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belle et la bete 1978 - la - Panna a Netvor - 1978 un film de Juraj Herzbelle et la bete 1978 - la
belle et la bete 1978 - la


Jérémie MARCHETTI




5,5/6 - Jérémie MARCHETTI

4,5/6 - Stéphane ERBISTI











fall - the

guinea pig 4 : mermaid in a manhole

guinea pig 5 : android of notre dame

complexx

prison island massacre - the

guinea pig 6 : devil woman doctor

guinea pig 3 : he never dies

black sheep

postal

nuit des morts vivants 3d - la



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BELLE ET LA BETE 1978 - LA

( PANNA A NETVOR )


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( expérimental )

belle et la bete 1978 - la

C'est de la plume de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont et de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve que l'on doit ce conte du XVIIIème siècle qu'est La belle est la bête : menacé de mort après avoir empiété sur le territoire d'un monstre, un pauvre homme voit sa plus belle fille se livrer à la créature, qu'elle apprendra à aimer malgré son physique proprement inhumain. Universel et intemporel.

belle et la bete 1978 - la


Si l'on pense très souvent au conte, ce sont deux adaptations qui viennent en particulier à l'esprit : le Cocteau de 1946, fidèle, magique et fantasmagorique, et modèle absolu de cinéma fantastique français ; et le Disney, tout aussi efficace et inventif dans les fastes merveilleux qu'il déploie, mais inévitablement sabré de numéros musicaux et d'un humour un brin simplet. Ce que beaucoup ignorent, c'est qu'il y a également une bonne poignée d'adaptation entre ces deux classiques !

C'est en particulier la télé qui en profita, avec par exemple un Canon Movie Tales avec Rebecca DeMornay et John Savage, un segment de Hallmark Hall of Fame avec George C.Scott affublé d'une tête de sanglier (!!), un épisode du Fairie Tale theatre réunissant Klaus Kinski et Susan Sarandon (oui, ils ont osé !) et enfin la série tv 80's avec Ron Perlman et Linda Halminton en tête d'affiche. Bref, du beau monde...




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Au cinéma, c'est visiblement une autre paire de manches : mise à part une adaptation technicolorisée en 62 et la variation hardcore (et très très libre) de Borowczyk, avec "la bete", le conte n'attire pas les foules. Vous me direz évidemment, il y a eu suffisamment de pourritures télévisuelles, et les deux films sont très bien...
Au rayon des oubliés, ou plutôt, des merveilles oubliées, l'adaptation de Juraj Herz est une vraie bénédiction, se payant même le luxe d'être d'un niveau quasi égal avec le film de Jean Cocteau.

Au cinéma tchécoslovaque, Herz aura apporté quelques années plus tôt le très étrange Incinérateur de cadavres mais il faudra attendre 1978 pour qu'il revienne au cinéma de genre : il livrera, en plus de ce Panna e netvor, Le neuvième cœur, conte de fées un peu plan plan qui s'égare parfois vers le fantastique ténébreux le temps de quelques séquences. Un style que Herz applique davantage sur l'adaptation de Beaumont et Villeneuve, et ceci pour notre plus grand plaisir.
Pour information, les deux films ont été redécouvert et diffusés (avec pas mal d'années d'intervalles) par le grand Jean Pierre Dionnet dans son feu Cinéma de Quartier. Eh oui, c'était bien...



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Aux antipodes du Disney et du Cocteau, inoffensifs, Herz semble ici constamment tiraillé entre l'horreur et la féerie : son film commence dans une mer de brume et de boue, où patauge un convoi de paysans ; le ciel y est morose, déchiré par une pléiade d'oiseaux gémissant par dizaines. Le générique de début persévère dans cette voie, inconfortable pour celui qui s'attendait à un vrai beau conte pour enfants : un air d'orgue lancinant et sinistre se promène sur des toiles surréalistes représentant damnés décharnés et charognes, squelettes et nature morte. Le malaise n'est pas loin...

