necroville - necroville - 2007 un film de Billy Garberina, Richard Griffinnecroville


Colin VETTIER




5,5/6 - Colin VETTIER

4/6 - Lionel JACQUET






NECROVILLE
( NECROVILLE )

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Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, voici le film de fanboy qui va vous faire mouiller le pantalon. C'est fauché (forcément), et c'est très très bon.

Virés de leur boulot dans un vidéoclub (petit clin d'œil à "Clerks"), deux glandeurs se retrouvent à la rue. Ils décident alors de pimenter leur quotidien en intégrant une agence d'extermination de vermines en tous genres : zombies, loups garous, vampires...
Jack et Alex se retrouvent donc armés et en uniformes, à arpenter les rues de la ville dans l'attente d'une mission. Pendant ces temps morts, ils taillent le bout de gras. Leurs conversations sont souvent interrompues par les coups de fil incessants de la parasitaire Penny, la petite amie de Jack. Tiraillé entre deux mondes, l'un où il casse du zombie avec son meilleur ami, l'autre où il tente de satisfaire son exécrable compagne, Jack est sur la pente descendante. Les choses se précipiteront lorsque l'ex-petit ami de Penny réapparait. Pour ne rien arranger, le dandy D.J. a les dents longues.

Saving the world, one paycheck at a time annonce l'affiche.

Necroville, c'est un peu la version cinéma de genre du "Clerks" de Kevin Smith. Les réalisateurs (Billy Garberina et Richard Griffin) ont eu pour ambition de créer un film déjanté sans pour autant disposer d'un budget digne de ce nom. A l'origine du script, une conversation entre les deux scénaristes (accessoirement, les deux acteurs principaux).
"T'es sûr que ça va marcher ?
Je me fiche de savoir s’il a la force de 10 hommes, si on lui lâche un piano à queue du sixième étage, en plein dessus, ça va forcément le tuer.
Ca n'a pas de sens.
Je ne sais pas... tous ces morceaux de bois... il y en a bien un qui va transpercer son putain de cœur.
Si tu le dis." [1]
Et c'est ainsi qu'est né Necroville, un long métrage fauché, mais truffé de références au cinéma de genre. Le journal Alburquerque Press ne s'y est d'ailleurs pas trompé en décrivant que le film était comme "si Kevin Smith avait écrit "Ghostbusters"".



Le film de Garberina, Griffin & Jarmon Brown propose "deux cents zombies, des douzaines de vampires, six loups-garous et vingt pucelles effarouchées pour la modique somme de 9,800 $." [1] Malgré ce tour de force, à l'instar de Clerks, Necroville s'avère peu démonstratif (mais en couleurs). Le bestiaire proposé n'est pas là pour la surenchère de barbaques et tripailles, mais uniquement pour contribuer à l'intrigue et au développement des deux personnages principaux. De même, les effets spéciaux (maquillage et numérique) tendent à accroitre la crédibilité des personnages de Jack (Billy Garberina) & Alex (Adam Jarmon Brown). Les inconditionnels de séries Z gore à l'extrême pourront être déçus par Necroville s'ils s'attendent à une gaudriole sanglante. En effet, l'intérêt du film réside résolument dans ses dialogues [2], caviardés de perles d'humour et de références au cinéma de genre. Le tout saupoudré d'un comique de situation qui ravira les amateurs de cinéma de genre.

Toutefois, rien à voir avec "Shaun of the Dead" bien que le concept soit assez proche. Forcément, sans moyens et sans l'indispensable english humor, Garberina & Griffin ne jouent tout simplement pas dans la même cour que Pegg & Wright. Alors permettez-moi d'insister, la référence la plus proche demeure indubitablement Clerks et ses deux branleurs, fans de cinéma et d'humour de mauvais goût.



A la vision de Necroville, une chose est sûre, dans l'équipe de scénarisation et de réalisation il n'y a que des amateurs de cinéma de genre. Ils tournent en dérision, mais avec un infini respect, tous les poncifs de ce cinéma qui nous est cher. Pour ne rien gâcher, le film est parsemé de clins d'œil discrets - les easter eggs comme les qualifient les anglophones. Ainsi, sur la porte du vidéoclub dans lequel travaille Jack, trône une superbe affiche "Terror Firmer". Aucune surprise, tant le style de Necroville est proche de celui des productions Troma [3] : une réalisation efficace sans être tape à l'œil, des gags salissants et en pagaille... un film punk ! A croire que Garberina, Griffin & Jarmon Brown se sont abreuvés de "Make your own damn movie" ; à moins qu'ils aient ça dans le sang.
Nul doute que les deux scénaristes sont convertis à la cause d'un cinéma populaire, irrévérencieux et si possible sanglant : ils incarnent avec brio leurs deux personnages principaux, Jack & Alex. Le rôle de leur vie ? Ou peut-être n'est-ce pas un rôle, mais tout simplement Adam Jarmon Brown & Billy Garberina plus vrais que nature.



Vous l'aurez compris - et si ce n'est pas le cas, je vous suggère de consulter dans les plus brefs délais - Necroville est un film fait par des fans, pour les fans. Comme le jargon moderne le voudrait, disons qu'il s'agit d'un film de geek, pour les geek. Le métrage transpire d'un amour immodéré pour le cinéma de genre et pour ses amateurs.
Encore une fois, Pop Cinema ne s'est pas trompé de combat en sortant le film, et prouve une fois de plus que la compagnie, au travers de sa filiale Shock-O-Rama [4], est l'un des éditeurs-phares pour ceux qui aiment le cinéma indépendant de qualité. D'autant que chacun de ses DVD est bardé de bonus ! Un vrai bonheur.
 
Je ne saurais que conseiller aux anglophones de se ruer sur cette petite perle.

5,5/6 - Colin VETTIER



[1] Traduit de : Garberina Billy, Musings On Necroville, Albuquerque, 12/06/08
[2] NdR : ceci étant dit, à l'heure où j'écris cette critique il n'existe aucun projet d'édition française pour Necroville. L'édition américaine – parfaite, Pop Cinema oblige – ne comportant pas de sous-titres, elle s’adresse avant tout à ceux qui comprennent la langue de Shakespeare.
[3] Pour ceux qui sortiraient la tête du placard, petite séance de rattrapage, voici quelques productions Troma : "Terror Firmer", "Poultrygeist" ou encore "Citizen Toxie".
[4] "Shock-O-Rama", "Bite Me!", "Splatter Disco"...


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