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Stéphane ERBISTI
5/6 - Stéphane ERBISTI
4,5/6 - Stéphanie AVELINE
4/6 - Lionel JACQUET
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ETERNAL
( ETERNAL )
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Raymond Pope, inspecteur de police, se met à enquêter sur la disparition de sa femme. Ses recherches l’amènent à faire la connaissance d’Elizabeth Kane, splendide créature qui vit avec sa servante Irina dans un magnifique château. Les relations entre l’inspecteur et Elizabeth deviennent vite tendues et un petit jeu du chat et de la souris se met en place entre eux. Mais l’inspecteur Pope est loin de se douter quel terrifiant secret cache Elizabeth…Bon, commençons cette critique en vous disant d’entrée de jeu que "Eternal", c’est génial. Ok, ok, j’y vais peut-être un peu fort avec cet adjectif, mais c’était pour la rime. En tout cas, "Eternal", c’est vachement bien ! On s’attend à un pseudo film d’horreur basé sur les méfaits de la Comtesse bathory et on se retrouve avec un excellent thriller érotico-fantastique, rondement mené et vachement bien réalisé. Franchement, merci à l’éditeur Free Dolphin d’avoir commercialisé ce film, parce qu’il mérite vraiment d’être découvert tant il possède d’innombrables qualités ! Voilà, vous êtes prévenus maintenant…
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore la charmante Comtesse bathory, petit rappel historique (car oui, elle a bel et bien existé) : Erzsébet bathory est née en 1560, d’une famille de sang royal et vécut en Hongrie. A 14 ans, elle devient la fiancée du Comte Férencz Nàdasdy. Tous deux se marièrent en 1575 et allèrent vivre au château de Csejthe. Le mari d’Erzébet étant un valeureux combattant, il n’était pas souvent au domicile conjugal et elle trouva comme distraction l’étude de la magie noire pour combler son manque d’affection. Déjà à cette époque, elle se livrait à des actes de cruauté et de tortures sur ses servantes. Lorsque son mari mourut en 1604, elle continua de plus belles ses sévices sur ses domestiques. La légende veut qu’un jour, alors qu’elle frappe violemment le visage de l’une d’entre elles, du sang vient couler sur le poignet d’Erzébet. Celle-ci aurait alors cru voir sa peau "rajeunir". La beauté de son physique étant l’une des choses les plus importantes pour elle, elle voulut continuer cette expérience et se mit à boire et même à prendre des bains de sang afin de retrouver et conserver son éternelle jeunesse. Aidée de sa nourrice et de sa servante attitrée, qui pratiquaient toutes deux la magie noire et la sorcellerie, la Comtesse se mit à recruter les plus belles filles de Hongrie et des environs. Celles-ci ne savaient sûrement pas le destin funèbre qui les attendait. Emprisonnées dans les souterrains du château, elles étaient vouées à une mort certaine, juste bonne à "donner" leur sang à la Comtesse. La légende veut qu’environ 300 à 650 jeunes filles moururent à cause de la folie de la Comtesse bathory, qu’on surnomma "La Comtesse Sanglante". Toutes ces disparitions allaient bien sûr éveiller des doutes sur la Comtesse et le Roi Matthias II de Hongrie ordonna qu’on se renseigne sur les pratiques de celle-ci et sur ce qui se passait dans son château. Le 29 décembre 1610, le Comte Thurzo, à la tête d’une troupe de combattants, entra dans la demeure de la Comtesse et fut témoin d’une orgie sanglante. La Comtesse et ses sbires furent arrêtés. Ces derniers furent exécutés par décapitation. De sang noble, la Comtesse fut condamnée à être enfermée dans un des appartements du château de Csejthe, dont on mura fenêtres et portes, ne laissant qu’un interstice permettant de déposer un repas. Erzébet bathory décéda le 21 août 1614. L’histoire veut que ceux qui l’ont vu le jour de sa mort, à 54 ans, dirent que sa beauté était intacte. Encore aujourd’hui, elle reste connue pour avoir été l’un des plus grands serial killers de l’Histoire.
