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Eric Palumbo
5/6 - Eric Palumbo
4,5/6 - David MAURICE
4,5/6 - Vincent DUMENIL
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VERTIGE
( VERTIGE )
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Une via ferrata est une voie située dans une paroi rocheuse et équipée d’éléments spécifiques comme câbles ou échelles pour faciliter sa progression et assurer ainsi la sécurité de ceux qui l’empruntent. Parcourir une via ferrata constitue une activité mêlant la randonnée à l’escalade.
Le profane à présent renseigné, concentrons-nous maintenant sur l’intrigue, qui nous conte l’histoire d’un groupe d’amis férus de sensations extrêmes, et qui se retrouve en Croatie pour une journée d’escalade en haute montagne. Contraints à emprunter une via ferrata, ils se retrouvent bientôt bloqués à haute altitude. Des sentiments enfouis ne tardent pas à remonter alors à la surface, entraînant le petit groupe dans une spirale de violence bientôt aggravée par la présence d’une menace indicible qui semble les traquer. L’ascension vers leur paradis va alors devenir une véritable descente aux enfers…
Si Vertige constitue son premier long métrage, Abel Ferry a déjà de solides bagages derrière lui. A son actif, des clips, des sketches pour les Guignols de l’Info, et surtout trois courts-métrages, "Marie", "Le Bon, La Brute Et Les Zombies" (!), et "Putain La Vieille Faut Pas L’Enerver" (!!!), travaux tout à fait remarquables et emprunts d’un grain de folie rappelant furieusement le cinéma de Jan Kounen. Tout l’inverse de Vertige. Car pour son premier film, Abel Ferry délaisse l’esprit cartoonesque de ses débuts pour un cinéma plus sérieux et d’un réalisme saisissant.
Le jeune réalisateur sait manier une caméra, c’est indéniable. Et c’est avant tout ce qui saute aux yeux à la lecture de ce premier film. Car s’il est, à l’instar de nombre de ses confrères, un véritable passionné du film de genre, c’est avant tout un amoureux de la montagne (il est lui-même d’origine savoyarde), et c’est ce qui fait ici toute la différence. Car si Vertige est bien un film de commande, Gaumont a fait le choix judicieux d’en confier les rênes à un réalisateur ayant personnellement grandi dans cet environnement naturel particulier. L’amour que le cinéaste voue autant à la montagne qu’au film de genre transparaît d’ailleurs à l’écran dans la juxtaposition d’images d’une beauté enivrante, le réalisateur ayant composé des tableaux somptueux, véritables odes à la splendeur sauvage des paysages du film, entièrement tourné en décors naturels et sans aucun trucage, un véritable tour de force au vu du résultat à l’écran. C’est bien simple, jamais auparavant la sensation de vertige n’avait été aussi bien retranscrite, certains plans incroyables enterrant le "Cliffhanger" de Renny Harlin, référence en la matière jusqu’alors. Nous nous retrouvons dès lors véritablement suspendus dans le vide avec les protagonistes, et c’est la gorge serrée que nous suivons leur douloureuse progression.
Une telle empathie vis-à-vis des protagonistes ne saurait exister sans un solide jeu d’acteurs, et c’est bien en ce terrain que le cinéma de genre français pèche le plus souvent. Mais ici, ils se révèlent tous d’une justesse incroyable, nous livrant de véritables performances. Pour s’en rendre compte, il suffit de voir entre autres les prestations de Nicolas Giraud et Johan Libéreau, qui jouent respectivement les rôles de Fred, l’expert de l’escalade, et Loïc, pétrifié par la peur : sur le tournage, c’est Nicolas qui était mort de peur, alors que Johan, féru d’alpinisme dans la vie de tous les jours, a déjà escaladé de nombreuses montagnes. Bluffant !
