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residence surveillee - Neighborhood Watch - 2005 un film de Graeme Whifler residence surveillee
residence surveillee


Colin VETTIER




6/6 - Colin VETTIER












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des internautes
sur 6 :



RESIDENCE SURVEILLEE

( NEIGHBORHOOD WATCH )


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( expérimental )

residence surveillee

Si vous en avez marre des thrillers consensuels et faussement graphiques que tente de vous faire avaler la production cinématographique actuelle, alors Résidence Surveillée est fait pour vous.

X & Y, un jeune couple très respectable, emménage en banlieue : X vient d’être embauché à Zicore et ne peut rater cette opportunité. Mais quelque chose cloche dans le voisinage, il semblerait qu’un certain nombre des habitants du quartier ait sérieusement les fils qui se touchent. Une nuit, les deux jeunes tourtereaux sont tirés de leur sommeil par un accident qui a eu lieu juste dans leur jardin. X sort pour apporter son aide mais se fait littéralement sauter dessus par un vieil homme.
Après cet étrange incident, une série de petits désagréments domestiques va survenir. A mesure que les faits étranges s’enfilent, telles des perles à un collier, il est de moins en moins douteux que quelqu’un dans le voisinage leur en veut.
Est-ce cet étrange couple de retraité qui prétend être muet, ou bien le voisin célibataire qui se montre un peu trop attentionné ?

Ainsi va la vie, dans les banlieues typiques des coins reculés des Etats-Unis d’Amérique. Les voisins gardent toujours un oeil bienveillant sur le quartier pour le préserver de la délinquance… Peut-être n’est-ce pas une bonne chose...


residence surveillee


Le plan d’introduction est un long travelling suivant le facteur déposant du courrier dans chacune des boîtes aux lettres. Ce travelling permet de poser le décor : toutes les maisons sont rigoureusement identiques dans leur architecture, comme dans toute banlieue résidentielle américaine qui se respecte. C’est donc sans aucune surprise que le voisinage n’est composé que de WASP (White Anglo-Saxon Protestant – Américains blancs). Cependant lors de cette séquence introductive, la rupture survient : l’une des résidences est cerclée de barbelés, de panneau "Ne pas approcher" et autres signes accueillants.
Très rapidement, la bande sonore est occupée par la voix d’un animateur radio, le Docteur Hunter, qui se pose garant de la bonne moralité en prêchant une conception infecte. Sa verve est agressive et tend à haranguer le spectateur. Ca pue le conservatisme fascisant à plein nez puisqu’il est question de laver les pêchés d’une civilisation décadente en cultivant la haine et la peur de l’étranger. Le Docteur Hunter ne semble pas prêt à pardonner, les pêchés doivent être expiés dans la honte et la douleur. Cette voix ponctuera régulièrement le métrage, assénant ses sermons au spectateur jusqu’à la nausée.

Insistant bien sur l’aspect lisse et conformiste de ces banlieues résidentielles "modèles", le cinéaste américain nous offre aussi un panorama de la vie active sans remous. Ainsi X vient d’être embauché dans une entreprise bourrée à ras bord de Golden Boys et Golden Girls. Tous sont extrêmement dynamiques, superficiels et attendus. Les employés, quelque soit leur hiérarchie, obéissent à des codes que leur impose la société.



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Pour les américains et plus largement pour l’ensemble des civilisations dites "occidentales", le logis est une sorte de forteresse, une intimité inviolable. On s’y sent protégé des affres de cet Etranger (entendre par là l’Inconnu) qui nous effraye tant. Cela est d’autant plus vrai dans les sociétés surmédiatisées, où la communication de masse tend à se faire alarmiste. Cette tendance des mass médias à gaver leurs consommateurs de faits morbides et trop souvent voyeuristes, est ici énoncée. Les lourds panoramiques, soutenus par la voix parasitée du prêcheur radiophonique, sont impressionnants d’efficacité. Ils rendent l’atmosphère suffocante, agissant sur le spectateur comme un détonateur, le laissant dans l’expectative d’une violente explosion. Celle-ci interviendra dans les 15 dernières minutes du métrage.