Evidemment, un tel personnage ne pouvait laisser de marbre le monde du cinéma et les films qui utilisèrent cette histoire sont nombreux. On peut citer, sans exhaustivité, "Les Lèvres Rouges" de Harry Kumel (1971), "Comtesse Dracula" de Peter Sasdy (1971), "Les Vierges de la Pleine Lune" de Luigi Batzella (1973), "Ceremonia Sangrienta" de Jorge Grau (1973), le sketch du film "Contes Immoraux" de Walerian Borowczyk (1974), "Bloodbath" de Dan Speaker (1999), "Bathory" de Brian Topping (2000), "In Vein" de Tarik Polansky (2001), "Stay Alive" de William Brent Bell (2006) ou même "Hostel chapitre 2" d’Eli Roth qui rendit un superbe hommage à la Comtesse dans la plus belle scène du film. Et puis, il y a bien sûr "Eternal" dont je vais vous parler plus en détail !
Comme je vous le disais dans l’en-tête, "Eternal" n’est pas à proprement parler un film d’horreur. Le film jongle beaucoup plus avec les codes du thriller et on pense immédiatement au "Basic Instinct" de Paul Verhoeven. En effet, de nombreux éléments se recoupent entre ces deux films.
Tout d’abord, les personnages. On a un flic pas très clair qui s’adonne aux plaisirs sado-maso avec la femme de son collègue. Sa rencontre avec Elizabeth Kane va l’entraîner dans une spirale de désirs et de perversions, mais également dans une descente aux enfers qui lui vaudra d’être lui-même suspecté pour le meurtre d’une jeune fille. Ce flic est interprété par Conrad Pla, ancien champion de Boxe Thaïlandaise et de Kickboxing, qu’on a pu voir dans de nombreuses séries télévisées. Il est assez convaincant dans son rôle et donne une dimension sympathique à ce personnage.
Comme dans le film de Verhoeven, Elizabeth Kane est une femme fatale à la Sharon Stone, une véritable vamp dans les deux sens du terme. Lesbienne, mais ne rechignant pas au corps masculin, elle s’amuse avec le flic comme un chat avec une souris, lui répondant par énigme, le laissant dans l’expectative, jouant de ses charmes (nombreux !) pour mieux le déstabiliser.
Elizabeth a également une domestique féminine, jouée par la ravissante Victoria Sanchez, qui s’occupe de lui fournir des "proies" et qui rêve de devenir comme elle.
Elizabeth Kane est magistralement interprétée par Caroline Néron, actrice qui est aussi chanteuse et présentatrice télé. Elle donne véritablement corps et âme à son personnage maléfique et nombre de spectateurs, masculin ou féminin, ne devraient pas résister longtemps à son charme. Car l’élément érotique est également très présent dans le film, les réalisateurs avouant dans une interview qu’ils cherchaient justement à traiter leur histoire sous cet aspect. Même si assez soft, certaines séquences sont assez chaudes de par leur traitement et l’ambiance qui s’en dégage. La séquence d’orgie dans un luxueux manoir n’est pas sans rappeler celle du "Eyes Wide Shut" de Stanley Kubrick d’ailleurs, avec personnages masqués évoluant dans un univers luxueux.
L’enquête policière menée par Conrad Pla s’entremêle donc avec des éléments horrifiques et érotiques, et l’ensemble est franchement bien amené, tout coule de source et si peu que vous vous laissiez totalement envoûtés par le film, vous vous retrouverez devant un spectacle fort appréciable, ne laissant aucune place à l’ennui et doté de superbes images en plus. Les réalisateurs ont vraiment soigné leur production, les images sont "léchées", les décors et costumes somptueux. Un véritable effort a été fait à ce niveau et le film baigne dans une atmosphère de luxe qui lui sied à merveille.
Pour ce qui est des éléments horrifiques, ils sont certes peu nombreux mais efficaces et bien trouvés, comme ce dentier aux dents acérées que porte la compagne d’Elizabeth, afin de pouvoir elle aussi s’abreuver du sang de ses victimes. La scène du bain de sang est joliment réalisée et celle du sacrifice final, fort original, avec cette baignoire entourée de statues de femmes sur lesquelles viennent prendre place les différentes victimes qui se verront saigner afin de remplir de leur sang le bassin.
Il y a des films dont on n’attend pas grand-chose et qui s’avère au final réellement excellent et envoûtant. "Eternal" fait partie de ceux-là et son ambiance, ses acteurs, son sujet m’ont littéralement conquis. J’ai pris un immense plaisir lors de la vision du film que je ne saurais que trop vous conseiller d’acheter, le film étant disponible en DVD chez l’éditeur Free Dolphin. A découvrir d’urgence !
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