broken - broken - 2006 un film de Adam Mason & Simon Boyesbroken


Colin VETTIER




5/6 - Colin VETTIER

4,5/6 - Jérémie MARCHETTI

3/6 - Vincent DUMENIL

2/6 - Lionel JACQUET

1/6 - David MAURICE



BROKEN
( BROKEN )

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Attention, après le sulfureux Hostel, c’est au tour du Royaume-Uni de nous passer à tabac. Sauf que cette fois, ça fait vraiment mal.

Des jeunes femmes sont enlevées à la vie passablement paisible dont elles jouissent en ville, par un étrange personnage. Lorsqu’elles se réveillent, elles doivent réussir à s’évader d’un cercueil en bois.
Une fois dehors, il les attend pour leur assener un bon coup de crosse en pleine face. Quand elles reviennent à elles, elles sont en équilibre sur un billot, une corde au coup. Si le billot roule, elles meurent. Simple, non ? Pas vraiment, car elles disposent tout de même d’une échappatoire. Sur le ventre, elles portent toutes une cicatrice grossièrement recousue dans laquelle se trouve une lame de rasoir. Pour survivre, elles devront donc rouvrir la plaie et plonger les mains dedans à la recherche de la clé de la liberté.
C’est l’aventure de l’une de ces malheureuses dont le spectateur sera témoin.

C’est officiel, les femmes sont moins douillettes que les hommes.

Adam Mason et son compère, Simon Boyes, cassent la baraque avec leur Broken et s’assurent une place de choix dans cette nouvelle vague de cinéma d’horreur psychologique britannique. Du fait de leur nationalité, on aura tôt fait de rapprocher le duo de cinéastes comme Christopher Smith ("Creep") et Neil Marshall ("The Descent"). L’analogie se justifie de par l’appartenance à ce renouveau du cinéma anglais cité quelques lignes avant. Il est une autre comparaison qui paraît inévitable, pour cela il faut se tourner vers l’Amérique et sa nouvelle génération de cinéastes sans concession mais parfaitement décérébrés.

Broken emprunte aux premiers sa violence psychologique outrancière et aux seconds, l’aspect sans concession. Imaginez un peu "Saw", "Hostel" et "The Descent" mêlés en un seul et unique film. Le résultat ressemblerait donc à un "Hostel" qui aurait oublié d’être un amas de pseudo violence gratuite pour adolescents embourgeoisés cherchant à s’encanailler entre deux rails de coke.
Exit aussi les ados en rut qui passent les trois quarts de la péloche à la recherche d’un vagin où coller leur nombrilisme lubrique. Ici, on a le droit à des protagonistes tous dignes d’intérêt dont la présence n’est pas uniquement là pour permettre à un pan de public de s’identifier à la situation.

Alors, mettre en scene des femmes ayant la trentaine bien tassée, c’est commercialement risqué ?



Sacré parti pris de mettre en scene des femmes, certes jeunes et pourtant largement plus vieilles que la majorité des têtes d’affiche du genre. En outre, les protagonistes féminins ne sont pas, pour une fois, réduits à une paire de fesses galopantes surmontée d’un duo de mamelles alléchantes et d’un minois mignon. Il s’agit ici de Femmes et pas du genre objet.

A l’issue de la projection, j’ai entendu des commentaires questionnant le bien fondé de la démarche adoptée. Les réalisateurs seraient-ils un duo de sombres misogynes rétrogrades sortis d’une grotte quelconque ? Si l’on adopte le strict point de vue de ce que le duo britannique inflige à son casting, alors c’est une solution envisageable. Pourtant Broken m’a paru être au contraire une ode à la femme.

De fait, il existe une autre lecture du métrage, celle du ressenti et des réactions des femmes par rapports au calvaire qui leur est infligé. Elles sont ici dépeintes avec une rare humanité et il me semble, une justesse incroyable. Il y a en elles quelque chose de plus fort qu’un simple instinct de survie ou une question d’amour propre. Quelque chose qui tiendrait d’une philosophie enragée de la vie. En atteste la scene avec la fleur, dans le potager, sur laquelle je ne m’étendrai pas plus, afin de ne pas dévoiler trop de cette petite bombe anglaise.
A cette conception est opposée celle de l’homme, beaucoup plus fruste et utilitariste. Ici, les hommes en prennent pour leur grade. Etonnant, non ?



