antibodies - antikörper - 2005 un film de Christian Alvart antibodies


Stéphane ERBISTI




3/6 - Stéphane ERBISTI

3/6 - Lionel JACQUET

4/6 - Vincent DUMENIL

3,5/6 - Stéphanie AVELINE




ANTIBODIES
( ANTIKöRPER )

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Gabriel Engel, tueur en série, est enfin arrêté et accusé de 14 meurtres d’enfants. En apprenant la nouvelle, Michael Martens, policier de campagne ayant quelques difficultés de couple et d’éducation, notamment avec son fils Christian, voit une occasion de faire enfin la lumière sur l’affaire qu’il traite depuis plus d’un an et demi, l’assassinat de la jeune Lucia Flieder. Son enquête lui vaut une certaine antipathie de la part des habitants de son village, puisque pour Michael, ils sont tous suspects. Il part donc pour la ville afin d’interroger Gabriel Engel…

Christian Alvart réalise avec "Antibodies" son second long-métrage, le premier datant de 1999 et se titrant "Curiosity & the Cat", qui lorgnait déjà du côté du thriller.

Jouer avec le suspense, Christian Alvart adore ça. Il le dit d’ailleurs lui-même : "Nous avons tous une approche différente du cinéma. Certains aiment le cinéma parce qu'il nous transporte dans des univers différents, d'autres veulent vivre des histoires d'amour... De toutes les émotions offertes par le cinéma, le "suspense" m'est toujours apparu comme la plus fascinante. Il n'y a rien de comparable à l'attente fébrile du spectateur sur son siège, croisant les doigts pour que tout se passe bien pour les héros - tout en craignant le pire."

De bien bonnes paroles mais qu’en est-il du résultat ?



"Antibodies", une fois sa vision terminée, souffre de la comparaison avec le classique du genre qu’est "Le silence des agneaux". En effet, les références au film de Jonathan Demme sont légion, et le principe même de la relation qui va se nouer entre Michael Martens et le sérial killer Gabriel Engel renvoie directement à la relation qui s’était établie entre Clarice Sterling et Hannibal Lecter. D’ailleurs, cette relation est quasi identique dans la façon de la traiter, puisqu’on assiste à des rencontres entre le policier et le tueur se déroulant en prison, ce dernier étant également maintenu derrière une fenêtre de verre. Mais attention, qu’on ne s’y trompe pas : Christian Alvart n’a pas "pompé" le film de Demme, il lui rend juste hommage, hommage résumé dans une seule phrase de Gabriel Engel, qui lance à Martens lors de leur première rencontre un "tu croyais voir Hannibal Lecter ?" qui fait mouche chez le spectateur. On retrouve également chez Gabriel Engel la perversité de Lecter, car il désire aussi en savoir plus sur Martens, en lui posant des questions insidieuses, le mettant face à lui-même et à son côté obscur.

Le côté obscur, voici l’essence même d’antibodies. Le réalisateur a l’intelligence de ne pas nous proposer un univers manichéen, ou Engel est le mal et Martens le bien. Non, ce serait bien trop simple et guère passionnant. En ce qui concerne le mal, point de doute, Gabriel Engel en est l’incarnation, n’hésitant pas à violer, tuer des enfants, ni à se masturber devant un policier lorsqu’il lui raconte ses méfaits envers un petit garçon. L’acteur André Hennicke porte littéralement sur ses épaules le personnage du serial killer. Son visage dur, sur lequel quasiment aucun sentiment ne vient se dessiner, est vraiment le point fort du film. Bien sûr, comparé à l’interprétation d’Anthony Hopkins pour le rôle de Lecter, Hennicke en est encore très loin, mais quand même, c’est vraiment le personnage qui marque nos mémoires une fois le film fini.

Comment oublier la scène d’introduction, nous présentant un serial killer artiste peintre, peignant ses toiles totalement nu, avec du sang humain prélevé directement sur ses victimes ? Une première scène très efficace, dérangeante et qui laisse présager une ambiance sombre et dure.



