekro
je viens de lire la critique de kari et il(elle?) a l'air de s'étonner de l'attrait de voir des écolières s'étripper .Je tient à lui dire qu'il ny a rien de bizarre à trouver ça très hésthétique .Moi perso j'adore ça une écolière avec une hache ou une tronçonneuse .ça pete
  avis de nekro
J'adore ce film mais vu que je l'ai maté au moins 15 fois je ne peut put le voir .Mais bon c'est un des 5 meilleurs films japonnais de ces 20 dernières années ( je m'avançe un peu car je ne suis pas un spécialiste du cinéma jap.) .C'est cynique, jouissif, alternant les meurtres les plus gore (c'est gentiment gore) avec les romances à l'eau de rose .Non vraiment c'est à voir.Et puis voir les ados s'entretuer sous l'arbitrage des adultes c'est très rare de nos jours .
  avis de Divad
Voilà un "petit extraterrestre" venu du continent asiatique! "Petit extraterrestre" car, contrairement à la plupart des films asiatiques qui nous parviennent, celui-ci ne parle nullement de fantômes ou autres imageries du paranormal (Dark Water, Ring pour ne citer que Hideo Nakata...) mais aborde un sujet assez délicat : la violence chez les jeunes (d'autres films en ont certes déjà parlé comme les Substitute ou encore le TERRIBLE Orange Mécanique...). Sans trop tomber dans le gore extrême (le film reste très gentillet en ce qui concerne les scènes chocs et les scènes sanglantes), ce film fait mouche dans le sens que ce sont des adolescents qui se mutilent, s'égorgent (et j'en passe...). Une vision ô combien chaotique, le tout supplémenté par de beaux paysages naturels et par une musique symphonique fort agréable! Un film devenu culte qui véhicule plusieurs messages dont : l'amitié, la solidarité et l'entraide, le courage et la ténacité, la générosité...Tant de valeurs qui, selon le réalisateur, permettront de garantir une certaine sécurité dans les établissements scolaires japonnais de demain. Un très bon film, certes violent, mais à voir et revoir (à déconseillé tout de même aux âmes sensibles, même si l'on est loin d'un Irréversible ou d'un Orange Mécanique...)


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