infection
Brett Piper
Brett Piper
USA
2006
Jon Greathouse
Alison Whitney, Benjamin Kanes, Miya Sagara, Andrew Kranz, Carl Burrows, Tom Cikoski, Shelley Dague, Jessica Day, A.J. Khan, Chuck McMahon, Duane Polcou, John P. Fedele, Rob Monkiewicz
|
|
Brett Piper, le roi de la série B fauchée, bricolée avec trois bouts de ficelles, est de retour.
Un hélicoptère pourchasse une voiture sur une route déserte, au milieu de nulle part. Au volant de la vieille automobile, un homme au visage ravagé. Ne pouvant plus lutter contre le mal qui le ronge, il finit sa course contre une vieille grange.
Deux hommes en combinaisons bactériologiques sortent de l'hélicoptère. Ils récupèrent un échantillon que le fugitif préservait dans une glacière, puis mettent le feu aux environs.
Probablement pas très loin de là, une bande de pote fait une partie de Paint-ball dans la forêt. Pas de chance, ils tombent sur une troupe de mercenaires qui ne tirent pas à la peinture. Acculés, ils se retrouvent dans une ruine, où un scientifique dégénéré fait d'étranges expériences. Là non plus, pas de chance pour les jeunes gens, les tests du professeur fou décident de prendre la tangente en engloutissant tout sur leurs passages.
Résultat, deux alternatives pour les survivants de la partie de Paint-ball : sortir du manoir et servir de cible à des militaires excités de la gâchette ou rester à l'intérieur et risquer de servir de casse croute à une bactérie géante.
Il est des cinéastes qui étonneront toujours le spectateur. Brett Piper est de ceux là, et pour cause, le bonhomme ne lâche pas son univers bis assumé de la tête au pied. Au contraire, il récidive et montre à chaque fois combien sa passion est contagieuse. Il faut d'ailleurs voir le making of pour le croire. Brett Piper, accompagné de son seul directeur photo au milieu de la forêt avec une petite caméra Haute Définition. Pour les effets spéciaux, c'est le barbu qui s'y colle aussi et qui tartine ses acteurs de gelée siliconée couleur peau de fesse.
Chaque nouveau Brett Piper est un Kinder Surprise ® cinématographique : ça a couté trois sous à fabriquer, c'est souvent mal fichu, mais on en redemande à tous les coups.
Il est clair que Bacterium n'est pas exempt de tout défaut ; loin de là. Ses imperfections seront d'autant moins pardonnées qu'il arrive après un "Shock-O-Rama" qui avait placé la barre très haute dans la carrière du réalisateur américain.
Comme le dit Brett Piper lui-même, sur ce coup là, il n'a pas eu les moyens à la hauteur de ses ambitions. Faire un film de science fiction avec un scénario pareil demande des moyens considérables. Michael Bay aurait nécessité un budget d'au moins le P.I.B de la France rien que pour le monstre. Brett Piper, lui a réussi à en faire une série B honnête et à limiter la casse.
A l'origine du projet, il était question de faire un film de monstre. "Mais pas d'un montre reconnaissable" lui demande le producteur, Michael Raso. Exit l'attaque de New York par les morpions géants ; aux oubliettes l'invasion d'ornithorynques cannibales intergalactiques. Après réflexion, Brett Piper ne se rappelle pas avoir vu de film mettant en scène une bactérie géante. Résultat, le pitch est tout vu : un savant fou teste une bactérie et se retrouve avec une glaire géante carnivore sur les bras. L'armée en a vent et veut atomiser le mucus avant qu'il ne cause trop de dégâts. Pour le suspens, une bande de jeunes crétins est catapultée au beau milieu de tout ça. Il va donc leur falloir faire preuve d'ingéniosité pour ne pas finir en viande froide étiquetée "dommage collatéral".
Le scénario n'est certes pas des plus développés (pour des contraintes budgétaires évidentes et évoquées ci-dessus. Faudrait suivre un peu !), mais il a le mérite d'être efficace. Disons qu'entre ça et un "Cloverfield", l'épaisseur du scénario est à peu près équivalente.
Parlons peu, parlons vrai : un film avec une grosse bêbête se doit de répondre à des critères très précis. Tout d'abord, il faut une bestiole. Sinon, qui donc boulotterait de jeunes inconscients libidineux ? Touche finale et indispensable : l'armada de troufions camouflés suffisamment armés pour raser la terre entière. Pas de chance, ça ne suffit pas pour tuer le monstre. Décidément, les formes de vie alternatives ne sont plus ce qu'elles étaient. Ce doit être le réchauffement climatique.
Brett Piper persiste et signe aux côtés de Pop Cinema ("sinful", "Shock-O-Rama"...), la compagnie tentaculaire implantée au New Jersey. Pourtant, pour cette nouvelle offrande, pas de tête d'affiche maison. Au placard la belle Misty Mundae et la non moins jolie Darian Caine. En revanche, les seconds rôles sont au rendez-vous et les fans des productions Pop Cinema les reconnaîtront. L'hystérisant John P. Fedele endosse le rôle d'un militaire et Aj Kahn fait une apparition dans les bras du colossal Rob Monkiewicz.
Les acteurs principaux quant à eux, s'en tirent plutôt bien. Leur jeu relève du crédible et c'est tout ce qu'on leur demande. Pour la petite anecdote, Benjamin Kanes (qui joue un rôle dans "My Blueberry Nights" de Wong Kar Wai) a dû réaliser une cascade lui-même. Le cascadeur a décommandé au dernier moment ; résultat il s'est retrouvé à se jeter à corps perdu dans les escaliers d'une vieille ruine. Un tournage qu'il n'est pas prêt d'oublier, donc.
Bacterium n'est pas la claque cinématographique du siècle. Ni de la décennie. Ni de l'année. D'ailleurs, pour vous en convaincre, vous pouvez inspecter la jaquette du DVD, nulle part il est écrit "Le meilleur film des 36 dernières années – Quentin Tarentino".
En ce qui concerne l'édition DVD, je répète – avec plaisir – que Pop Cinema donne vraiment de la valeur ajoutée à ses galettes. Le Making of est très intéressant et ne ressemble pas à une compétition de cirage de pompes. Ajoutez à cela des bandes-annonces et un commentaire audio, et vous obtiendrez un DVD bien fourni.
Pour les fans de séries B ou Z et les amoureux de Brett Piper.
A noter que Bacterium date tout de même de 2006, bien que le DVD ne soit sorti qu'en début 2008. Alors, suite au prochain épisode.
3,5/6 - Colin VETTIER
SOYEZ LE PREMIER A AJOUTER VOTRE AVIS!!!
Ajouter votre avis
( Nous nous réservons le droit de supprimer tout commentaire inutile ).
|
|
|