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slim till dead - sul sun - 2005 un film de Marco Mak, Wong Jing slim till dead
slim till dead


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Note globale de
la rédaction sur 6 :



SLIM TILL DEAD

( SUL SUN )


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( expérimental )

slim till dead

Des jeunes mannequins devant participer à l’émission "La Reine de la Minceur" sont tour à tour victimes d’un dangereux tueur en série qui les prive de nourriture afin qu’elles atteignent le poids de 32 kilos. L’inspecteur Tak doit se charger de l’enquête, tout en gérant ses problèmes de couple, l’arrivée de son nouveau supérieur et l’apparition dans la ville de Ken, individu potentiellement dangereux, déjà recherché par la police et qui fréquente la directrice d’un centre d’amincissement tout en ayant une liaison avec Cherrie, l’assistante minceur du centre et qui s’occupe des régimes des mannequins…

slim till dead


Hong Kong est à l’honneur avec ce thriller qu’on nous annonce dans la lignée de "Seven" ou "Le Silence des Agneaux". Des comparaisons classiques quand il s’agit de thriller mettant en scène un tueur en série machiavélique mais qui pourtant ne se justifient pas vraiment lorsqu’on regarde ce "Slim Till Dead". Attention, ce n’est pas que le film soit mauvais, au contraire il est même assez réussi et s’avère très plaisant à visionner, mais c’est juste qu’il ne joue pas dans la même cour que les deux classiques du genre mentionnés ci-dessus.

Les deux réalisateurs, Marco Mak et Wong Jing, ont en effet préféré se focaliser sur le personnage de l’inspecteur Tak et sur ses nombreux déboires, transformant le thriller glauque qu’on nous présentait en film mélangeant divers registres, tels la comédie de situation, la comédie de mœurs, le film policier, le tout avec ajout de quelques situations horrifiques. Bref, on se retrouve un peu avec une œuvre similaire à "The Host", qui était vendu comme un film de monstre, ce qu’il n’est pas tout à fait. Sauf que dans le cas de "Slim Till Dead", l’addition de ces différents genres marche plutôt bien, au contraire de son confrère coréen, qui m’avait fortement déçu à cause des séquences de comédie justement dont je n’ai pas été réceptif à l’humour assez particulier.



slim till dead




L’inspecteur Tak est interprété par l’excellent acteur Anthony Wong, célèbre pour les rôles de personnages déjantés et extrêmes qu’il a tenu dans "Ebola Syndrôme", "The Untold Story" ou bien encore dans le sulfureux "Daughter of Darkness", dans lequel il jouait déjà le rôle d’un policier. Anthony Wong possède une formidable capacité à pouvoir jouer dans n’importe quel registre et même si ce sont les célèbres CAT III qui lui ont donné ses plus beaux rôles (ça dépend quelle sorte de films on aime voir bien sûr…), il est aussi à l’aise dans les comédies que dans les drames psychologiques, les polars ou le film d’action. Il nous le prouve encore une fois dans "Slim Till Dead" où il incarne un flic un peu pataud mais néanmoins efficace, qui cache un secret concernant son aversion pour les armes à feu, un comble quand on est policier. Le principal problème du personnage de l’inspecteur Tak, outre sa traque du tueur en série, c’est de pouvoir faire l’amour à sa femme, qui fait tout pour retarder ce moment, ne voulant pas prendre la pilule de peur de grossir et ne désirant pas d’enfant. Cette touche d’humour nous vaudra plusieurs séquences vraiment marrantes, où sa condition "d’homme" en prendra un sacré coup, puisque c’est bien sa femme qui porte la culotte dans son couple. Le voir s’exclamer qu’il ne dormira pas ailleurs que dans le lit conjugal pour le découvrir l’image suivante en train de dormir dans la baignoire est franchement jubilatoire. Anthony Wong porte vraiment le film sur ses épaules et il se révèle très attachant, émouvant même, comme lors du passage se déroulant à l’hôpital où son coéquipier vient d’être victime du tueur.