Sur le plan formel, la réussite est aussi au rendez-vous. Ainsi Broken jouit d’une réalisation puissante et dynamique qui privilégie les plans en mouvement sur le découpage outrancier. L’atmosphère n’en est que plus pesante, chaque plan ayant été minutieusement réfléchi avant d’être tourné. Ce qui ne signifie en aucun cas que les cinéastes nous épargnent les gros plans bien sales sur les actions douloureuses. Au contraire, ces coups d’œil vicieux et souvent répugnants, contribuent au climax malsain du film. On demeure toutefois bien loin du "on pose les caméras et on verra au montage", cela se ressent principalement au niveau de la maturité du métrage.
S’il n’est certainement pas exempt de faute, Broken sait comment cueillir son public et lui infliger des pressions psychologiques plutôt impressionnantes. A la vision de la bobine, il n’est donc pas rare de serrer les dents ou de soupirer pour évacuer le surplus de stress qui encombre le ventre du spectateur avide de sensations fortes que nous sommes.

Bien évidemment – cela semble être un des points d’honneur de ce nouveau cinéma d’horreur britannique – la photo est absolument sublime. L’éclairage de la forêt est d’une efficacité redoutable. De rayons de soleil crus qui inondent la "scène" à la lumière laiteuse de la lune filtrée par les branchages, la composition est de toute beauté. Par conséquent, les couleurs trouvent un rendu superbe et permettent des décors d’une authenticité redoutable, sans pour autant aboutir à un aspect vidéo – les films de vacances c’est sympa, mais c’est un peu trop authentique.



Comme le duo anglais a décidé de ne pas faire les choses à moitié, ils nous offrent une partition additionnelle composée par le troll norvégien : Mortiis. Un choix qui n’a rien de surprenant tant l’électro-métal iconoclaste du musicien se prêtait à la mise en image. Après des premiers albums ancrés dans le folklore moyenâgeux (le fabuleux Stargate qui rappelle incroyablement l’œuvre de Tolkien), ses deux derniers disques offraient une ambiance sombre et maléfique, synthétique et pourtant parfaitement ancrée dans un délire naturaliste. Les clips de Mortiis se sont alors faits de plus en plus graphiques : de véritables courts-métrages où l’image jouait un rôle prépondérant. Il ne me revient pas de disserter du talent (immense) du musicien norvégien, laissez-moi cependant vous dire combien la présence du musicien sert Broken.

Passons rapidement sur le casting sans faute et le scénario qui se suffit à lui-même.

Et voilà, encore une claque de nos voisins d’outre-manche qui ont osé une œuvre d’une impressionnante brutalité. D’autant plus impressionnante que le Royaume-Uni n’est pas particulièrement connu pour sa tolérance en matière d’œuvre audiovisuelle. Faut-il en conclure que tout arrive ? Alors à quand un survival français dont la violence psychologique serait telle qu’elle renverrait "Maniac" à la niche et "Hostel" au panier ?

En attendant le miracle, et si vous avez le cœur un tant soit peu bien accroché, ruez-vous sur Broken pour prendre la claque que vous attendiez depuis quelques temps déjà. Ouf, ça fait du bien et ça remet les idées en place !

5/6 - Colin VETTIER


AVIS DES AUTRES REDACTEURS :

Un croisement longuet et pas très original de "wolf creek" et "saw", mais particulièrement éprouvant et jusqu'au boutiste. Une nouvelle preuve de la hargne du cinéma de genre anglais actuel !

4,5/6 - Jérémie MARCHETTI

Et un film tortures de plus, un !
Pas franchement emballant hormis une fin très brutale.
Les acteurs sont mauvais. La VF est affreuse.
On ne croit pas une seconde à cette histoire, les personnages n'ayant aucune épaisseur, du coup on se fout de ce qui peut bien leur arriver. Sans compter que c'est souvent long et ennuyeux et que je n'ai toujours pas compris le pourquoi des scènes inaugurales.
Trois intestins, une langue arrachée et quelques estropiés ne font pas un film.
C'est peut-être jusqu'au-boutiste mais cela a déjà été fait et en mieux.
Bof

2/6 - Lionel JACQUET

C'est lent, c'est chiant. Seule l'actrice principale retient mon attention par son jeu remarquable. Outre celle-ci, je ne vois pas ce qu'il y a à tirer de ce survival soporifique et ô combien déjà vu (mélange infâme de "saw", "wolf creek" et autre "calvaire") mais en beaucoup mieux. Mention spéciale à notre "méchant" dont le déguisement semble être un croisement entre celui du taré de "wolf creek" et celui de Van Helsing...

Allez hop poubelle!

1/6 - David MAURICE


Pour ceux que les détails croustillants intéressent, une douzaine de personnes a quitté la salle dans les 20 premières minutes, au bord du malaise.


