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IN DARKNESS
( IN DARKNESS )
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Steven Cerritos est un jeune réalisateur indépendant (mais aussi scénariste, producteur et monteur) d’une demi douzaine de courts-métrages, et dirige la société de production "Enity film" (avec un autre réalisateur Alberto Martinez). Enity se voulant la combinaison des mots Identity et Entity.
Le but avoué étant de développer au travers de leurs films, une identité et un style propre.
Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ "In darkness" est effectivement une oeuvre singulière tant dans sa forme que dans le fond.
Déjà responsable, notamment, d’un court intitulé "Cerritosis" (visible également sur son site) et qui voyait un homme victime d’une maladie rare, plonger dans la schizophrénie et la paranoïa, croyant à une machination contre lui de la part de Bill Gates et subissant de nombreuses hallucinations morbides. Le tout dialogué en japonais. Singulier non ? (en fait c’est complètement barge !).Shooté en HD et contre un écran vert, le court-métrage se veut une expérience viscérale mêlant poème visuel et images chocs. Il s’ouvre d’ailleurs sur ces mots qui révèlent le côté sombre, obscur et mystérieux de ce que l’on va pouvoir voir :
"It was the deceitful gaze of love that leads to my demise, yet hidden within, piercing through the layers of perceived happiness, comes hatred; here to save me from oblivion, here to give my life.
"Fallen through the cracks of misfortune and injustice, an unknown entity for the time being".
(Pour les Anglos-répulsifs, on pourra résumer ceci par : "L’amour m’a vaincu et la haine me maintient en vie en me sauvant de l’oubli". )
L’homme déchu, privé d’amour et rejeté par le monde, se terre dans l’obscurité. Mais même la plus profonde et plus sombre des prisons recèle un espoir. Un dieu non pas de miséricorde, mais de souffrance et de cruauté pourrait bien le ramener à la vie. Un prix sera néanmoins et inévitablement à payer.
Steven Cerritos a donc voulu faire un "poème visuel" et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a réussi son coup au moins en terme technique, si ce n’est en terme d’émotions diverses (le ressenti de chacun étant évidemment prépondérant en ce domaine).
En faisant intervenir dans la première partie une voix-off s’imprégnant de l’image présente sous nos yeux, pour en décrire le sens, il parvient à nous rendre crédible la plongée dans les ténèbres intérieures de l’homme perdu pour le monde, pour l’amour du prochain. Métaphore d’une forme de dépression où l’on semble s’enfoncer à l’intérieur de soi un peu plus chaque jour.
L’ambiance ressentie (renforcée en cela par la couleur bleue intense et profonde, l’utilisation d’un fond musical et sonore oscillant entre la mélancolie, l’effroi et l’espoir) y est froide, ténébreuse, sensuelle, empreinte de déviance sexuelle proche d’une forme de masochisme.
L’intervention du "Dieu malfaisant" s’exprimant dans un langage semblant tout droit sorti des méandres Lovecraftiens, renforce alors le sentiment de malaise, de froideur méphitique, mais aussi d’un espoir fou de rédemption pour cet homme en proie aux affres de la déliquescence existentielle.
Si la première partie est donc à mes yeux une probante réussite dans la tentative de décrire la psyché et les tourments d’un condamné à l’oubli et à la dégénérescence, la seconde s’avère pourtant moins aboutie.
La faute principalement (mais là encore il ne s’agit que d’un ressenti tout personnel) à l’utilisation d’un dialogue qui, bien que s’avérant en cohérence avec ce qui précède (ce qui est déjà beaucoup et empêche une rupture dans le déroulement du "poème"), pêche par une interprétation qui sans être honteuse, manque de conviction et de maîtrise (évidemment ce ne sont pas des acteurs professionnels) et casse un peu l’ambiance distillée jusqu’ici.
Rien de fondamentalement rédhibitoire cependant.
Pour être tout à fait honnête, ce court-métrage va probablement en ennuyer (pour ne pas dire plus) certains qui n’y verront qu’une vaine tentative graphique ou pire un clip vidéo pour un groupe gothique à la mode.
Il serait pourtant plus juste d’y voir une tentative osée et heureuse de réaliser un film suscitant des émotions en liant, autant que faire ce peut, textes et images, dans une recherche stylistique permanente et qui semble être la marque de fabrique du jeune réalisateur (si l’on en croit ses autres productions).
Ne serait-ce que pour l’honnêteté que cela suppose et le travail que cela représente, dans une industrie formatée à outrance, Steven Cerritos mérite que l’on jette un œil à ses travaux passés et futurs.
Car ne pas s’y tromper ! Ce type est "fou", décalé et semble ne pas hésiter à vouloir utiliser toute la palette de possibilités graphiques et techniques pour mettre en forme les idées bizarres et transgressives jaillies de son cerveau fertile (et probablement malade). Comment pourrait-on ne pas avoir envie de suivre son parcours ?
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| | Comme dit dans la critique du site, l'appréciation de ce court dépend du ressenti de chacun. Moi j'ai bien aimé.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas, 2 références manga sautent aux yeux : Berserk, et Hellsing, plus discrètement ( quand on a vu que cerritosis est doublé en japonais, d'ici à dire que le réalisateur est amateur de manga, il n'y a qu'un pas). Le fait de connaître ces oeuvres m'a sûrement influencé dans mon opinion: positivement, car la technique utilisé mets en valeur l'original, et négativement, parce que ça sent la repompe quand même. |
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