Tout le potentiel horrifique du conte (qui à la base, n'en a pas vraiment !) est condensé alors durant ses quelques premières minutes, avec en plus le sort réservé aux pauvres voyageurs, surpris par les flammes et frappés d'une subite folie meurtrière. L'apparition de la belle Zdena Studenková tempère un peu tout cela...
Passé donc ces audaces, Herz suit le conte quasiment à la lettre (la Bête se cache cependant aux yeux de la Belle durant presque toute la durée du métrage), tout en se démarquant avec brio de l'ombre trop pesante de l'adaptation de Cocteau, dont le concept de "manoir vivant" était à juste titre l'idée la plus remarquable du film.

Point de chandeliers vivants ou de meubles qui fument ici : des gnomes couleur charbon, muets comme des tombes, apparaissent de temps à autre pour servir les rares visiteurs. Le domaine de la bête semble quant à lui immense, jouxtant marécages et forêts cotonneuses, peuplé lui aussi de statues fêlées aux figures étranges.
Ce n'est plus un château aux milles merveilles que découvre la belle, mais des ruines encrassés par la mousse et la moisissure, envahies de toiles d'araignées : dans le jardin, une mare de gadoue bouillonne inlassablement et des tableaux poussiéreux représentant des créatures infernales peuplent les couloirs.
Des décors étouffants et soignés qui font ( à la grande surprise générale) de Panna e netvor un vrai joyau de fantastique gothique.



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De cette imagerie de terreur, que reste-t-il de la féerie ? Elle laisse son empreinte pailletées sur les rêveries de la Belle, lorsque celle-ci se laisser aller à quelques embrassades avec son beau prince dans un palais doré, ou cette splendide scène où la jeune fille se résigne à quitter le château, refermant la grille dans un paysage neigeux du plus bel effet, la bête guettant plus loin, haletante et subjuguée.

La bête quant à elle, bénéficie aussi d'un traitement tout à fait original : si on lui a donné généralement une apparence féline, elle prend ici les traits d'un grand rapace, bien plus féroce que ses autres comparses cinématographiques. Déchirée par ses instincts bestiaux, la créature n'hésite pas à tuer sauvagement de ses gigantesques serres une paysanne égarée ou à dévorer des animaux vivants.
L'acteur qui l'incarne, Vlastimil Harapes, en fait danseur, donne beaucoup de fluidité aux déplacements du personnage, délivrant là aussi la Bête d'une image un peu pataude : agile et ambiguë, l'homme oiseau semble être une transposition littérale du costume de Winslow dans "phantom of the paradise" (taille fine, visage d'oiseau, costume sombre), allant jusqu'à lui voler sa cape ! Il pourrait être également un hommage appuyé à la scène du bal de Judex ou Channing Pollock débarquait avec panache dans un bal mondain, faisant surgir des colombes comme par magie, un masque d'oiseau coiffé sur la tête.

Herz minimise tout de même les péripéties de son huis-clos amoureux, dont le romantisme émouvant ennuiera sans doute les non-initiés. Ce qui n'empêche pas, indubitablement, que nous avons là une splendide découverte, et qui fut très justement récompensé dans de nombreux festivals en son temps.



5,5/6 - Jérémie MARCHETTI





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L'AVIS DES INTERNAUTES
Avis de : otis domino


Un véritable petit bijou du conte gothique pur. Cette "belle et la bête" propose une très belle peinture des éléments, en particulier sur la fameuse "demeure noire" reconstituée avec un vrai travail dans la réalisation. De très belles séquences en perspective comme ces rideaux dans le vent, le long de ce couloir de l'infini où tout est lugubre.
Le merveilleux de l'ensemble est tempéré, sombre, et se fixe sur la désolation du lieu, à la fois sorti de nulle part et entouré par cette forêt magnifiquement avalée par la brume et le froid.
Niveau interprétation, je préfère cette bête à celle de Cocteau (et Marais), en particulier lors des déchirements matérialisés par cette voix double qui chuchote, tel un souffle arrogant, tentateur et dionysiaque. L'innocence est jouée par une superbe actrice, talentueuse : impossible de ne pas ressentir le frisson lorsqu'au fond des yeux, on voit ses larmes prêtes à couler. Aucun pathos ici, c'est juste, le ton est sans cesse cohérent. Mais ce film ne serait peut-être pas magistral sans sa musique, funèbre au possible, et rythmant ce cauchemar délicieux où est célébré ce mariage du paradoxe, entre la Belle et la Bête.
1978 mais décidément intemporel. Le romantisme noir a trouvé là sa plus belle expression cinéma.








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