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BOSTON STRANGLER 2008
( BOSTON STRANGLER, THE UNTOLD STORY )
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Vous aimez ça vous, les films de psychopathes célèbres grâce aux médias renifleurs de fonds de caniveaux ensanglantés par les viles traces d'être haineux du genre humain en général, et de la victime en particulier ? Toi lecteur de ces humbles lignes, aimes-tu ces docu-fictions que même la télévision française (et pas forcément la publique) renâclerait à produire ? Parce que pour être tout à fait honnête, ce Boston Strangler ne vaut pas une cacahuète, fusse-t-elle ensanglantée par les coups de boutoir psychotiques d'un malotru déviant de la caboche.
Je ne m'étalerai pas des heures sur le scénario qui ne fait rien de plus que reprendre des faits réels. Cependant, vous noterez dès le titre, que le réalisateur entend nous dévoiler de nouvelles choses à propos de l'étrangleur de Boston. Boston Strangler, The Untold Story (NdR : L'étrangleur de Boston, la face cachée), si vous voulez mon avis, la story en question, elle aurait gagné à rester untold. Mais là n'est pas la question ; je suis investi de la mission de vous apporter un avis (de préférence le mien, désolé de vous décevoir) sur ce Direct to Video mérité qu'est Boston Strangler.
Avec tout cela j'en oublierais presque l'essentiel, le synopsis : figurez-vous que dans les années 60, à Boston, quelqu'un étranglait des gens. Du fait de la mort de ces derniers des suites de la strangulation " sus-ditement " évoquée, ces gens en question devenaient des victimes. Ca manque de clarté ? La puissance du scénario réside dans son inexistence. Ou plutôt dans l'échec absolu du réalisateur, à nous faire croire un traitre mot de ce qu'il essaie d'exprimer à l'écran. L'histoire de l'étrangleur de Boston se résume ainsi : dans les années 60 un déviant sexuel étrangle des femmes. Au même moment, un petit malfrat raté, obsédé sexuel notoire se retrouve en prison. Influencé par son voisin de cellule il prétendra être l'Etrangleur.
Autant dire que l'intérêt de l'enquête policière est nul. A dire vrai, tout ici patauge dans des kilos de goudron. L'intrigue semble ne jamais se développer, les personnages sont creux et inexistants... et la réalisation est mollassonne, quand elle ne tente pas vainement de dynamiser des scènes plombées d'ennui.
Que les gens qui ont travaillé sur ce film m'excuse, mais quinze minutes après l'avoir visionné, je l'avais totalement oublié. Et c'est là, la pire chose qui puisse arriver à un métrage. Celui-là n'est pas foncièrement mauvais, il est simplement totalement anodin. Il n'y a clairement rien à en tirer.
Déjà, Michael Feiffer s'était illustré en réalisant un "B.T.K. 2008" plutôt médiocre. Là, il signe un Direct To Video insipide à l'extrême.
Vous vous souvenez d'Hollywood Night, ces programmes semi violents, semi sexualisés diffusés par TF1 en milieu de nuit, il y a de cela quelques années ? Des Téléfilms inintéressants, faux défouloirs mais vrais purgatoires. Et bien, si cette émission existait toujours, Boston Strangler y aurait sa place.
En effet, le véritable défaut de Boston Strangler est de s'avérer frustrant à l'extrême. Face au déluge de films de Psycho killer, sa tiédeur ne fait le poids à aucun moment. On ne s'ennuie pas vraiment à la vision de l'énième biopic de serial killer que nous délivre Feiffer. Toutefois, le réalisateur ne parvient jamais réellement à capter l'attention du spectateur.
Quelque part aux environs de la quarante-cinquième minute, quelque chose semble se passer. La réalisation se réveille, l'ambiance s'alourdit... et le tout retombe aussitôt tel un soufflé au gruyère sous les assauts de fourchettes vibrantes de plaisirs à l'approche de la pustule fromagère encore fumante.
Encore une fois, on a affaire à un film, qui se prétend disposer d'une véritable trame narrative, mais qui n'est en fait qu'un docu-fiction supplémentaire tout à fait insipide sur un tueur ayant réellement existé. Un tueur dont on ne sait toujours pas, s'il a vraiment existé, où si les crimes commis n'ont été que des copycat. Le résultat est le même pour les victimes, certes, et cela à un arrière goût d'escroquerie médiatique. Le film, de son côté, tente de jouer du mieux qu'il peut la carte du " c'est-y lui ou c'est-y pas lui " pour, finalement, laisser le spectateur sur le banc de touche, dès les premières minutes.
Le réalisateur tente de faire monter la sauce avec des musiques graves, que n'aurait pas renié un documentaire sur la prédation des gazelles par les tarentules de mer en Guinée Equatoriale. Mais rien n'y fait, bien au contraire. Le fait d'utiliser des faits ayant réellement existé comme seule trame narrative, seul suspens, et seul déclencheur, échoue lamentablement, telle une baleine sur les côtes bretonnes. Le spectateur encore éveillé se demandera pourquoi on essaie de lui vendre un sous " Zodiac ", juste avant de s'endormir définitivement.
Ajoutez à ce tableau, déjà loin d'être reluisant, un acteur principal qui cabotine horriblement tant et si bien qu'il ressemble très vite à une (mauvaise) caricature du De Niro tout droit sortie de Taxi Driver.
Résultat ? La question se pose, avec pertinence et gravité ? Quel est le résultat de ce film ? Quel est son but, sa raison d'exister, sinon d'écœurer le spectateur déjà bien barbouillé d'un trop plein de films faciles " tirés de faits réels ". Alors quand les croques morts scénaristiques et les réalisateurs peu scrupuleux auront fini de nous prendre pour des vaches à lait en nous servant des produits sans goût ni valeur ajoutée, alors peut-être, que le genre pourra récupérer les lettres de noblesses qu'il avait acquises avec des "Maniac" ou des "Henry : portrait d'un serial killer".
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