Côté bien, on a donc Michael Martens, ce brave flic de campagne, qui tente d’être un père exemplaire, mais qui a des problèmes de couple et surtout pas mal de soucis avec son fils de quinze ans. Ce dernier, très renfermé sur lui-même, fait parfois encore pipi au lit, s’amuse à mettre le feu à la chambre de sa sœur pour lui faire peur… Un comportement étrange, parfois dangereux, qui a commencé à se manifester le jour de la mort de la jeune Lucia, qui était son amie. Martens tente de faire son possible pour résoudre cette affaire de meurtre, mettant sa famille à l’écart pour mener à bien son enquête. On pense vraiment que c’est un personnage modèle, notamment quand son collègue de travail l’emmène dans un bar à strip-tease et qu’il refuse les avances d’une hôtesse. Pourtant, la ligne qui sépare le bien du côté obscur est très fine et Martens va finir par y succomber. La fragilité du personnage nous apparaît rapidement, on sait qu’il ne pourra pas rester toujours "blanc" et qu’à un moment ou à un autre, son apparente pureté va noircir. Une fragilité bien comprise par Gabriel Engel, qui va en jouer, tel un chat avec une souris, pour l’entraîner dans une spirale infernale, où la découverte de l’identité supposée du meurtrier de Lucia sera le point culminant.

Cette révélation, qu’on peut aisément deviner si on écoute bien les propos d’Engel à Martens lors de leurs différentes rencontres, donne au film un petit côté glauque et malsain plutôt bienvenu. Dommage alors que toute cette ambiance installée depuis le début ne vienne sombrer dans un happy end qu’on aurait souhaité éviter. Pourquoi le réalisateur n’a pas été au bout de son idée et a préféré nous faire un retournement de situation ? J’aurai tellement aimé que tout le cheminement amenant au meurtre de Lucia se passe vraiment comme on nous le raconte…



A la manière des films allemands récents comme "Anatomie" par exemple, antibodies est filmé de manière froide, ce qui fait que l’on reconnaît immédiatement l’origine géographique du métrage. Christian Alvart s’est bien investi dans son film, mais à l’arrivée, il manque quand même un petit quelque chose pour en faire un thriller de référence. Un peu plus d’action, un peu plus de suspense, un peu plus d’originalité aussi. antibodies se laisse regarder tranquillement et ne parvient pas à nous faire frissonner, bien que la tension augmente vers la fin. N’hésitez pas à le regarder et à vous faire votre propre avis, il serait quand même dommage de rater cette rencontre avec l’Ange Gabriel…

3/6 - Stéphane ERBISTI


AVIS DES AUTRES REDACTEURS :

Ou comment s'auto-suicider avec un happy end moralisateur au limite du haut-le-coeur. Le reste est passionnant.

3/6 - Lionel JACQUET


Disponible en dvd chez : lafabriquedefilms.fr


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  Avis de magicvince sur antibodies
S'il n'y avait le côté moralisateur de la fin et la trop grosse ressemblance du tueur à Hannibal, le film aurait été excellent car l'histoire est bonne tout comme son ambiance et ses acteurs. Dommage car le début laissait un présentement de réussite.
  avis de 2ni
Quelle bonne surprise! Un super thriller Allemand. Pour une fois je trouve la critique sévère, c'est sûr c'est pas de l'horreur pure et dure mais ce petit policier est superbement réalisé, j'ai trouvé que les acteurs jouaient terriblement bien (même les enfants) et de nombreux détails s'ajoutent à la bonne mise en scène.
Bon paradoxe entre la religion et le bien, le mal est une création divine, puis l'idée que le mal peut être contagieux... j'adore. C'est juste la fin qui est légèrement décevante, ça aurait pu être moins prévisible. On dirait presque que c'est américain... Le fléau de la mondialisation toucherait-il aussi le septième art?
Reste à voir
  Blob snakeavis de snake
Bon policier assez froid comme les allemands savent les faire,avec un tueur en serie vraimen terrifiant,maisle coté trop religieux,la morale douteuse,et le manque de virtosité et d'emotion gache le metrage,a voir quand meme.


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