Le jeune couple qui vient d’emménager dans la Résidence Surveillée, se voit donc attaqué directement dans son intimité. Ces agressions se font de manières insidieuses, difficilement prévisibles, rendant toute tentative de riposte forcément maladroite et peu efficace. Le spectre des attentats du 11 septembre n’est pas loin. Mais loin de s’apitoyer sur le sort de son pays, le réalisateur américain choisit de dénoncer l’administration Bush. Pour cela, il n’utilise nullement des pincettes, mais plutôt une bonne grosse tenaille et dresse ainsi une satire vitriolee ("vitriolée" relève de l’euphémisme).



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Soudainement, le métrage s’accélère et le cinéaste enfonce le clou, montrant du doigt l’incapacité du Président des Etats-Unis et de sa clique à gérer les problèmes (voir leur capacité à en créer). En effet, à trop insister sur des valeurs pudibondes, à trop s’ancrer dans un traditionalisme de mauvais alois, ce n’est qu’une question de temps avant que les effets pervers ne surgissent.
Dans Résidence Surveillée, ce disfonctionnement s’exprimera surtout au travers des excès auxquels conduit une application trop zélée du puritanisme. Relayée par une propagande de tout instant, c’est une étrange conception des rapports sociaux que semble vouloir prôner le Docteur Hunter (le lien entre celui-ci et le gouvernement Bush n’a rien d’hasardeux). Il n’y a pas de place pour ceux qui sortent de la droite ligne. Et si par hasard une brebis égarée venait à être retrouvée, le châtiment serait sans concession.

De ce fait, les lignes entre le déviant et celui qui se pose garant de la bonne morale se troublent considérablement. Lequel des deux comportements est-il moralement et/ou socialement acceptable ? La réponse apportée par le métrage se trouve clairement dans la présentation de l’hypocrisie outrancière à laquelle cède le second.
Cependant Graeme Whifler ne se laisse pas entraîner par une construction manichéenne. Ses héros (les "déviants" donc) font partie de cette Amérique trop propre et trop fière, rentrant avec trop d’aisance dans le moule du libéralisme.
Au final, tout le monde a le droit à sa ration de vitriol.



residence surveillee




Ce qui est très plaisant, au-delà du message qu’il véhicule, c’est que le film de Graeme Whifler est irrévérencieux au possible, véhiculant un puissant humour noir. Dès les premières minutes du métrage, une touche d’excentrisme est ajoutée à la coquille superficielle, ô combien représentative de l’American Way of Life. Ainsi, c’est une sublime scène d’un homme allongé sur son lit, occupé à manger les croûtes formées autour d’une cicatrice grossièrement recousue, qui frappe le spectateur en pleine face.

La construction du métrage est donc plutôt (d)étonnante. La tension monte progressivement, tout en ne montrant qu’une violence peu graphique. Jusqu’au 15 dernières minutes, où tout dégénère, le cinéaste se permettant en un quart d’heure de renvoyer "Hostel" au rang de road-movie sexy, inutile et ennuyant. Cette explosion d’agressivité graphique est si totale et si soudaine, que son impact sur le spectateur en est rendu physique. Résidence Surveillée aurait ainsi provoqué des évanouissements dans les salles américaines. Rien d’étonnant à cela, lors de la projection dans le cadre du festival Mauvais Genre, plusieurs spectateurs au bord du malaise ont été contraints de quitter la salle.
Si vous êtes un tant soit peu sensible et impressionnable, vous risquez de passer la scène finale en train de ronger vos accoudoirs.

Une réussite totale pour une critique sociale amère et sans concession.



6/6 - Colin VETTIER





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L'AVIS DES INTERNAUTES
Avis de : azonip


La critique donne envie de le voir... en plus le site est très beau... mais est-ce que ça va sortir en france ? et quand ? parce que ça peut durer longtemps (à l'image du génial "Primer" qui a mis presque trois années avant de sortir dans une poigné de salles d'art et d'essai... d'ailleurs je ne l'ai pas trouvé dans vos critiques, peut-être pas encore eu le temps d'écrire une critique. En tout cas pour moi ça a été la meilleur surprise SF de l'année 2007, sinon si vous l'avez pas vu bah je vous le conseil : http://french.imdb.com/title/tt0390384/).






Avis de : Divad à Azonip


Salut Azonip! Juste pour te dire que si tu n'as pas vu le film, ne mets pas de note (notamment ce 6/6 qui va fausser par la suite les véritables notes des internautes ayant vu le film) ou mets la moyenne si le fait de ne pas mettre de note ne fonctionne pas (comme c'est souvent le cas) Certes, un 3/6 fausse tout de même la moyenne mais moins qu'un 6/6... Bonne découverte du site!






