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FIVE ACROSS THE EYES
( FIVE ACROSS THE EYES )
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Cinq jeunes filles rentrent ensemble en voiture d’un match de football. Ne retrouvant plus leur chemin, elles s’arrêtent dans un bar perdu au milieu de nulle part pour demander des indications. En repartant, elles heurtent une voiture en stationnement et brisent un phare au véhicule. Par peur de la police, elles décident de s’en aller sans rien dire. Un peu plus tard, toujours perdues sur des routes sinueuses longeant des bois, elles aperçoivent une lumière dans le rétroviseur : un véhicule ne possédant qu’un seul phare semble les poursuivre…4000 $ ! C’est à peu près le budget estimé pour la réalisation de ce film, dont la totalité des images a été filmée entre le 10 juin et le 19 octobre 2005, dans et près de Morristown, au Tennessee. Si cet endroit ne vous dit rien, sachez qu’un film culte a également vu son tournage se faire ici vingt-cinq ans auparavant. Par un jeune débutant en plus, qui a collé d’entrée de jeu une bonne claque au cinéma d’horreur avec ce premier long-métrage, qui portait le nom de "Evil Dead" ! Avoir comme prédécesseur un titre aussi célèbre a-t-il porté chance aux deux réalisateurs de "Five across the eyes" ? Réponse un peu plus loin !
Toujours est-il qu’avec un budget si faible, l’amateur ne peut décemment s’attendre à visionner un blockbuster ! Serait-ce une raison pour passer à côté de ce film ? Bien sûr que non ! On a déjà vu des petits budgets bourrés d’imagination et de testostérone remplir parfaitement leur contrat. Ce n’est pas mon collègue Colin Vettier qui vous dira le contraire, lui qui ne voit que par le cinéma indépendant. Et on fait bien d’ailleurs de lui laisser sa chance à ce film, parce qu’il en vaut la peine. Alors oui, j’entends déjà quelques personnes faire la fine bouche, dire que l’image filmée à la main en caméra DV c’est pas ce qu’il y a de mieux, surtout pour des scènes majoritairement nocturnes, mais bon, 4000 $ ! C’est sûr, vous ne verrez pas Bruce Willis accourir pour venir en aide à nos cinq pauvres filles harcelées par une cinglée de premier ordre pour ce prix là. J’aurai même envie de dire "tant mieux !". Parce que s’il n’y a aucune star dans "Five across the eyes", il y a en tout cas de l’énergie à revendre, de l’hystérie en veux-tu en voilà et de bonnes idées ! C’est déjà pas mal non ?
"Five across the eyes", qui pourrait se traduire littéralement par "une claque dans la gueule" puisque l’expression désigne les cinq doigts venant s’abattre sur un visage, a trouvé son titre définitif des chœurs de la chanson "Case Closed" de Duskfall, groupe de Death Métal norvégien. Ce dernier, ayant appris le tournage du film, a offert aux réalisateurs cette chanson afin qu’il puisse en utiliser l’expression.
L’histoire du film est somme toute d’un classique absolu : cinq filles se font poursuivre et malmenées par le conducteur d’une voiture à qui elles ont brisé malencontreusement un phare. Une intrigue banale, mais qui prend une véritable allure cauchemardesque pour nos héroïnes, qui vont vivre la pire nuit de toute leur (jeune) vie. Pour faire simple : elles ont croisé la mauvaise personne au mauvais moment. Ce qui peut arriver à n’importe qui.
Bien malin, les deux réalisateurs jouent avec ce postulat digne de n’importe quel "slasher movies" en filmant ce cauchemar en temps réel ! Le film dure 90 minutes environ, la descente aux enfers des filles dure donc 90 minutes ! Une manière ingénieuse d’impliquer encore plus le spectateur, qui se mettra alors sans difficulté dans la peau des filles et se demandera, si lui aurait réagi de la même manière. Le côté "amateur" du casting participe lui aussi à l’identification. On a là cinq filles qui pourraient être des voisines de quartier avec leurs problèmes d’adolescentes, leurs discussions "de filles". Rien de surprenant dans leur comportement, dans leur façon de parler, de réagir à la situation dramatique. Aucune d’entre-elles ne se transforme en "Ellen Ripley" pour venir dézinguer l’agresseur. Non, elles restent juste des adolescentes en proie à la panique, craquant nerveusement, essayant de trouver une solution pour mettre fin à cette nuit infernale.
