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STRYKER
( STRYKER )
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Après un holocauste nucléaire, l’eau est devenue une denrée rare et plusieurs bandes de pillards se livrent une lutte acharnée pour se l’approprier. Des survivants se cachent sous terre afin de protéger leur bien le plus précieux : une source. Delha ne supporte plus de voir les autres survivants mourir de soif à la surface et elle décide d’aller voir un autre groupement afin de leur communiquer l’emplacement de la source. Mais en chemin, elle est prise à partie par une bande de pillards qui la malmène. C’est sans compter sur la présence de Stryker, un guerrier solitaire qui joue les justiciers et vient en aide à la jeune femme…Le film post-apocalyptique, Cirio H Santiago aime bien. Ce réalisateur philippin en a en effet plusieurs dans sa longue filmographie (plus de 70 films) et on pourra citer par exemple "Les Roues de Feu" (1985), "Future Hunters" (1986), "Equalizer 2000" (1986), "Dune Warriors" (1990), "Raiders of the Sun" (1992) et donc ce "Stryker" réalisé en 1983. Cirio aime également les films d’action et ça tombe bien puisque les films post-nuke mettent toujours en scène des combats entre bandes rivales. Bon, d’habitude, les pillards s’affrontent pour le gasoil si précieux pour leurs véhicules customisés à l’acier mais là, c’est pour l’eau, si précieuse à la vie. D’ailleurs, c’est marrant mais un autre post-nuke de 1983 également à quasiment le même scénario ! Je veux bien sûr parler du film "Les Exterminateurs de l’an 3000" de Giuliano Carnimeo, où l’on retrouve la quête de l’eau, la Terre transformée en désert après les explosions nucléaires et le justicier solitaire. Coïncidence ou pas ?
"Stryker", c’est le nom du héros solitaire. En digne héritier des westerns spaghettis, notre héros porte un chapeau de cowboy, ne parle quasiment pas, se montre extrêmement doué pour le tir et n’hésite pas à risquer sa vie pour défendre les opprimés, surtout si elles ont des formes féminines. Ce personnage est interprété par Steve Sandor, plus habitué aux épisodes de séries télévisées qu’au long-métrage. Son physique lui permet de se montrer assez à l’aise dans ce rôle de justicier un brin bourru, avide de vengeance envers le chef des pillards pour raisons personnelles.
Hormis stryker, on trouve d’autres personnages typiques des films post-nuke, avec notamment un gang féminin dirigé par une séduisante blondinette. Variation destroy des amazones d’antan, cette équipée sauvage en tenue de combat, fringuée avec des plastrons de football américain ou de pilotes de motocross, et conduisant des engins customisés n’est malheureusement pas assez mis en avant à mon goût et il est dommage que la leader de la bande n’ait pas bénéficié d’un traitement plus avantageux car elle se contente de traverser le film sans qu’on en apprenne beaucoup sur elle. En plus, elle prend même la place du héros sur l’affiche du film, on aurait donc aimé qu’elle soit plus présente à l’écran.
Niveau action, on a le droit aux séquences classiques de courses poursuites, de combats au pistolet et de scènes d’humiliation fort appréciées des amateurs. Dans "Stryker", ce sera un vieil homme qui se verra enterré jusqu’au cou et dont l’un de ses tortionnaires n’hésitera pas à lui uriner dessus quand il réclamera à boire ! Il y a souvent ce type de scène empreinte de sadisme dans les films post-apocalyptiques et le film de Cirio H. Santiago ne déroge pas à la règle, nous gratifiant également d’une séquence de viol, rituel qu’on retrouve également dans nombre de films de ce genre. Sinon, il faut reconnaître que dans l’ensemble, c’est un peu mou du genou et qu’il ne se passe pas grand-chose en fait. "Stryker" reste un sous "Mad Max 2" du pauvre en termes d’action et il ne restera pas dans les annales comme étant l’un des meilleurs représentants du post-nuke, la faute à des péripéties qui ne sont guère passionnantes et s’avèrent très basiques.
En filigrane, on peut voir dans "Stryker" une critique envers ceux qui ont soif de pouvoir, critique qui s’exerce notamment avec le personnage du leader du second groupe de survivants. Quand ces derniers sont amenés dans la grotte où se trouve la source, le leader se pose automatiquement comme une sorte de dictateur, n’hésitant pas à prendre le commandement de la communauté qui vivait là bien avant lui, "pour leur bien" dira-t-il. La vue de la source lui fait perdre un peu la raison et savoir que celui qui la contrôle détiendra le pouvoir absolu lui fait monter le sang à la tête, ce qui n’est d’ailleurs pas du tout du goût de stryker, qui le connaît bien, et qui a clairement vu ce changement de comportement et cette sorte de prise de pouvoir dictatoriale s’emparer de son ami. Alors qu’une promesse d’une vie meilleure voyait peu à peu le jour, de par la réunification des deux groupes et la présence de la source, le fait que le leader impose sa loi, décrète des directives sans demander l’avis de la population présente indispose nettement notre héros solitaire et lui fait craindre le pire pour le futur. "Tout va recommencer" lance-t-il à son ami, qui prend heureusement conscience de ses agissements contraire à la démocratie.
Au final, "Stryker" s’avère un film plutôt moyen, qui s’adresse avant tout aux amateurs purs et durs de films post-apocalyptiques. Le manque d’action, le manque d’enjeu, une réalisation un peu mollassonne et des personnages pas assez développés viennent tirer vers le bas le film de Cirio H. Santiago. Il lui manque également un petit brin de folie et un méchant charismatique pour nous rallier entièrement à sa cause. Bien sûr, le film n’a pas bénéficié d’un gros budget et il reste regardable, ce n’est pas un navet non plus. Mais on l’oubliera assez vite et on préférera se re-visionner d’autres films du même genre.
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