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BETE DE LA CAVERNE HANTEE - LA
( BEAST FROM HAUNTED CAVE )
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Un groupe de gangsters se rend dans une station de ski afin de préparer un hold-up. Pour la réussite de ce coup, ils décident de faire sauter une mine abandonnée afin de faire diversion. Gipsy, la fille du groupe, tombe amoureuse du moniteur de ski, Gil Jackson. Ce dernier doit emmener nos malfrats en randonnée, sans se douter qu’ils viennent de dérober de nombreux lingots d’or. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que l’explosion de la mine a libéré une créature préhistorique…"La bête de la caverne hantée" est la première réalisation de Monte Hellman, metteur en scène qui n’a réalisé que 9 films en un peu plus de 40 ans de carrière mais qui est considéré comme un réalisateur culte chez les fans, notamment pour "Macadam à deux voies" et ses superbes westerns métaphysiques "the shooting" et ""L’ouragan de la vengeance", tous deux avec Jack Nicholson.
Comme Scorsese et bien d’autres, Monte Hellman fut découvert et lancé par Roger Corman, chez qui il était monteur. En 1959, après l’avoir fait participer au tournage de "The Terror", Corman lui donne sa chance et lui propose donc de réaliser un film d’épouvante à petit budget. Ce sera notre fameux "The Beast from Haunted Cave", dont je vais vous parler ici même. Comme souvent chez les productions des frères Corman, ce film est un "quickie", une œuvre réalisée rapidement et avec très peu de moyens. Roger, toujours fidèle à sa réputation, a d’ailleurs profité du tournage de ce film pour en enchaîner un autre en tant que réalisateur avec la même équipe technique, les mêmes acteurs et les mêmes lieux de tournage (Deadwood, dans le Dakota du Sud) ! Ce sera pour "Ski Troop Attack", film de guerre datant de 1960 donc, resté célèbre à cause de l’avalanche que Roger déclencha en hurlant "moteur" dans son mégaphone. Plus de peur que de mal puisque aucun blessé ne fut à déplorer. Sacré Roger, qui alla même jusqu’à demander à ses techniciens "d’envoyer moins de neige" pour tenter de masquer sa bourde !
"La bête de la caverne hantée" en un mélange entre film d’épouvante et film noir des années 50. Malheureusement pour le fan de cinéma d’épouvante, cette thématique n’apparaîtra vraiment dans le film qu’au cours du dernier quart d’heure. Le fan de polar pourra savourer la première heure du film, même si celle-ci n’est guère rythmée, ni très intéressante.
Il est clair que la première heure du métrage de Monte Hellman lorgne vraiment vers le film noir. On se retrouve en compagnie de trois hommes et d’une femme, formant un gang de cambrioleurs en train de préparer un hold-up près d’une station de ski. Le chef, Alexander Ward, joué par Frank Wolff, est autoritaire et n’hésite pas à frapper si on ne lui obéit pas au doigt et à l’œil. Comme dans tout bon film noir, il faut également une femme fatale, qu’on trouvera ici dans le personnage de Gipsy, interprétée par Sheila Noonan, actrice qui ne joua que dans trois films au cours de sa courte carrière ("The incredible petrified world", "the beast from haunted cave" et "ski troop attack"). Gipsy, secrétaire et sûrement amante d’Alexander par le passé, est un peu au bout du rouleau, n’ayant plus de rêve, se contentant de suivre la bande, ayant le sentiment d’avoir gâché sa vie, qu’elle noie dans l’alcool. Sa rencontre avec le moniteur de ski Gil Jackson va lui redonner goût à la vie. Deux hommes, une femme. Un triangle amoureux souvent présent dans les polars, apportant son lot de scènes passionnelles et permettant de créer des péripéties où trahison et amour se mêlent étroitement. Les autres membres du groupe ne sont pas en reste, allant eux aussi draguer à tour de bras les monitrices de ski ou les barmaids de la station.
Rien de bien neuf dans tout ça me direz-vous, et c’est tout à fait exact. Le film enchaîne les dialogues interminables et ne parvient guère à nous distraire. Les séquences tournent en rond et l’action progresse on ne peut plus lentement. L’apparition du monstre, libéré par l’explosion provoquée dans une vieille mine abandonnée, ne ranimera pas notre intérêt, puisqu’on ne le verra quasiment pas avant le dernier quart d’heure du film. Auparavant, on aura juste droit à la vision d’une sorte de tentacule toute poilue venant emporter ses victimes. Bref, pas grand-chose à se mettre sous la dent…
Passées les intrigues amoureuses et la montée de la tension entre les gangsters et notre beau moniteur de ski, qui, après avoir entendu les informations à la radio sur un vol de lingots d’or, commence à comprendre qui sont réellement ses invités, on se retrouve donc à avoir visionné un peu plus d’une heure de film et on commence à trouver le temps long. L’un des gangsters, qui a vu le monstre, devient parano et sa tension cardiaque monte à chaque bruit suspect, ce qui ne l’empêche pas de prendre son fusil pour essayer de retrouver cette chose étrange.
Sûrement conscient que les spectateurs venus voir un film portant le titre de "La bête de la caverne hantée" veulent justement la voir cette fameuse bête, Monte Hellman passe enfin la vitesse supérieure lors du final de son film et nous dévoile sa créature. Pas évidente à décrire d’ailleurs. Un corps humain avec des tentacules à la place des bras et plein de poils partout. Un look pour le moins étrange mais original. Des instincts vampiriques lui sont donnés puisqu’elle pompe le sang de ses victimes en leur mordant le coup.
Le point fort de cette dernière phase du film, outre sa créature, reste la méthode qu’utilise cette dernière pour conserver ses victimes. Celles-ci sont accrochées contre les parois d’un mur de la caverne, emmaillotées dans une sorte de cocon fibreux. Ca ne vous rappelle rien ?? Lorsqu’on voit les images, on ne peut s’empêcher de penser à la méthode de conservation utilisée par les Aliens et aperçue dans "Aliens le retour" de James Cameron. Le célèbre réalisateur de "Titanic" a sûrement du voir le film de Monte Hellman tant la similitude est frappante et ne peut être fortuite.
"Beast from Haunted Cave" ne sera pas considéré comme un classique du cinéma de monstres. Trop mou, trop lent, trop bavard et trop éloigné de son sujet en fait, malgré un casting plutôt bon et une réalisation correcte. Les amateurs de vieux films lui laisseront sa chance mais pas sûr qu’ils s’imposeront une seconde vision.
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