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NEKROMANTIK 2
( NEKROMANTIK 2 )
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Entre quatre murs suintants et quelques étagères cramoisies, Rob se suicide de désespoir, dans un déluge de sperme et sang, embrassant la mort dans un ultime geste comme il l’a toujours fait, car étant nécrophile.
Monika fait également partie de ce genre de personne excitée sexuellement par tout ce qui n’a plus de vie, mais en avait une…elle franchit alors un grand pas en allant trouver elle-même l’objet de ses fantasmes, c'est-à-dire un corps pourrissant et juteux comme elle en a toujours rêvé. C’est le corps de Rob qui est alors arraché à la terre puis ramené dans un appartement qui deviendra très vite le théâtre d’une histoire sordide à souhait…Il serait peut-être un peu fort d’aller jusqu’à dire que la carrière de Buttgereit est une franche réussite, mais il faut tout de même reconnaître que le garçon a toujours eu un certain style à mettre en scène la mort, de la manière la plus décharnée et la plus crue qui soit, allant même jusqu’à la dépouiller de ses oripeaux fantastiques, au contraire d’un Fulci par exemple.
La mort est noire, la mort est laide, la mort est sale, et peut-être belle malgré tout, sous un certain angle, par éclairs : chez Buttgereit, ce ne fut donc que serial-killers, névrosés, suicidaires et nécrophiles ; agissant comme une extension funèbre et trash de l’univers dépeint dans un "Schizophrenia" mythique, mais autrichien quant à lui et non allemand.
Passé la surprise d’un premier "nekromantik", hélas beaucoup trop amateur et risible par instants, Buttgereit nous crache tous les maux du monde avec son noirâtre roi des morts avant de donner une séquelle directe à sa fameuse histoire de "baiseurs de morts".
Une idée qui témoigne de la richesse d’un sujet aussi sulfureux et repoussant, auquel Buttgereit semble jeter un regard plutôt ironique sur l’aspect "romantique" de la chose.
On se souviendra des outrances un peu lourdes de l’opus original, avec ses scènes oniriques où on gambade dans les champs en s’envoyant des tripes dans la tronche ( !!!??) ou lorsqu’on éclate (gratuitement) un pauvre chat contre un mur avant de prendre un bain avec ses entrailles. Buttgereit allait loin, mais à quel prix…
Tout ou presque semble dit durant les premières minutes de Nekromantik 2, les plus contemplatives et les plus réussies : à quelques encablures d’une église abandonnée, un cimetière, aux tombes de plus en plus dépouillées ; un grillage usé où glissent des mains de femme ; un oiseau figé dans les herbes ; un escargot sur une tombe ; un ciel noir où percent quelques rayons de soleil.
Miracle, Buttgereit sait enfin filmer, le budget a grimpé, et les couleurs ont repris leur droit : la belle Monica vient pêcher à coups de pelle son amant d’outre-tombe, et le spectateur attend, fébrile et un peu dégouté, l’ouverture du cercueil et le lever du linceul. En place d’un squelette spongieux, un corps rongé, verdâtre, encore humain ou presque, très voire trop vrai.
L’on assiste alors aux balbutiements charnels d’une déviante qui se cherche encore, qui filera aux toilettes à peine l’amoureux décomposé enfin chevauché. Buttgereit use de gros plans sur le macchabée, aime les ralentis pendant l’acte, comme traversé d’un élan poétique…mais profondément nauséeux.
L’on sentait tout de même un réalisateur un peu hésitant dès la première bobine, s’ouvrant d’abord sur quelques mots du tueur en série Ted Bundy, puis nous offrant la dernière séquence du premier film dans son intégralité. Remplissage ? Le spectateur n’a pas fini d’entendre parler de ce mot…
Si plus loin un autre flashback du premier film nous laisse penser qu’il aurait mieux fait d’être en noir et blanc (accentuant son aspect shock/doc et granuleux), les scénettes barbantes à base de ballades en amoureux et d’ébats niaiseux ont vite fait de nous faire décrocher. A un premier film d’à peu près une heure, le teuton fou en rajoute presque 40 minutes…de trop.
Du coup Nekromantik 2 lasse avec ses airs de film d’auteur pédant (cinéma dont Buttgereit se moque allègrement dans une scène tout à fait gratuite et débile), et même dans ses excès graphiques : découpage de cadavre moisi et scènes snuffs à base de phoques hachés menus (que regarde une troupe de demoiselles sans doute tout aussi cinglées que l’héroïne) ; rien de bien reluisant donc. Passé cela, on nous coltine une scène onirique musicale poético pouet pouet plus hilarante qu’émouvante (à moins qu’une chanson frenchie susurrée par une allemande ne sachant pas aligner correctement une phrase en français, avec cadavre tourbillonnant en surimpression, vous fasse monter les larmes aux yeux…) et enfin un dernier sursaut gore sonnant telle une libération aussi bien pour le spectateur que pour l’héroïne, se réconciliant enfin avec ses instincts moribonds dans un dernier acte abominable. Pénible, infâme, maladroit et curieusement attachant, on salue l’audace mais le spectacle lui, est plombant. On ne peut pas dire cependant que Buttgereit laisse indifférent...
AVIS DES AUTRES REDACTEURS : Plus de moyens pour le réalisateur que lors du premier Nekromantik, sauf que curieusement cela rend parfois le film un poil pédant et auteurisant dans sa mise en forme. Intriguant et "couillu" tout de même.
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| | Buttgereit est un mes dieux ! |  avis de nekro | J'ai pas vu le premier donc je peux pas comparer mais celui-çi j'ai adoré. C'est somptueusement gore et dégueulasse. La mise en scène et les images sont magnifiquement morbides. Bon il y'a quelques trucs pas indispensables ( les vidéos de massacre de phoques, l'étrange duo piano-voix qui nous pond une étrange chanson toute moisie mais en même temps hyper glauque .Et puis quand le couple va au ciné voir un mec qui bouffe des œufs ...). A part ça j'ai vraiment pris ma claque. Toutes les scènes avec le cadavre sont à tomber tellement c'est putride et en même temps super esthétiques. Et puis la scène gore a la fin ... horrible ! Pauvre mec ... |
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