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Musique


primer - primer - 2004 un film de Shane Carruthprimer
primer


Lionel JACQUET




5,5/6 - Lionel JACQUET

5,5/6 - Colin VETTIER











fall - the

guinea pig 4 : mermaid in a manhole

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prison island massacre - the

guinea pig 6 : devil woman doctor

guinea pig 3 : he never dies

black sheep

postal

nuit des morts vivants 3d - la



Note globale de
la rédaction sur 6 :



PRIMER

( PRIMER )


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( expérimental )

primer

Dans un garage d’une banlieue étasunienne quelconque, quatre scientifiques travaillent sur une machine révolutionnaire (une sorte de boite) qui serait capable de réduire la masse des objets. Ils découvrent assez vite que cette invention va bien au-delà de ce à quoi ils s’attendaient puisqu’elle permet de voyager dans le temps. Ils vont alors en construire un modèle plus grand, capable de les envoyer eux-mêmes dans le temps afin de manipuler les marchés boursiers à leur profit. Sauf que les sauts dans l’espace-temps créent des doubles incontrôlables.

primer


Le voyage dans le temps a toujours intéressé le cinéma. On ne compte plus les oeuvres qui mettent en exergue ce rêve de l’Homme de changer le passé ou de voir l’avenir. Pour le meilleur ou pour le pire, la possibilité d’échapper à la linéarité de la vie, l’impossibilité de ralentir la course du temps par le biais de l’imagination, reste un des matériaux les plus attractifs de la science-fiction.
Traité sur le mode de la comédie, du fantastique, de l’horreur, du drame, de l’action, de la nostalgie, le voyage dans le temps restant à ce jour une impossibilité scientifique, il permet tous les délires, toutes les audaces, tous les canevas possibles et imaginables autour des paradoxes temporels que cela peut engendrer.
Dans le domaine qui nous concerne, il a aussi permis de voir émerger un bon nombre de classiques à toutes les époques ou presque : "C’est arrivé demain" (1944) - "La Machine à explorer le temps (1960)" - "La planete des singes (1968)" – "C'était demain" (1979) – "Terminator" (1984) – "Retour vers le futur" (1985) – "L’armée des douze singes" (1995) ou récemment "L’effet Papillon" (2004), entre autres.



primer




Là où Primer est singulier c’est dans son approche du voyage temporel. Sans action, ni effets spéciaux, il se propose de faire reposer le concept sur l’approche psychologique et intellectuelle que vont subir les deux protagonistes principaux, leurs pensées, leurs doutes, la manière dont ils seront tentés d’utiliser ce pouvoir, et l’impact que cela aura sur leur relation et leur amitié. De la science-fiction révélatrice des comportements humains et qui par ricochet nous propose une vision pessimiste, mais hélas réaliste de l’ambition de ces jeunes gens, prêts à tout pour accéder à la richesse et la reconnaissance, au mépris de l’amitié, de la famille, des relations sociales.
Le réalisateur, Shane CARRUTH, qui est aussi scénariste, acteur principal, producteur, monteur et compositeur, aurait, dit-on, réalisé ce film avec la plus que modique somme de 7000 dollars (soit le budget coke d’un jour du dernier Indiana Jones) et vu la qualité du résultat final, on ne peut qu’être ébahi par la qualité technique de ce long métrage.
D’un esthétisme épuré, filmé à la manière d’un téléobjectif (un plan, un seul, très large, en focale, caméra à l’épaule), dans des teintes jaunâtres, laissant la part belle à des mouvements précis de caméra, centrant son récit sur nos deux protagonistes et sur une abondance de dialogues, Carruth crée un objet unique, singulier, d’une précision et d’une complexité redoutables en se focalisant sur la trame narrative plutôt que sur des effets spéciaux bien trop onéreux.



primer




L’histoire est donc construite autour de la découverte fortuite (comme la majorité des inventions, celle-ci est due à un accident alors que les recherches s’orientaient vers autre chose : ici la volonté de réduire la masse d’un objet) du voyage dans le temps à l’intérieur d’une boite. Comment celle-ci fonctionne ? Sans entrer dans les détails, sachez seulement qu’il n’est possible de se déplacer que dans le passé. Qu’il faut activer la machine et la laisser en quelque sorte se charger puis entrer dedans pour émerger dans le passé au moment même où l’on a activé celle-ci. Ce qui crée un double de soi-même (celui qui met en marche et celui qui arrive du futur). Le double existant alors autant que l’original, on imagine sans peine les ramifications vertigineuses que cela peut entraîner (ou alors on imagine rien car on est largué). Transformation de son propre futur, perte de souvenir, danger de croiser son propre double, paradoxe temporel.



primer




La grande force du film est qu’il va au bout de son concept. Puisqu’il s’agit de science et de discussions scientifiques, les dialogues seront ceux que pourraient effectivement tenir des chercheurs entre eux et il faut bien avouer qu’à moins d’avoir fait maths sup ou de posséder un diplôme en physique quantique, la plupart des concepts proposés passeront largement au-dessus de nos têtes. N’étant pas spécialement familier avec des termes comme thermodynamisme, supraconducteur, palladium, argon, diagramme de Feynmann, la masse et l’entropie d’un objet soumis à un champ gravitationnel et ce genre de barbarisme, on pourra éprouver une certaine difficulté à suivre l’intrigue.
Pourtant, au bout d’une petite demi-heure, le film s’oriente vers tout autre chose, passant à la vitesse supérieure en somme et en termes de compréhension on aura l’impression de tenter de comprendre ce qui pouvait bien se passer avant le Bigbang.
Au moment où nos deux compères s’aperçoivent de l’incroyable portée de leur invention, le film dérape tel une oeuvre Lynchéene. Absence de logique apparente, non linéarité de l’intrigue, montage alternant des scènes où l’on ne sait plus qui des originaux ou des doubles est à l’écran. Une sorte d’immense puzzle construit et déconstruit à l’envie et semble-t-il à l’infini où le seul lien qui semble unir le tout est la déliquescence progressive de l’amitié des deux comparses.

Un film de hard-science qui prend le parti de perdre son spectateur, l’amenant au bout de la logique des paradoxes temporels tout en omettant de le prendre par la main, sans concession dans son approche jouant avec bonheur (ou malheur c’est selon) avec l’intelligence de celui qui le regarde.
Sean CARRUTH propose un métrage unique en son genre, qui laissera de marbre ou enchantera selon que l’on pensera que le produit rend plus intelligent ou que celui-ci se prend pour plus intelligent que nous.



5,5/6 - Lionel JACQUET


L'AVIS DES AUTRES REDACTEURS :

Un superbe film de science fiction, bricolé avec trois bouts de ficèle, mais d'une rare intelligence.


5,5/6 - Colin VETTIER


* Grand prix du jury au festival de Sundance 2004


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