devil dared me to - the - devil dared me to - the - 2007 un film de Chris Stapdevil dared me to - the


Colin VETTIER




6/6 - Colin VETTIER







DEVIL DARED ME TO - THE
( DEVIL DARED ME TO - THE )

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Après les américains Trey Parker et Matt Stone, responsables de South Park et autre "Cannibal, the musical", la nouvelle sensation foutraque vient de Nouvelle Zélande. Attachez vos ceintures, ça décoiffe sévère !

The Devil Dared Me To conte l'histoire du jeune Randy Campbell, lancé sur les pas de son père, un cascadeur professionnel, mort en spectacle.
Elevé dans une bergerie par son oncle et sa tante, le petit Randy est tenu à l'écart du monde de la cascade. Son père n'ayant pas fait long feu, ses deux seuls parents tentent de lui réserver un avenir plus prospère.
Mais il a ça dans le sang, le gamin. Du coup, avec deux fusées d'artifice scotchées à son vélo, il va tenter de sauter par dessus le gouffre qui sépare les deux îles : le Cook Strait. Evidemment, il se vautre lamentablement avant même d'avoir atteint le gouffre. Son rêve ? Sauter par dessus le Cook Strait dans une voiture fusée. Laisser l'île du sud pour rejoindre la lumière des projecteurs d'Auckland.

Un soir qu'il réussit à échapper à la vigilance de ses bergers d'oncle et tante, le jeune Randy assiste au spectacle de Dick Johansonson. Dick est un cascadeur alcoolique, pernicieux et raté. Ce soir, la performance de Dick est de sauter en voiture par dessus une dizaine de personnes allongées sous un tremplin. Sur le matelas à côté de lui, Randy fait la connaissance de tragedy, une belle fille de son âge. Pourquoi "Tragedy" lui demande-t-il avant que le tremplin s'écroule et ampute la jambe de la jeunette.

Ca vous plait ? Ce n'est qu'un début puisque Randy va rejoindre la troupe de bras cassés des Hellriders, menée par Dick Johansonson lui-même.

Ce long métrage sorti de nulle part, a été présenté en première française par le festival Mauvais Genre de Tours. Au vu des éclats de rire dans la salle et des applaudissements à tout rompre à la fin de la projection, il semble que le film a fait l'unanimité. Directement venu du pays des moutons élevés en plein air et des kiwis, The Devil Dared Me To est présenté (à raison) comme un croisement entre South Park et Jackass. Au menu de l'humour profondément irrévérencieux, des cascades à gogo et un sens de l'outrance particulièrement développé. Et encore plus de cascades, toutes plus improbables les unes que les autres.
Vous souffrez de constipation aigüe depuis la sortie du dernier long de Trey Parker et Matt Stone qui tardent à remettre le couvert ? Alors j'ai ici le remède à vos maux. Prêts à vous fendre la poire ?

L'affiche du film annonce la couleur. Outre le graphisme résolument eighties, on peut y lire un sous-titre qui en dit long sur le film : Live Fast. Die Faster. (NdR : Vivre vite. Mourir encore plus vite). Ca promet ! Et pour prouver que les deux garçons n'y vont pas avec le dos de la cuillère, The Devil Dared Me To se veut être "Le film presque à moitié vrai sur le cascadeur le plus dangereux de toute la Nouvelle Zélande". Si ça, ce n’est pas du marketing du feu de Lui, alors je veux bien regarder en boucle la filmographie d’Uwe Boll.



A l'instar du duo à l'origine de South Park, deux esprits déjantés sont à l'origine de The Devil Dared Me To : Chris Stapp and Matt Heath. Ils composent la Back of The Y Team (NdR : l'équipe le derrière du Y ou le derrière du pourquoi). L'équipe n'en est pas à son coup d'essai puisqu'elle s'est illustrée sur le petit écran avec des émissions plus improbables les unes que les autres. Au rang desquelles on citera : Stunt Night (Nuit de la Cascade) pour MTV Europe, Balls of Steel (Burnes d'Acier) pour Channel Four ou encore That Cunt Rabbit (Cet Enculé de Lapin), une série animée. On ne compte plus les plateaux télés ravagés par leur passage. Tout un programme donc, et pas de ceux conseillés à tout public. En fait, il serait même de bon goût de préciser que leurs délires sont à garder hors de portée des âmes sensibles.
Chris Stapp incarne pour la première fois le personnage de Randy Campbell, héros de The Devil Dared Me To, à la télévision en 2001. Le cascadeur reviendra à maintes reprises dans les méfaits télévisés du duo, jusqu'en 2007... Où un film tout entier est dédicacé au personnage.


The Devil Dared Me To est le premier long métrage des deux affreux. Et pour un coup d'essai, c'est un coup de maître. Difficile de faire plus déglingué et décérébré ! C'est gras, grave et graveleux. Autant dire que c'est une petite gâterie à consommer sans modération.
L'univers dépeint un groupe de bouseux, tous aussi attachants les uns que les autres malgré leurs vices et leur bêtise crasse. En effet, les protagonistes sont des pecnots du fin fond de la Nouvelle Zélande qui se prennent pour des américains. Détail de taille, leur conception des Etats-Unis se limite à un troupeau de bouseux alcoolisés et criards, pour qui rien n'est excessif. Et surtout pas le spectacle. De fait, ils exploitent toutes les icônes de la culture redneck américaine : les décalcos, les sports motorisés aux voitures plus puissantes qu'un avion de ligne, et surtout, la moustache et les favoris. Tous les clichés sont là pour le plus grand bonheur du spectateur.
A ce titre, le métrage du duo Stapp & Heath se rapproche de l'américain "Idiocracy" réalisé par Mike Judge. Dans ce dernier, un militaire et une prostituée étaient congelés pour se réveiller dans une Amérique où ils sont les êtres les plus intelligents. En un mot, un pays d'abrutis, feignants et complètement accros à une émission appelée Oh! My Balls!... Un concept de show télévisé qui n'est pas sans rappeler celui de "Balls of Steels". Coïncidence ?
Probablement pas, puisque les deux métrages jouent sur le même tableau : celui de l'humour politiquement incorrect et qui prend à cœur de tourner en dérision tous les travers de notre société.



La beauté de The Devil Dared Me To réside dans son refus de toute demie mesure. Pour l'équipe de Dick Johansonson, la finesse est un concept inconnu. Les dialogues sont composés d'une majorité de jurons et les situations sont rarement politiquement correctes.

Bienvenue à Ploucland pour les shows les plus impressionnants de l'univers.

The Devil Dared Me To, un film qu'il sent bon la sueur de sous les testicules. Si vous avez les narines aisément épatées, tenez-vous à l'écart de cette bombe. Par contre, si vous aimez renifler bruyamment sous vos aisselles, alors vous êtes au bon endroit.

6/6 - Colin VETTIER





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