hansel et gretel - hansel et gretel - 2007 un film de Min-sook Kim hansel et gretel


Lionel JACQUET




5/6 - Lionel JACQUET







HANSEL ET GRETEL
( HANSEL ET GRETEL )

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Eun-soo, un jeune homme, part en voiture rejoindre sa mère gravement malade. Alors qu’il se trouve en chemin, il est perturbé par la conversation téléphonique orageuse qu’il a avec sa compagne et perd le contrôle de son véhicule qui heurte un arbre. Hébété et légèrement blessé, il erre dans les bois environnants. Alors que la nuit tombe, il rencontre une petite fille qui l’invite à venir se reposer chez elle. Arrivé à la demeure, il va vite découvrir que ses habitants sont singuliers. Les parents des trois enfants se comportent de manière étrange et semblent en avoir peur. Si le jeune homme ne prête, au départ, guère attention à l’étrange ambiance qui règne, il va vite s’apercevoir que le pouvoir de ces derniers sur la maison et ses occupants paraît sans limites. Mais surtout, impossible pour Eun-soo de sortir de la forêt qui entoure cette bâtisse. Qui sont ces enfants ? Quel terrible secret recèle les lieux ?

"Hansel et Gretel" est un conte de fée populaire et oral d’origine allemande, il a été couché sur papier par Giambattista Basile au XVII ème siècle et évidemment par les frères Grimm au XIX ème. Ce conte a également connu des adaptations pour l’opéra, la bande dessinée, le jeu vidéo et bien sûr dans de multiples dessins animés et films plus ou moins corrigés et adoucis dans leur contenu. On peut également noter une adaptation pour la télévision de Tim Burton en 1982 et même un film érotique d’un certain Gotlieb (rien à voir avec le dessinateur !) au début des années 70.

Tout le monde connaît cette histoire de ces enfants abandonnés en plein forêt et qui découvrent une maison construite en sucre et confiseries diverses, mais qui est en fait un piège ; conte qui a terrorisé et terrorise encore des générations d’enfants. Toutefois, ici, il ne s’agit en rien d’une adaptation fidèle, mais plutôt d’une relecture qui prend appui sur cette fable.



En effet, même si la fable, en elle-même, a une importance considérable dans l’intrigue, il s’agit surtout pour le réalisateur, de livrer une oeuvre qui se rapproche graphiquement et en termes de cruauté de l’univers des contes pour enfants (qui peuvent être immensément cruels lorsqu’ils ne sont pas expurgés). Pour cela, il va s’employer à créer une atmosphère inquiétante par le biais d’une photographie très colorée, de dialogues précis et ciselés et par un mélange des genres oscillant entre le drame social et le fantastique.

Mélangeant subtilement les influences du cinéma d’épouvante asiatique ("Ring" et consorts), à base de lenteur calculée et de montée progressive dans l’horreur, et ceux d’un certain cinéma fantasmagorique occidentale, le réalisateur coréen ne fait rien d’autre que de recréer, à première vue, une histoire somme toute banale de maison hantée, tout en s’éloignant de manière criante du banal, vu et revu film de fantômes avec chevelure noire en étendard de la peur viscérale.



De plus, le film lorgne avec une gourmandise évidente sur les univers enfantins de Del Toro pour sa propension à mettre en avant une enfance torturée et terrifiante et de Tim Burton dans la manière d’éclairer les scènes à base de couleurs vives.

Si cette relecture du conte rappelle à l’évidence le segment de Joe Dante dans l’anthologie filmique de "La quatrième dimension" (avec cet enfant capable de transformer la réalité pour la plier au moindre de ses désirs), Yim Pil-sung opte pour une noirceur contemplative et toute absence de second degré, là où l’américain s’échinait à créer un univers cartoonesque.

On ne saurait également passer sous silence les terribles séquences de maltraitance et de pédophilie larvée (plus que larvée d’ailleurs) que distille "Hansel et Gretel" et qui donne une toute autre dimension à celui-ci. Le drame social prenant alors le pas sur le fantastique pour y apporter un lancinant sentiment de malaise.



Un dernier mot sur l’incroyable interprétation des trois enfants, formidables de justesse dans des rôles pourtant plus que délicats. A tel point qu’ils éclipsent ceux des adultes et en particulier celui de l’acteur principal, apparemment contraint à la retenue par une direction d’acteur un peu trop craintive.

Mais ce n’est là que peu de choses en comparaison de la beauté, de la poésie macabre et de la terrible histoire de ces enfants qui parviendront, au moins pour certains d’entre vous, à vous tirer une petite larme d’émotion non frelatée.

Que ceux qui désirent un produit différent et qui ne sont pas allergiques par essence à une certaine forme de lenteur et de préciosité se ruent sur "Hansel et Gretel", ils ne devraient pas le regretter.


5/6 - Lionel JACQUET



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  Blob Oscur.DestalAvis de Oscur.Destal sur hansel et gretel
Je suis tombé plus ou moins par hasard sur ce DVD dans un rayon de la Fnac, et j'ai cru me souvenir avoir lu une bonne critique sur Horreur.com. Je n'en étais pas certain mais tant pis, j'ai tenté le coup.

Aucun regret. Ce film nous donne tout ce que l'on peut attendre de lui. C'est d'ailleurs pour cela que je ne lui octroie pas le 6/6 : bien que l'on soit toujours enchanté par les trouvailles graphiques et les "rebondissements" scénaristiques, il faut bien admettre qu'on s'attend plus ou moins à tout ce qui se passe. Mais qu'importe, on n'en reste pas moins émerveillé (ou effrayé, difficile à dire).

Un très bon point pour les acteurs, notamment les enfants qui arrivent à être dérangeants en même temps que touchants. L'ainé des trois mômes est vraiment crédible en grand frère vengeur autoritaire. La petite sait parfaitement être mignonne avec quelques pointes de haine et d'incitation au meurtre de temps à autre. Mais le pire reste cette horrible sensation de trouver "sensuelle" et "sexy" une gamine de 13 ans qui séduit plus ou moins malgré elle les protagonistes pour se faire aimer.

Néanmoins, pas de panique pour les spectateurs réfractaires aux enfants meurtriers, qui pensent se trouver face à une énième ficelle de réalisateur en manque d'inspiration désirant choquer en incorporant des enfants dans un film de genre : on ne ressent à aucun moment cette sensation de facilité "enfant méchant = film réussi".

Long et lent, oui "Hansel et Gretel" l'est, mais a posteriori seulement : en effet, je n'ai jamais regardé l'heure ou consulté rapidement mes mails pendant tout le long du métrage, comme j'en ai la mauvaise habitude. Rien n'est en trop et rien ne manque.

Laissez-vous tenter au-delà de tous les préjugés de facilité que vous pourriez avoir (énième film asiatique, énième conte macabre, énième métrage avec des enfants méchants) : je les avais aussi, et j'ai bien fait de passer outre.


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