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MEANS TO AN END
( MEANS TO AN END )
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Voilà un court métrage qui devrait retenir toute votre attention. Non seulement il figure sur le Fangoria Blood Drive 2, mais en plus il est fun, efficace et court (si, si !).
Deux maquilleurs d’effets spéciaux, un brin looser sur les bords, en ont marre de se faire jeter par tous les producteurs qui refusent leur script. Sur les tournages, la situation n’est guère meilleure, leur incompétence leur vaut d’être mis dehors avec perte et fracas. Ils décident alors de donner un nouveau départ à leur société de maquillage. Pour cela les deux compères vont tourner eux-mêmes leur script, un métrage sans concession, d’un réalisme saisissant, le tout avec des effets spéciaux pas du tout spéciaux.
La douleur n’a qu’un temps, les films sont pour toujours !
Avant toute chose, une petite explication du contexte. Le Fangoria Blood Drive est un concours à l’initiative de la célèbre revue américaine. Il permet à des jeunes réalisateurs de court métrage de se mesurer à leur public. Parmi les participants, sept (première édition) ou huit (seconde édition) sont sélectionnés et verront leur œuvre publiée sur un DVD estampillé Fangoria. Cela constitue donc un gage de qualité des courts ainsi distribués et de ce fait, une sacrée carte de visite pour les heureux gagnants. Means To An End (traduire littéralement : Des Moyens Pour Une Fin, autrement dit la fin justifie les moyens) est donc l’un de ceux-là.
Cette petite précision étant faite, il est temps de s’intéresser à la matière filmique en question.
Le cas présent est un de ces courts métrages privilégiant le fond sur la forme. Ce sera au spectateur de juger s’il est opportun pour un court métrage de tourner un peu autour du pot ou de rentrer directement dedans (toute blague grossière m’étant interdite, je m’abstiendrais, vous laissant le soin de faire la chose par vous-mêmes). Le parti pris de Means To An End d’aller droit au but, sans s’encombrer de (trop de) considération esthétique est tout à fait louable. Certains dirons que quelques courbes esthétiques et un peu d’agréable plastique n’ont jamais tué personne. Certes, mais "c’est la beauté intérieure qui compte !" Et toc !
Voilà un court qui se révèle clairement d’obédience punk. Il s’agit de lever son doigt du milieu bien haut vers l’industrie du cinéma puis de le montrer à tout le monde, parceque finalement, y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui profitent. Il est conseillé d’éructer se faisant, cela n’aura que plus d’impact.
Means To An End c’est 13 Minutes d’énergie pure délivrée sans aucune concession. Si la mise en scène ne se démarque pas par sa complexité, et ses fioritures, elle n’en oublie pas pour autant d’être efficace. Son dynamisme et son aspect "dans ta face sans prendre des gants" sont en parfaite cohérence avec le propos. Le message passe, c’est bien là l’essentiel. Car au-delà du gros doigt de punk qui se tend, le métrage de Jake Hamilton et Paul Solet n’est autre qu’une déclaration d’amour pour un cinéma où il n’y a pas de place pour la demi-mesure, un art indépendant et sauvage. Impossible de ne pas penser à Troma et son "Terror Firmer".
Le court rappel ainsi que quelque soit les motifs pour lesquels on se lance dans une entreprise, il faut persévérer, croire en soi et en son art. Autrement, il faut se donner les moyens de réussir, et parfois ces moyens peuvent s’avérer pour le moins contestables.
Le rythme de Means To An End est soutenu par une bande son électronique aux accents tantôt funky, tantôt angoissants. Le résultat est fort convaincant et ne manque pas de patate. Ce n’est pas le cas des voix qui sont pour certaines légèrement lointaines ou pour celles post synchronisées, plutôt creuses.
Cela n’enlève en rien les qualités du métrage de Paul Solet et Jake Hamilton. Le premier des deux compères est aussi à l’origine de "Grace", toujours au format court métrage.
Tout le mal que l’on puisse leur souhaiter c’est de ne pas avoir à aller aussi loin que les deux protagonistes de Means To An End pour se faire une place dans le milieu du cinéma.
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