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BODY PARTS
( BODY PARTS )
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Sous titré par les gais lurons de Troma "A Dead Hooker’s Guide to the Galaxy" ("Le guide de la prostituée morte galactique", jeux de mot en référence au Guide du voyageur Galactique de Douglas Adams), Body Parts est-il vraiment la comédie - slasher culte qui nous est promise ?
Un club de strip-tease miteux, le Body Parts voit son quotidien bouleversé par le meurtre de la plupart de ses danseuses. Celles-ci sont retrouvées en pièces et dans le désordre. Lorsque l’on travaille dans un club nommé le Membres, il fallait s’y attendre.
La liste des suspects n’est pas si longue, à condition toutefois d’occulter la compétence des deux policiers à qui est attribuée l’affaire. Le duo d’enquêteur brille par son inefficacité et sa capacité à manger des plats calorifiques devant la vidéo laissée par le coupable.
Est-ce le barman qui a été filmé en train de renifler les dessous des strip-teaseuses ? Ou peut-être est-ce ce jeune lycéen venu pour se faire dépuceler par deux danseuses et qui a filmé la quasi-totalité de l’évènement ? Ce n’est probablement pas la trop blonde Norma Jean qui aura pu commettre de telles atrocités.
Perdus face à la complexité de l’affaire, les deux policiers feront appel à Jacoby, un voyant éclairé complètement allumé. Reniflant des culottes, l’illuminé guidera l’affaire vers un dénouement aussi palpitant qu’inattendu – soupir.Afin de briser dès à présent l’insoutenable suspense qui vous écrase les tripes de son étreinte maligne, le rédacteur (moi) va sous les yeux ébahis du lecteur (vous, donc), dévoiler si ce Troma est plutôt wondergras (ça allume avec du vide) ou ensemble coco charmelle (plein les yeux avec l’emballage ET le contenu). Body Parts c’est un peu comme un artichaut, c’est gros et fier, mais au final, on en a plein les dents et on a encore faim. Par contre, la poubelle, elle, risque l’indigestion.
C’est malheureux – surtout pour le rédacteur qui a dû se barboter le film de bout en bout – que d’avoir à constater de la médiocrité d’un tel métrage. Le scénario n’est certes pas bien épais, mais appelait à beaucoup plus de dérives que cela. D’autant qu’au lieu de condenser l’action, Body Parts souffre d’un problème de rythme. Pourquoi absolument vouloir un métrage de 90 minutes, si c’est pour assommer le spectateur de scènes aussi longues et palpitantes qu’un roman de Maupassant qui aurait été porté à l’écran par Woody Allen.
Malgré une poignée de gags plutôt cocasses, le film ne réussit pas à décoller de la piste de danse et se complait dans l’ "à peu près". A peu près drôle, a peu pres bien réalisé, a peu pres bien joué et a peu pres aussi sexy qu’un hérisson écrasé au beau milieu de l’autoroute en plein mois d’août.
Le résumé au dos de la jaquette est plutôt alléchant puisque le spectateur, en quête de poil à gratter pour zygomatiques, pourra lire que Body Parts propose "les scènes les plus drôles depuis "Cry Uncle" […] et la scène la plus désopilante avec un chien depuis "Pink Flamingos" !" Il n’y a pas à dire, ils ont le sens de la comparaison chez Troma. Par contre, il a été omis d’inscrire que Body Parts est le slasher le plus génialement médiocre depuis "Maman coupe le gigot avec une tronçonneuse".
En réalité, le métrage de Michael Paul Girard (qui n’en est pas à sa première réalisation), ne rivalise aucunement avec le génialissime "Cry Uncle!". Si ce dernier se vautre avec malice dans un humour morbide et graveleux, Body Parts n’est capable que de blagues télescopées. Même les meilleurs gags sont désamorcés par le manque de rythme du métrage. C’est le cas de cette scène dépeignant la blonde Norma Jean en proie avec un cruel dilemme : son vibromasseur est à court de piles. Afin de pallier au manque de jus du joujou, la belle prend la pile de l’alarme à incendie (de toute façon, si quelque chose prend feu, ce ne sera pas la descente de lit). Seulement voilà, la batterie de l’alarme est carrée et ne peut donc être enfilée dans le vibromasseur qui requiert des piles bâtons. C’est parti pour une scène d’une longueur toute aussi affligeante que celle dudit vibromasseur. La seule action est cette blonde essayant de rentrer un élément cubique dans un trou rond. Déso(pi)lant non ?
Avec son humour poussif, Body Parts ne vous dilatera sûrement pas la rate. Cependant il y a un risque d’un alourdissement considérable de la paupière.
Avec un humour de la légèreté d’un menu extra large mariné dans l’huile de friture, l’indigestion est proche. A peine ingéré, déjà digéré.
Il n’y a donc pas grand-chose à en retenir. D’autant plus que ce n’est pas la réalisation qui vous fera écarquiller les yeux d’admiration. Au contraire. C’est mou, sans originalité et d’une pauvreté soporifique. La médiocrité de Body Parts est si totale, que s’en est un tour de force. Tiède de bout en bout, il n’en reste rien après vision. Comme c’est trop souvent le cas, le seul intérêt du métrage réside dans le poitrail de son actrice principale. Il demeure toutefois difficile de justifier un métrage par la seule présence d’une paire de seins. Quand bien même les organes pulpeux en présence sont imposants, ils demeurent de peu de poids.
Des seins, oui ! Gratuitement, oui ! Dans un métrage insipide, non ! Enfin si, mais cela ne suffit pas à en faire un bon divertissement.
Ce n’est donc pas de ce genre de challenger dont Troma a besoin pour se remettre sur le devant de la scène indépendante. Il semble que la société américaine soit en grande perte de vitesse et que la qualité des films qu’elle propose est de plus en plus douteuse.
Certes Body Parts n’est pas un glaire craché au visage du spectateur. Il existe bien pire en matière de mucus cinématographique. Cependant, il ne colle pas à l’esprit du spectateur.
Ah, voici le paragraphe de fin. Celui dans lequel je suis supposé conclure ma critique. A l’instar de Body Parts je vous laisserai sur votre fin, sans mettre de point final à mon propos, laissant tant de questions en suspend concernant le métrage de Michael Paul Girard. Par exemple, pourquoi est-ce qu’il est qualifié de slasher alors qu’il n’a que peu à voir avec le style ?
Toutefois, un simple conseil : ne prenez pas la peine de le regarder. De toute façon, vous l’aurez rapidement oublié.
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