Avis de : ViewtifulFlo


De retour des Utopiales, à la cité internationale des congrès de Nantes. On s'est bien fendu la poire devant Black Sheep. On a enchainé avec un nanar des plus protigieux : Les Rats de Manhattan, à classer tout près de Turkish Star Wars et La Revanche de Samson. Hélas, Résidence Surveillée a tout changé. On rit volontiers devant la première demie heure du film (peut-être à cause de l'ambiance dans la salle, encore chaude avec ces deux premiers films hilarants), mais peu à peu, le malaise s'installe. Les 800 places se vident, lentement, alors que les occupants fuient vers la sortie, parfois la main plaquée sur la bouche. Il ne reste plus qu'un quart d'heure, et mon voisin est couché sur son siège, agrippé au fauteuil, lâchant des jurons à chaque nouveau coup que nous donne le réalisateur, et autant dire qu'il nous les donne en pleine gueule. Hostel, c'est clair, est à mettre au placard, Cannibal Holocaust, le must, ne vaut guère plus. Malsain comme jamais un film ne l'a été, avec une image et un son crade qui va bien avec le reste, mais ce n'est pas tout. Je ne vais pas répéter ce que la critique dit si bien, mais les critiques vont bon train, et y'a pas mal de monde qui s'en prend plein la tronche. Un très bon film, vraiment, si on a l'esprit suffisamment ouvert, et l'estomac bien accroché. Au final : trois cent sièges de désertés, et deux malaises derrière la porte. Un film qui marque. Probablement tout une vie.






Avis de : Mr Safe Destruct


Tout comme "ViewtifulFlo" j'ai eu également la possibilité de découvrir "Résidence Surveillée" dans le cadre de l'Absurde Séance aux Utopiales de Nantes. Effectivement comme beaucoup ce n'est pas les scènes Gores voir Scatophiles qui m'ont dérangées (même au contraire ! elles étaient les bienvenues pour lâcher quelques viva jouissifs et ainsi détendre l'atmosphère) mais plutôt le climat général malsain et oppressant. Imaginez cette banlieue Américaine soit disant sans histoire, les voisins tous plus tarés les uns que les autres, la police corrompues et le tout sur fond de propagande radio très "Bush". On a vraiment l'impression de voir un documentaire sur l'Amérique actuelle.

Bref plus qu'un film une plongée au coeur de l'Amérique - En un mot Inquiétant






Avis de : nameless


Moi aussi j'ai vu ce flim (qui n'est pas un flim sur le cyclisme) aux utopiales et je ne l'ai pas trouvé "génial".
Certe, je concède que sa violence visuelle est hors du commun, les scènes sont crues et l'ambiance est terrible.
Mais comme dit précedement, ce film mais mal à l'aise mais ne m'a pas pour autant apporté grand chose, ça ne m'a pas remis en question ni sur ma condition, ni sur mes opinions, c'était juste du gore et ce n'était même pas drôle (ou peut-être un peu au début).

De plus, je suis sorti avec un goût d'inachevé, j'aurai aimé qu'il se passe plus de chose chez zicore, etc...

en bref on a passé un bon moment mais ce n'est pas un film que je mettrai dans ma bibliothèque?






Avis de : NN


Eh oui moi aussi j'ai eu la chance de le voir aux Utopiales de Nantes !
Je crois que tout a été dit dans les commentaires qui précèdent, et je suis d'accord avec "Nameless": je reste un peu sur ma faim.
Il aurait pu se passer plus de choses chez Zicore, et puis la fin est un peu rapide. On ne sait pas trop ce que deviennent les personnages suite au dénouement, notemment Adrian Trumbull...
Cependant ce film est vraiment à ne pas louper si on aime le genre "gore à souhait". Le côté scato est original et permet d'un côté de renforcer le dégueulasse (de mettre mal à l'aise aussi) mais égalemment de donner des situations comiques (au début).
Bref Résidence Surveilée mérite bien sa place dans les grands du film gore.
Et pour finir je souhaite dire que le film devrait être interdit aux mineurs et non pas aux -16 comme aux Utopiales.








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