|
|
|
|
NAKED FEAR
( NAKED FEAR )
Cette critique a été consultée
2397 fois
|
|
Dix ans après le dégoulinant "Slime City", Gregory Lamberson est de retour derrière la caméra pour nous offrir une autre forme de frisson.
Camden (Robert Slime Sabin) vit enfermé dans son appartement. Il ne peut se résigner à en sortir, ayant une peur panique de la foule (aussi connue sous le nom d’Agoraphobie). Assisté de son avocat, il est à même de vivre une vie où il ne manque de presque rien, si ce n’est de compagnie.
Il passe donc ses journées à observer une prostituée au téléobjectif. Le manque de contact se fait chaque jour un peu plus, taraudant l’homme. Isolé depuis trop longtemps, il décide de faire part à son avocat de son désir de trouver un colocataire.
Quelques recherches plus tard, Randy se présente et emménage avec Camden. Le nouvel arrivant va se montrer très attentionné envers le propriétaire des lieux, lui faisant quantité de faveurs. La vie des deux colocataires va donc changer pour le meilleur mais surtout pour le pire.Gregory Lamberson dit adieu – pour un temps - à la matière dégoulinante et gluante qu’était le slime, et dans le même temps, bonjour au colocataire collant. Naked Fear signe donc le retour du cinéaste, mais aussi de l’acteur Robert C. Sabin, qui joue ici le (anti) héro agoraphobe. Nul besoin de dire que voilà un intéressant come back, même s’il faudra attendre fin 2007 – début 2008 pour retrouver Gregory Lamberson. D’autant plus intéressant que ce cru 1999 est aux antipodes de "Slime City", ici le gore cartoon à outrance disparaît pour laisser place à un développement plus en finesse. Le but revendiqué est ici de jouer avec les nerfs du spectateur.
Le principe est simple, la réalisation laisse entendre au spectateur la manière dont vont se dérouler les évènements. Tout en sachant pertinemment ce qu’il va se passer, on sert les dents en espérant très fort que l’on s’est trompé, "pourvu que ça n’arrive pas, pourvu que ça n’arrive pas… ". C’est là que le film est rusé, le suspense est créé par cette expectative, "Oh non ça va arriver…" Cela ne rate pas, tout se déroule comme le spectateur l’avait prévu.
Le second élément de tension, directement lié à ce premier, est le personnage du colocataire. Dès le départ, il est présenté de façon ambiguë. Il constitue à lui tout seul l’intrigue du film.
Randy est une personne monstrueuse. Non pas qu’il soit sadique ou investi de pouvoirs démoniaques, bien au contraire. Il veut à tout prix le bien être de Camden, quel qu’en soit le coût. Son ami observe une prostituée depuis des mois ? Il va donc tout mettre en œuvre pour que celle-ci finisse dans la chambre de son propriétaire. Son intention l’entraînera bien plus loin que payer une prostituée.
Mais au fait, cela ne vous rappelle-t-il rien ? Ce pitch du garçon qui ira jusqu'à faire le mal pour le bien de son ami. Effectivement, un an plus tard, Dominik Moll réalisera "Harry un ami qui vous veut du bien", dont le postulat de départ est identique et le déroulement comparable. Malgré cette intrigante similitude, impossible de confondre les deux métrages. L’un appartient à un pan de cinéma français qui tend à négliger l’élément divertissement alors que l’autre relève du pur indépendant américain, fauché et viscéral.
Fauché, Naked Fear l’est à n’en pas douter. Le film se déroule pour grande partie en un lieu unique : l’appartement de Camden. Cela paraît limité mais le cinéaste s’en accommode parfaitement et ne semble pas tourner en rond à mettre en scène le même intérieur pendant près d’une heure et demie. Cela contribue en outre à créer une atmosphère étouffante, car bien qu’il n’ait aucune entrave physique, Camden vit reclus dans son appartement comme dans une (luxueuse) cellule de prison.
Du point de vu graphique, là aussi le rendu est minimaliste. Il est vrai que le scénario ne prêtait pas à une débauche d’effets spéciaux.
L’élément par lequel ce manque de moyen se fait le plus ressentir est probablement la qualité de l’image. En effet, à première vue Naked Fear semble tout droit sorti d’un direct-to-video des années 80. Quel dommage, mais cela fait souvent parti du prix à payer pour faire du VIIème art indépendant. Il serait donc idiot de chercher la petite bête en faisant une analyse poussée de la qualité de l’image et de ses artefacts. L’intérêt réside avant tout dans le métrage per se.
La musique est à l’image de l’aspect visuel : elle semble avoir vingt ans de retard. Elle n’en est pas moins efficace et cela repose sur des violons grinçants accommodés à toutes les sauces depuis "Ring". De fait Naked Fear semble vieillot, comme bloqué dans une époque où l’on pouvait encore prétendre faire du cinéma sans avoir à hypothéquer sa maison et mamie avec (le budget du projet "Blair Witch" aurait permit de faire d’innombrables fois "Slime City").
Laissez-vous donc entraîner par ce huis clos malsain et minimaliste, jusqu’à son final un peu trop convenu pour le coup, mais incroyablement libérateur. Si Naked Fear ne paye pas de mine, il est aussi très divertissant et remplira utilement quelques 90 minutes de votre vie.
Le film est disponible sur le DVD du film "Slime city".
Si vous avez aimé ce film vous aimerez
peut être :
. . . . . . . .
|
voir les anciens commentaires
|
|
|
Rédacteur :
|
|
|