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  Avis de Luchik sur broken
J'avais un peu laissé tombé ma passion pour le cinéma d'horreur au début des années 2000, découragé par les productions à la Scream. Je reviens après quelques années et voilà que je découvre que le cinéma d'horreur s'adresse à nouveau aux adultes, avec une pléthore de productions intéressantes.

Le film s’ouvre, pendant le générique, sur une terrifiante séquence à la Saw. Après à peine 5 minutes de mise en place, l’héroïne se retrouve enterrée vivante puis soumise à son tour au même supplice. Attachée à un arbre, elle a en face d’elle le cadavre d’une malheureuse, également attachée à un arbre, qui n’a manifestement pas voulu jouer le jeu imposé par le psychopathe. Le tableau est particulièrement saisissant…

On est donc plongé dès le départ dans le vif du sujet. S’ensuit un huis-clos psychologique entre la captive et son géôlier, la jeune femme tentant évidemment, en vain, de s’échapper, puis d’amadouer son tortionnaire. Le malaise est d’autant plus prenant que les motivations de l’ermite restent mystérieuses et que celui-ci se montre calme et prévenant dès lors que sa victime accepte son rôle de captive. L’arrivée d’une nouvelle victime va précipiter les évènements, jusqu’à un effroyable final en forme faux happy-end, où le cinéaste s’offre un pied-de-nez goguenard aux conventions après avoir laissé croire le temps d’un instant qu’il y concédait.

Loin des schémas classiques du cinéma d’horreur pour ados, Broken insère des séquences d’horreur très graphiques et douloureuses (le “jeu” de départ, avec les boyaux qui sortent du ventre, les sutures, la fracture, l’arrachage de langue, etc.) au sein d’une histoire réaliste (le film est basé sur une histoire vraie) ; un réalisme que renforcent les mouvements bruts d’ une caméra instable dans les scènes d’action et une musique discrète constituée de grondements sourds.

Le résultat est haletant de bout en bout.

  avis de Sangore
Voici la critique que j'avais rédigée lors du BIFFF 2007 :

Broken, le film qui devait faire passer Saw pour les Bisounours ! N’importe quoi ! Il ne tient pas du tout ses promesses. C’était l’un des films que j’attendais le plus ; ce fut donc une déception. Il y a bien des scènes qui renvoient directement aux pratiques de Jigsaw : une femme est attachée à un arbre ; elle constate qu’elle a des points de suture à son ventre ; le tueur lui donne un bout de bois taillé en pointe pour qu’elle fasse sauter ces points de suture, car le détraqué a mis dans son ventre le seul moyen de couper ses liens. Il y a deux scènes comme ça au début. À la fin, il y a un piège particulièrement cruel. Entre les deux, quelques actes bien violents. Heureusement qu’il y a ces scènes, mais celles-ci peinent à sauver le film. Celui-ci s’avère assez bancal. Déjà la transition entre la première scène puis la présentation du personnage et ensuite le début du supplice ne fonctionne pas bien. Mais le problème vient surtout des acteurs. Pas convainquant, surtout Nadya Brand. Le tueur, quand il porte son chapeau, ça va encore, mais sinon … Et puis le pourquoi de ces agissements laisse perplexe. On se retrouve ainsi avec l’héroïne prisonnière du méchant en plein milieu des bois, et l’homme lui dit : occupe-toi des plantes que j’ai fait pousser dans ce petit carré; si elles meurent, tu meurs ! ». Il y a donc un côté écolo maladroit. Il faut aussi préciser que Broken est un low-budget, et on ressent le côté limité du projet.
Bref, en dehors des scènes sadiques, le film n’est guère passionnant.
  avis de *btk*
Un film aux effets visuels étouffants grâce aux plans de caméra serrés, l'atmosphère pesante que confère la forêt et des passages gores cruellement montés. Mais le film se passe vite du gore pour se poser dans la routine de la violence où l'on se tient pour comprendre le pourquoi du comment. Finalement je reste un peu sur ma faim avec une dernière scène qui ne veut pas dire grand chose. Mais ca reste très intéressant d'autant plus que les personnalités des personnages sont déroutantes. Un très bon moment de cinéma!
  Blob snakeavis de snake
Survival de bonne facture,avec des personnages credibles.
Influencé par Saw,Hostel,The descent voir Wolf creek mais qui garde une vrai personalité et ne pompe pas a tout bout de champ ces films cités.
Le sadisme est au rendez vous,le suspense aussi.


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