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GAME OF SURVIVAL
( TENEMENT )
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Sorti chez Uncut, Game of Survival présente la particularité d'avoir été réalisé par une femme. C'est tout ?
Dans la cave d'un immeuble pourri d'une banlieue pourrie, une bande de punk squatte. Toute la journée ils se droguent, volent et agressent.
L'un des locataires de l'immeuble, excédé par leur présence, dénonce les loubards à la police. Les voyous ont juste le temps de jeter la came au feu, et de cacher leurs armes. Après une journée au commissariat, ils sont relâchés, faute de preuve. Et quelques heures en cabane, rien de tel pour énerver ces sociopathes en manque d'action. Comme ils ont une légère dent contre les occupants de l'immeuble qu'ils squattaient, ils vont échafauder un plan machiavélique : rentrer dans le bâtiment et tout fracasser. Au passage un petit viol par -ci, une petite torture par-là, histoire de garder la forme.
Les margoulins sont sacrément excités du calot, et les habitants vont les sentir passer.
Si vous avez survécu à "Blood Sisters" alors peut-être résisterez-vous à la vision de Game of Survival. Ou peut-être pas. Game of Survival a été réalisé deux ans avant le très moyen "Blood Sisters". A vrai dire, chacun se démarque par sa médiocrité, et sa capacité à laisser le spectateur de marbre. En deux ans, pas d'évolution, les même défauts peuvent être reprochés à Game of Survival et à "Blood Sisters". Mais comme le sujet de cette critique est Game of Survival ; penchons-nous sur son cas.
Des voyous qui prennent en otage un immeuble de banlieusards pas finis. Super ! L'intérêt du scénario approche à peu de chose près celui du coït d'une nymphomane frigide sous neuroleptiques. Pour faire simple, ce n'est pas l'histoire de Game of Survival qui vous fera sauter au plafond en hurlant au génie. Au contraire, à mesure que le film passera, votre fauteuil vous semblera de plus en plus profond.
Oh ! Et devinez quoi ! Les banlieusards, bien qu'ils aient été finis au pipi, finissent par se rebiffer. Original non ? A peu près autant qu'offrir un fer à repasser pour la fête des mères. Ou un ouvre-boîte électrique à votre femme pour noël.
Très certainement, le scénario ne restera pas dans les annales (encore qu'il ait probablement été écrit sur du papier toilette, ce qui lui laisse une chance). Pourtant, par une étrange alchimie, malgré son originalité douteuse et son intérêt limité, il réussit à ne pas endormir le spectateur. Non pas que l'on ait particulièrement envie de savoir ce qu'il se déroulera ensuite. Game of Survival exerce cette même attraction qui fait que vous restez planté devant les téléfilms diffusés par la 6ème chaîne en milieu d'après-midi. C'est totalement insipide, mais c'est plus fort que vous. Il faut que vous sachiez pourquoi Brian n'aime plus Alexandra, et quand Brenda se décidera enfin à déclarer sa flamme à son jardinier qui tond la pelouse torse nu en plein hiver.
Mais contrairement à ces petites œuvres d'art télévisées et formatées pour la ménagère délaissée par son mari qui se refuse à croire que l'amour est un leurre, Game of Survival est loin de proposer une mise en scène académique.
En fait, il s'agit d'un euphémisme que de dire que la réalisation de Game of Survival est bordélique.
Roberta Findlay décide de filmer dans un HLM. A priori, il s'agit là d'une tâche plus ou moins aisée – si tant est que réaliser un film indépendant puisse être considéré d'une quelconque manière comme facile. Les lieux sont un, et leur ordonnancement est définitif. Mais la dame réussit à perdre le spectateur, et à l'empêcher de se représenter la configuration des lieux. Comment ? Très simplement, en montant ses scènes dans le désordre.
Exemple : les voyous poursuivent l'un des occupants légitimes de l'immeuble. Pour leur échapper celui-ci grimpe les étages. Premier étage, tout va bien. Deuxième étage itou. Au troisième étage, ils sont revenus au premier, alors qu'ils n'ont jamais cessé de monter. A moins qu'il y ait une rupture dans le continuum espace -temps. Cependant, cette hypothèse paraît pour le moins douteuse (" Hello, my name is Hiro Nakamura, I can bend space and time ").
Les erreurs de ce style se multiplient tout au long du film. Pour certains ce sera une bonne occasion de rire, pour d'autres, la pilule passera avec difficulté.
Malgré son aspect série Z, le métrage peine à verser dans les extrêmes. Il se veut sulfureux et corrosif, mais tend à stagner et à s'enfermer dans un modèle classique et pas toujours aussi agressif qu'il aurait pu être. Dommage, on en aurait aimé plus ! Ca casse tout dans la baraque, ça se drogue, ça se bat... et pourtant il manque un petit quelque chose pour que Game of Survival nous rentre vraiment dans le lard.
Bien qu'il souffre de pléthore de défauts, Game of Survival reste regardable. Certes, ce n'est pas le film du siècle, cependant, il demeure divertissant. Loin de la série des pornos gore sorti chez Uncut, le métrage de Roberta Findlay renoue avec le Z à l'ancienne, et on ne s'en plaindra pas.
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