nightmare detective - akumu tantei - 2006 un film de Shinya Tsukamotonightmare detective


Jérémie MARCHETTI




4/6 - Jérémie MARCHETTI

4/6 - Lionel JACQUET






NIGHTMARE DETECTIVE
( AKUMU TANTEI )

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Une vague de suicides s’abat sur Tokyo : une mystérieuse force pousse des quidams sans histoire à se suicider jusque dans leurs propres rêves. Une sale enquête aux confins du surnaturel dont s’occupe la jeune Keiko, qui vient à peine d’embrasser la carrière de détective. Pour comprendre le pourquoi du comment, la jeune femme va à la rencontre d’un étrange individu, surnommé le "Nightmare Detective" en raison de sa faculté à s’immiscer dans les rêves des gens…

Œuvre commerciale au contraire d’un "Haze" plus underground, "Nightmare Detective" c’est un peu la rencontre inattendue de "Suicide Club" et de "Paprika", avec un soupçon de "The cell" : des policiers sur la paille font appel à un homme capable de s’infiltrer dans les rêves de n’importe qui, histoire de mettre la main sur un tueur insaisissable…



Des nombreux cas de suicides à la fameuse "tradition" du hara-kiri (ou du kamikaze), le suicide est un thème plus que jamais récurrent au pays du soleil levant ; le controversé "Suicide Manual", le grinçant "Suicide Club" (dont "Nightmare Detective" reprend le concept de base, à savoir une vague de suicides mystérieux en milieu urbain) et sa préquelle "Noriko's dinner table" en témoignent.

Tout comme les victimes de notre grand brûlé griffu préféré, celles du film de Tsukamoto se réveillent rarement vivantes après avoir cauchemardé. A ce titre, les deux premiers suicides sont particulièrement impressionnants, avec au programme caméra tremblotante et mutilations particulièrement sanguinolentes. Eh oui, le Tsukamoto d’antan est toujours là !



Bien que son film soit assez linéaire contrairement à ses œuvres précédentes, Tsukamoto carbure toujours aux mêmes obsessions : le mal-être urbain et l’autodestruction. Plus torturée qu’elle n’y paraît, la jeune héroïne devra, par exemple, en découdre avec sa propre part d’ombre, en plus de celle du "Nightmare Detective", hanté par un lourd passé et des instincts suicidaires de plus en plus vivaces. Même le tueur révélera ses propres faiblesses, lors de l’incroyable face à face onirique clôturant le film.
A ce titre, ne vous attendez pas à des délires visuels de haute volée lors des scènes de rêves (d’ailleurs peu nombreuses) ou des fantaisies macabres à la Freddy, et ce, malgré quelques images marquantes par-ci par- là (une gosse se vidant de son sang, un corps s’enfonçant dans des abîmes sans fond…). Frustrant ? Un peu, avouons-le…



Bonne idée cependant de transformer le tueur en magma de chair gesticulant et décharné lors des séquences oniriques, rendant ses attaques tout à fait inquiétantes. Sous sa forme humaine, c’est Tsukamoto himself (décidément !) qui occupe le rôle, peu rassurant en maniaque de l’arme blanche.
Si de temps à autre, il émane du film une beauté trouble (le flot d’images finales, en particulier), l’ensemble peut paraître un peu longuet (une vingtaine de minutes en moins sur les 1h50 n’aurait pas été de refus) et la pop star Hitami, tête d’affiche du film, se révèle particulièrement fadasse. Peut-être que les suites que prévoit déjà Tsukamoto (!!) seront supérieures à ce thriller fantastique intéressant, mais peu renversant ?

4/6 - Jérémie MARCHETTI


AVIS DES AUTRES REDACTEURS :

Quelques scènes impeccables et magnifiques ( notamment lors des cauchemars )mais un film qui reste en deçà de ses formidables possibilités.

4/6 - Lionel JACQUET




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