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XANGADIX
( DER JOHNSONS )
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Adolescente épanouie, Emalee habite en banlieue hollandaise avec Victoria, mère et photographe épaulant avec aplomb la vie de sa fille. Celle-ci a d'ailleurs une particularité : malgré le fait d'avoir dépassé la barre des douze ans, elle n'a toujours pas eu ses règles. Une angoisse qui l'a ronge inconsciemment, et qui selon elle, provoque les horribles cauchemars qu'elle fait sans cesse la nuit : enfants blafards, couloirs cramoisis, geysers de sang et viol. C'est pas la joie.
Et si il s'agissait d'autre chose ? Quelque chose qu'elle n'aurait pas douté un seul instant ? Quelque chose remontant même à la nuit des temps...Avoriaz (et les fantasticophiles français au passage) se sera souvenu de la Hollande de manière fugace et marquante avec des figures comme Verhoeven ou Dick Maas : d'un côté, le Hollandais violent et subversif, de l'autre, un petit faiseur lorgnant vers la série b américaine.
On aura vite fait d'oublier cependant un autre cas du genre, Rudolf van den Berg, qui tentera par deux fois de s'immiscer dans un genre peu répandu au pays-bas : il en résultera ce Xangadix puis The Cold light of day, sombre histoire de psycho-killer.
Berg s'approprie un sujet dès plus singulier, nous causant à la manière de "wolfen", de "Rosemary's baby" et autres bondieuseries plus ou moins réussies de la résurgence d'un mal particulièrement ancien, et dans le cas présent, plutôt nouveau. Oubliez les dieux animaux, les anges et les démons, les pestiférés et autres démons cornus : rien de tout ça ici. Et tant mieux pour nous, ça nous change.
On nous parle ici de Xangadix, un dieu malfaisant et ancestral apparaissant d'ailleurs dès le début du film (pour la suggestion, ça tombe mal) sous la forme d'un nourrisson difforme, comme surgit d'un manga de sf.
Après la naissance de sept nouveaux nés (tous de la même mère), un médecin perd la raison et se crash dans la campagne : la folie galope, un lac s'enflamme, un visage se couvre de boue, une divinité perce les ténèbres dans une sphère translucide...
C'est clair, nous ne sommes pas en terrain connu.
Les sept enfants cités plus haut reviennent à la charge quelques années après un massacre qu'ils ont perpétré enfants dans une crèche (c'est louche, assurément), bien décidés à courser une jeune adolescente et provoquer par là-même la renaissance du fameux Xangadix, qui pourra bien entendu régner sur la terre et y faire plein de choses abominables comme convenu.
On croise l'ex-sublime Monique de Ven, ancienne égérie sexy de Paul Verhoeven, en maman courage face à une adolescente voyant son banal quotidien plonger dans le plus infernal des cauchemars. A côté de cela, on nous sert la sempiternelle enquête policière/scientifique, expliquant en long et en large ce que le spectateur aura bien compris depuis le début. On ne s'ennuie peut-être pas, mais à vrai dire, on s'en fiche un peu.
Ce qui évite à Xangadix de se noyer dans la masse de dtv 90's typique de la funeste époque dont il fait parti, c'est son sens de l'image, réellement convaincant, sa justesse, son goût inopiné pour l'action. A défaut d'être effrayant voire réellement dérangeant, le film de Berg fait croiser la fantasmagorie du cinéma fantastique européen avec l'aspect rentre dedans d'une série b américaine. Le mélange est curieux...mais séduisant !
On sent Berg très à l'aise sur les scènes fantastiques, d'abord oniriques et éparses, puis de plus en plus spectaculaires. Lorsque les sept frangins, muets comme des tombes et tous très déterminés à leur tâche sanguinaire, surgissent de leur prison souterraine, tout semble alors possible : on saute du toit d'un immeuble, on décapite à la machette, on explose des crânes, on se pisse dessus d'effroi...le summum étant ce curieux simulacre de mariage poubelle, le tout arrosé d'une musique à forts relents épiques.
Et le torrent d'hémoglobine qui conclue le film ne semble absolument pas contredire la surprenante entreprise de Berg !
Un étonnant petit film que voilà.
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