Il en va de même pour notre agresseur, ici une femme qui a apparemment quelques soucis avec la fidélité de son mari. Un soucis qui lui fait péter les plombs et la transforme en ange exterminateur, le phare cassé n’étant qu’un point de détail sur le pourquoi de sa détermination à martyriser les filles et à vouloir les faire passer ad patres, mais ça, on l’apprendra à la fin du film. L’actrice incarnant cette détraquée est Véronica Garcia, qui ne possède pas une grande carrière derrière elle puisqu’elle n’a joué que dans un court-métrage en 2005 ("Another part of Me") et a eu un rôle totalement anecdotique en 2006 dans "Steel City". Pourtant, elle s’avère excellente dans ce rôle de conductrice psychopathe, qui ne demande certes pas une grande performance d’actrice, mais qui se devait d’être totalement habitée par la folie pour provoquer une réelle panique chez les filles et nous faire également ressentir que seul une fin tragique pourrait venir conclure cette cavalcade meurtrière et sanglante. Elle devient alors un peu comme le Frank Zito du film "Maniac" : dans son esprit, les femmes sont toutes responsables de l’infidélité de son mari et donc, en veulent à son couple. Elles deviennent donc de mauvaises femmes qu’il faut punir. Et pour se faire, elle n’hésite pas à humilier les victimes de sa folie, à leur en faire baver un maximum, comme dans cette séquence où elle les oblige à se déshabiller et force l’une d’elle à uriner sur les vêtements regroupés et posés sur le sol. Effet radical garanti !
Petit budget oblige, les séquences sanglantes seront assez soft en terme visuel, certaines sont même filmées en hors-champ. Mais elles restent efficaces de par les bruitages qui nous font comprendre et ressentir ce qu’on ne voit pas, un peu à la manière du découpage de visage du film "Gruesome" qui provoquait son petit effet rien qu’avec les cris de l’actrice. Le final est quant à lui assez extrême dans son achèvement, jouant avec l’hystérie collective, ce qui réjouira les amateurs de hurlements féminins. On n’est pas loin du "Bully" de Larry Clark en termes de froideur et de malaise concernant ce final très cru. Œil pour œil et dent pour dent serait-on tenté de dire. La dernière phrase du film, qui est exactement la même que la première, prononcée par la même personne, ajoute certes une petite touche d’humour bienvenue, mais nous fait surtout prendre conscience, de la même manière que dans le film de Larry Clark, que ces adolescentes, malgré le geste qu’elles viennent de commettre, n’en ont pas véritablement conscience ou ne le font pas passer au premier plan de leurs occupations. Elles viennent de commettre un acte grave, mais le plus important, c’est de ne pas salir la voiture de maman (qui, pour la petite histoire, appartient à la mère de l’un des réalisateurs, la voiture conduite par la psychopathe appartenant au réalisateur lui-même). De l’humour noir en somme, qui baigne d’ailleurs l’intégralité du métrage et plus principalement avec la séquence du pot contenant les cendres du père de l’une des filles et qui s’avère franchement drôle.
Petit détail technique, toutes les scènes du film ont été filmées de l’intérieur du véhicule de nos héroïnes. Les images sont prises à partir des sièges arrières, à travers le pare-brise, les fenêtres, les portes ouvertes, le coffre. On peut s’amuser à imaginer le caméraman en train de se tordre ou de se mettre dans des positions inconfortables à l’intérieur de la voiture pour pouvoir avoir le meilleur angle de vue ! Ca n’a pas dû être tout le temps évident mais ça démontre encore une fois qu’un faible budget pousse à avoir des idées et que les réalisateurs osent tenter des choses qu’on ne verrait pas forcément dans un métrage mieux loti financièrement.
"Five across the eyes", sous ses allures de film semi-professionnel (ou semi-amateur diront certains) s’avère franchement bien foutu et malgré quelques légers passages un peu vides, il reste efficace et bien allumé. L’ambiance hystérique est bien gérée et gagne en intensité à chaque nouvelle apparition de la psychopathe frappadingue. Bref, un "very low budget" que je conseille aux amateurs de films indépendants, et aux autres aussi !
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 avis de Ulrak | «Une claque dans la gueule », c’est précisément ce qu’on a envie de leur coller, à nos petites héroïnes pleurnichardes, pendant presque tout le métrage. Peut-être que leur piaillement est plus supportable en vo, que le doublage est pourri, mais bon… Et puis, l’hystérie laisse place à quelque chose d’autre, comme si les petites étaient transfigurées par leurs expériences (et ça se comprend). Du coup, contrairement à Stéphane, je trouve que la dernière réplique n’a pas du tout le même sens que la première, qu’elle montre justement la différence : on est passé à une autre échelle. Ou comment sortir de l’enfance par le petit bois… Le film est aussi généreux en pipi-caca-vomi, mais on va nettoyer tout ça avec du sang. Les vieux rites, y’a que ça de vrai…
Ce très petit budget a de quoi séduire, pour peu qu’on arrive à supporter au début, les cris donc, mais aussi les mouvements de la caméras qui sont trop souvent (et inutilement) exagérés. Le film monte doucement en intensité, jusqu'à ce final qui vaut vraiment le détour (par le petit bois).
| | | Et bien, la première chose à faire est de faire abstraction de la qualité de l'image.
Un petit film assez réaliste dans les réactions (mais inssupportable dans sa VF). On a l'impression de regarder un vieux reportage.
Les actrices, du moins les jeunes filles, n'ont pas une qualité extraordinaire d'actrice mais bon ça pourrait être pire.
Par contre, chapeau à l'actrice qui interprète la psychopathe. Une vraie folle.
Bref un film qui sera vite oublié mais qui est assez sympa à regarder une fois qu'on s'est fait au format de l'image |
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