Ancienne danseuse au physique somptueux, Shizuko cache derrière une façade sereine une existence morne et ennuyeuse auprès d'un chef d'entreprise qui ne semble plus la désirer. Mais voilà que depuis quelques temps, la jeune femme est assaillie de rêveries érotiques malsaines, à tendances masochistes...
Un jour, un groupe de Yakuzas investit le bureau de son mari et pour éponger les dettes de celui-ci, exige en échange...sa propre femme pour une certaine durée ! Bien que choqué, le mari confus réalise que le kidnappeur n'est qu'un mafieux de 95 ans : rien d'alarmant à première vue. Ce qu'il ne sait pas, c'est que celui-ci ne se contentera pas de faire la cour à la belle : son antre est en fait un véritable enfer de perversions
Il y avait de quoi être curieux à l'annonce de ce petit film déviant chez Kubik films, surtout sur un territoire où l'underground nippon se fait relativement discret sur le support DVD, obligeant les amateurs d'aller courir du côté des imports. Et tant pis pour les non-anglophones...
Un événement d'autant plus intéressant qu'il s'agit de l'un des derniers films de Takashi Ishii, après quatre ans d'absence et un superbe "Freeze me", rape and vengeance qui alliait chaleur moite et étouffante, avec une violence glaciale et radicale ; une combinaison qui faisait des étincelles pour une parabole audacieuse de la condition féminine au pays du soleil levant.
Le titre (original comme ricain) vous dit quelque chose ? Normal, puisque la mention Flower and Snake est quasi mention de pinku SM au Japon : le déclencheur fut alors le très recommandable Vices et supplices, retitré dernièrement chez nous Fleur secrète du grand Masuro Konouma, spécialiste des pinku à base de corps martyrisés à coups de cordes et de fouets.
Un classique du cinéma SM qui donnera d'autres dérivés du même nom dans les 80's, sans grand intérêt.
Le schéma dans cette fausse saga ne change généralement pas : une femme est livrée à des supplices sadomasochistes de toutes sortes et en sortira toute autre. Un discours alors répandu dans l'univers panpan cucul du cinéma nippon...
Voilà que Ishii reprend le flambeau avec une autre histoire de tortures qui diffère finalement peu de tout ce qui fut déjà proposé : le spectateur en attend un pur produit d'exploitation, pourquoi pas excitant, et surtout emballé avec une classe allant à l’encontre même du projet, plutôt sordide ; comme à la grande époque donc. Et pourtant, l'essai de Ishii n'est guère concluant et donne plutôt furieusement envie de revenir en arrière...
Mauvais point déjà : l'esthétisme, se voulant moderne et élaboré, et renvoyant finalement le film à sa triste condition ; c'est-à-dire à du V-Cinema. Ishii tente quelques fulgurances baroques, comme cette salle de crucifiées ou l'apparition de quelques flocons de neiges factices, mais rien n'y fait : c'est réellement laid. Les images sont crues et sans charme, au contraire d'un Konuma de la grande époque.
Un point désolant lorsque l'on se rappelle un "Freeze me" tout aussi dépouillé, mais bien plus convaincant.
Le spectateur sera prévenu dès la première scène, où Shizuko nue, voit un immonde serpent en CGI s'engouffrer dans sa bouche : ce ne sera non seulement pas de très bon goût, mais ce sera sans doute loupé dans les grandes largeurs.
Suite à une proposition indécente, la créature inexplorée se retrouve possédée de toutes les manières possibles dans un malstrom d'épreuves sadiques : beaucoup beaucoup de bondage, beaucoup de viols aussi, une fessée par ci, une fessée par là...
Un public masqué assiste alors aux ébats, dans une ambiance confrontant l'orgie de "Eyes wides shut" (en plus pauvre), les délires de "Derrière la porte verte" et un Marc Dorcel pur jus. Tout est filmé et visionné par un papy pervers agonisant et animé par un bigleux tout droit sorti d'un Cosplay, affichant des tenues mangas différentes au fil du métrage. On en frémit d'avance...
Voyeur, Ishii filme le corps parfait de Aya Sugimoto sous toutes les coutures, et dont le personnage de femme dominée attire tous les regards : celui de son tortionnaire, de son mari (aussi sensuel et viril qu'un gosse de 4 ans) et même celui de son garde du corps, une jeune femme athlétique folle amoureuse qui tentera d'abuser d'elle dans une scène d'étreinte forcée que l'on reconnaîtra efficace.
Clou de cet enchaînement de ligotages, une double pénétration perpétrée par des hommes masqués alors que la jeune femme est forcée d'uriner suite à l'absorption d'une quantité conséquente de liquide ! Trash mais furtif...
Mou, laid, hystérique, carnavalesque (la musique est un calvaire et les quelques scènes de danse, tout bonnement imbitables), Flower and snake est un somnifère dépravé et interminable (presque deux heures de métrages !!), pas totalement détestable dans l'hommage qu'il tente de rendre ou dans son jusqu'au boutisme (une scène de gérontophilie assez corsée en fin de pelloche !) mais d'où il s'échappe sans cesse l'écho d'un mot : RISIBLE.
1,5/6 - Jérémie MARCHETTI
* Un an plus tard, Takashi Ishii donna une suite à son film : Flower and Snake 2, avec toujours le personnage de Shizuko.
|
Avis de : SeB
"une fessée par ci, une fessée par là... "
ba quoi... ça a jamais fait de mal a personne !!! rires...---> []
cela dit, maintenant que je vois la critique je regrette plus trop de pas l'avoir acheté....
merci du conseil !
Ajouter votre avis
( Nous nous réservons le droit de supprimer tout commentaire inutile ).
|