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SUEUR FROIDE DANS LA NUIT
( FEAR IN THE NIGHT )
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La jeune Peggy Heller, 22 ans, sort d’une profonde dépression. Elle a retrouvé goût à la vie et vient de se marier avec Robert, un enseignant qui vient d’être muté dans une école privée pour enfants. Peggy est toute heureuse de devoir rejoindre son mari mais avant son départ, elle est victime d’une agression dans son appartement. Elle parvient à s’en sortir et arrache le bras de l’agresseur, qui n’était en fait qu’une prothèse. Débarquant dans sa nouvelle demeure, Peggy doit s’efforcer d’oublier cette sinistre aventure et devra faire face à la solitude et aux étranges habitants de l’école privée, à savoir le directeur et son épouse, Michael et Molly Carmichael, les employeurs de Robert…Pour tout fan des films de la Hammer, le nom de Jimmy Sangster ne peut être inconnu. En effet, cet illustre monsieur est l’un des plus grands et des plus prolifiques scénaristes du studio anglais. On lui doit, entre autres, les scénarii de "X the unknow", "Frankenstein s’est échappé", "Le cauchemar de Dracula", "La revanche de Frankenstein", "La malédiction des Pharaons", "Les maîtresses de Dracula", "Paranoiaque", "Dracula prince des ténèbres", "Les Horreurs de Frankenstein", "Le mannequin défiguré" ou bien encore de ce "Fear in the Night", dont il assure également la réalisation. Ce poste de réalisateur, il ne l’occupera que trois fois pour des long-métrages, tous pour la Hammer. Son premier film sera "Les Horreurs de Frankenstein" en 70, suivi de "Lust for a Vampire" en 71 et donc "Sueur froide dans la nuit" en 72.
La genèse de "Sueur froide dans la nuit" date de 1963, année durant laquelle Jimmy Sangster avait écrit pour la Universal un scénario baptisé Brainstorm. La réalisation du film via la Hammer sera assez chaotique puisque plusieurs fois, un tournage débuta puis fut laissé à l’abandon, d’abord en 1964, puis en 1965. Le studio anglais récidiva une troisième fois en 1968, changea le titre en The Claw, et proposera la réalisation à Freddie Francis. Pour être abandonné une nouvelle fois. En 1971, Jimmy Sangster réécrivit son scénario avec l’aide de Michael Sayson, plaça l’intrigue dans une école privée abandonnée et réduisit le nombre de personnages, pour n’en garder que quatre principaux, ce qui ne demanderait qu’un faible budget. Banco, Jimmy Sangster allait enfin pouvoir transformer ses écrits en œuvre cinématographique.
Comme son titre l’indique, "Sueur froide dans la nuit" appartient à la catégorie des thrillers, des films à suspense. Genre que la Hammer a déjà côtoyé à maintes reprises, avec tout d’abord des films en noir et blanc comme "Taste of Fear" en 61, Maniac en 63, "Paranoiaque" et "Meurtre par procuration" en 64, "Hysteria" en 65 puis des films en couleurs avec "Fanatic" en 65, "Le mannequin défiguré" en 70, "Straight on till morning" et "Sueur froide dans la nuit" en 71, ces deux derniers titres sortant sur les écrans britanniques dans un double-programme baptisé Women in Terror. La Hammer délaissera par la suite l’ambiance des thrillers, qu’elle retrouvera néanmoins dans la série télévisée "The Hammer House of Horror Mystery and Suspense".
Comme énoncé plus haut, les personnages dans "Fear in the Night" ne sont pas nombreux, ce qui amène rapidement le film dans une sorte d’huis-clos plutôt habile et inquiétant. Le quatuor d’acteurs principaux est composé par Judy Geeson, qui joue le rôle de la jeune Peggy à qui il arrive bien des malheurs, par Ralph Bates qui joue le rôle de son mari, par Joan Dynastie Collins qui joue Mme Carmichael et enfin par le grand Peter Cushing qui joue M. Carmichael.
Peter Cushing n’apparaît pas souvent à l’écran mais son personnage s’avère des plus mystérieux, de par son comportement, mais aussi du fait que l’un de ses bras possède une prothèse. L’interprétation de Cushing parvient à nous faire douter et on ne sait plus trop si on a affaire à un gentil ou à un méchant. Serait-ce lui l’agresseur de Peggy ?
Cette dernière est quant à elle parfaitement jouée par Judy Geeson, actrice abonnée aux séries télévisées mais qu’on a vue également dans "L’étrangleur de Rillington Place" en 1971. Judy parvient à donner de la fraîcheur à son personnage mais surtout, elle est très convaincante quant il s’agit de nous faire douter de la santé mentale de son personnage. Imagine-t-elle les agressions dont elle est seule témoin ? Entend-elle réellement les voix des enfants chantant dans la salle de classe vide ? Un bien curieux mystère dont on commence petit à petit à démêler les ficelles au fur et à mesure de la progression du film et de l’apparition de certains personnages, comme celui de Mme Carmichael, jouée par Joan Collins. Jimmy Sangster s’amuse à nous mettre sur de fausses pistes et plonge la pauvre Peggy dans un univers macabre et peu rassurant, mettant ses nerfs à rude épreuve, et devant convaincre son entourage, en l’occurrence son mari joué par Ralph Bates, qu’elle ne sombre pas à nouveau dans une forte dépression.
Thriller psychologique donc, "Sueur froide dans la nuit" emprunte aussi à l’univers du giallo avec cet agresseur vêtu de noir et ganté. Mais existe-t-il réellement ? L’amateur aimant mettre sa perspicacité en avant pour dénouer avant la fin les intrigues en aura tout le loisir ici. Le dernier quart d’heure du long-métrage s’avérant particulièrement intense, avec de multiples révélations et retournements de situation, qui, sans être du domaine de l’inédit, fonctionnent plutôt bien et se révèlent efficaces, apportant également au film une nouvelle dynamique dans le récit. Il ne faut pas en effet vous attendre à un film mené tambour battant mais plutôt à une œuvre intimiste, minimaliste même, qui prend son temps, ponctuant de-ci de-là le récit par des détails et autres indices prompts à nous mettre sur la voie de la vérité.
De même, ne pensez pas visionner un film baignant dans une atmosphère gothique comme la Hammer a su si bien en mettre en images. "Sueur froide dans la nuit" possède un style très contemporain, sans manoir ni brouillard par exemple. Cela lui confère une touche un peu particulière et pourra déconcerter les amateurs des films d’épouvante du studio britannique s’ils n’ont jamais vu les thrillers de la firme.
"Sueur froide dans la nuit" n’est certes pas le titre le plus connu de la Hammer. Raison de plus pour lui donner une chance et découvrir d’autres facettes de la firme. En plus, le film est vraiment agréable à regarder et revoir des acteurs comme Cushing ou Ralph Bates, des habitués de la maison, ne fera que renforcer notre plaisir. Une bonne idée donc de l’éditeur Studio Canal que d’avoir sorti le film en dvd à petit prix et de permettre au film de Jimmy Sangster de se faire connaître un peu plus qu’il ne l’est…
Disponible en dvd zone 2 chez Studio Canal
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