Cette peur de la prise de poids, que refuse la femme de l’inspecteur Tak, est l’un des aspects principaux du film. Le début nous apprend qu’à Hong Kong, les ventes de pilules amincissantes et les cures dans les centres spécialisés d’amaigrissements ne cessent d’être en hausse. Un problème typiquement féminin (même si certains hommes font également très attention à leur ligne), qui peut déboucher sur de graves troubles de la santé, pouvant même mener à l’anorexie. Le tueur a sûrement un complexe à ce niveau car il désire que toutes ses victimes perdent du poids pour atteindre 32 kilos, ce qui n’est vraiment pas beaucoup. Pourquoi 32 kilos tout rond, ça, c’est à vous de le découvrir en regardant le film. Quoi qu’il en soit, notre psychopathe n’en démord pas de ce "poids idéal" pour lui et ses méthodes d’amaigrissements sont particulièrement efficaces, bien que s’avérant mortelles pour les pauvres qui vont en faire la pratique. "Slim Till Dead" est très peu graphique et ne contient que de la violence plutôt "light" mais les visions des victimes du tueur, qui ont toute une étiquette à code bar indiquant qu’elles font bien 32 kilos, nous renvoie à des images du "Seven" de David Fincher, voir même au "Saw" de James Wan et ont un réel impact visuel. La façon de procéder du tueur nous évoque également la saga du Jigsaw puisqu’il s’adresse à ses victimes par l’intermédiaire d’un micro, avec une voix camouflée et que ces dernières se trouvent prisonnières dans une pièce remplie de postes de télévision qui diffusent leurs images. Même si le tueur ne tient pas le rôle vedette et n’apparaît que rarement à l’écran, sa fascination morbide pour ce poids de 32 kilos parvient à retenir notre attention et à maintenir notre intérêt pour en savoir plus.



slim till dead




Techniquement, le film est très bien filmé et nous propose de belles images, comme cette pluie qui vient s’écraser sur un parapluie transparent au début. Marco Mak et Wong Jing ont travaillé sur l’esthétisme de leur long-métrage et lui ont donné une vraie touche visuelle. Wong Jing est un touche à tout, qui a déjà une imposante filmographie de 90 films environ en tant que réalisateur, sans compter les centaines de scénarios qu’il a écrit ainsi que les centaines de films qu’il a produit. On pourra par contre regretter un petit manque de tension et de suspense, deux facteurs qui arrivent assez tard dans le déroulement de l’histoire. Mais sinon, l’ensemble tient bien la route et le melting-pot de genre brassé donne une saveur particulière au métrage, qui n’est pas inintéressante.

Très intéressante également (pour ma part…) est l’actrice qui joue le rôle de Cherrie, la jeune fille qui travaille dans le centre d’amincissement. Dotée d’une beauté et d’un charme à toute épreuve, Cherrie Ying se fait nettement remarquer dans ce film et s’avère très douée pour faire passer différentes émotions. Déjà aperçue dans "Fulltime Killer" en 2001, son premier tournage, il serait plaisant d’avoir accès à d’autres films dans lesquels elle a joué car elle m’a vraiment paru convaincante.



slim till dead




Sous ses allures de thriller ténébreux mêlant tortures et tueur en série, "Slim Till Dead" cache en fait un film atypique, pour qui n’est pas spécialement spectateur des productions made in Hong Kong. L’enchaînement de diverses ambiances, les touches d’humour venant désamorcer des situations qui paraissent tendues, pourront surprendre le spectateur lambda pensant voir un thriller "à l’américaine". Passé la surprise et en ne faisant pas la fine bouche, on se laisse facilement embarquer dans cette enquête policière portée par des personnages fort sympathiques et on finit par y trouver finalement son compte. Il est juste un peu dommage que le concepteur de la jaquette du film nous livre quelques indices de par les photos choisies pour illustrer le DVD. Ca ne gâche pas vraiment notre plaisir puisqu’on s’en doutait un peu mais c’est une pratique à éviter quand même, surtout dans le cas d’un thriller…



4/6 - Stéphane ERBISTI



* Disponible en dvd zone 2 chez : http://www.elephantfilms.com


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