Des acteurs impeccables donc, mais aussi et surtout des personnages très bien écrits et qu’Abel Ferry prend le temps de présenter pour nous les rendre attachants, n’hésitant pas à consacrer les 45 premières minutes de son film à développer leurs caractères et leurs sentiments à travers le triangle amoureux constitué par Chloé, Loïc et Guillaume. Car autant le dire tout de suite, il ne faut pas voir en Vertige un film d’horreur se déroulant en montagne, avec son lot de morts violentes, de décapitations et autres démembrements, mais plutôt un film d’aventures comportant des éléments horrifiques. Le métrage ne verse d’ailleurs à aucun moment dans le gore gratuit, mais dose savamment sa violence lors de rares fulgurances d’autant plus éprouvantes. Car nous avons avant tout affaire à une aventure humaine. La menace est d’abord d’ordre naturel, car la montagne est le premier antagoniste. Présentée comme un personnage à part entière, c’est elle qui va mettre au grand jour les sentiments refoulés des personnages, sentiments qui vont petit à petit remonter à la surface et disloquer le groupe, tout comme dans "The Descent", influence évidente du cinéaste avec "Predator" et "Délivrance".
La nuit tombe, il se met à pleuvoir et nous accédons alors à la seconde partie du film, la partie survival, et c’est malheureusement là que les choses vont se gâter. Non pas qu’elle soit ratée, loin de là, et ceci grâce justement au traitement des personnages. A l’inverse de certaines productions récentes où l’on serait presque impatient de les voir se faire enfin décimer après nous avoir irrité soixante minutes durant, l’implication du spectateur à ce stade du film est toujours totale. On s’y est attachés, on a frissonné à leurs côtés durant l’ascension, et l’on a toujours peur pour eux. Non, le problème n’est pas là. Le problème est tout simplement qu’après une première partie en tous points irréprochable et finalement surprenante car on n’en attendait pas forcément grand chose, le film bascule dans un second acte beaucoup plus convenu. Car à trop nous en donner, on en attendait justement, si ce n’est plus, au moins autant, et l’on regrettera dès lors de ne jamais retrouver l’audace des premières bobines. La transition est brutale et scinde le film en deux parties distinctes, trop distinctes justement. Ainsi, la partie aventure se déroule de jour et le slasher démarre à la tombée de la nuit, sous la pluie. Encore peut-on peut-être y voir un clin d’œil appuyé au genre.
La réussite d’un survival réside principalement dans le traitement de son tueur. Malheureusement, et de manière paradoxale, le personnage d’Anton, le boogeyman du film, n’a pas bénéficié ici d’autant d’attention que celui des "héros". On aurait effectivement aimé que son histoire soit plus éclairée afin de mieux le comprendre et mieux comprendre ses actes. Car Anton a évidemment une histoire, une histoire tragique qui ne nous sera pas clairement contée dans le film. Ses motivations restent dans l’ombre, ce qui peut agacer. Mais Abel Ferry a cependant pu rattraper la chose en nous apportant cet éclairage hors du film, à travers le générique de fin qu’il ne faut donc surtout pas manquer.
Au final, même si non exempt de menus défauts, Vertige constitue une excellente surprise. Abel Ferry a réussi à tirer le maximum d’un budget limité (1 500 000 euros), signant un premier essai plus que prometteur. Outre ses qualités esthétiques et techniques flagrantes, le film arbore un ton résolument sérieux dénué de cet humour lourdingue bien trop souvent rencontré dans ce type de productions, se hissant au niveau des récentes productions américaines, anglaises ou espagnoles, et donc bien au-dessus des derniers films de genre français. Bénéficiant de personnages bien écrits auxquels on s’attache facilement grâce à des acteurs épatants, et fort de quelques rebondissements inattendus (impossible de savoir qui survivra à l’aventure), Vertige réussit là où tant d’autres échouent le plus souvent, confirmant s’il en était encore besoin que le cinéma de genre français n’est pas mort.
AVIS DES AUTRES REDACTEURS : Très bonne surprise que ce "vertige"! Les scènes d'escalade donnent en effet de bons gros frissons et les décors sont de toute beauté.
Les confrontations sont brutales (ils n'y vont pas de mains mortes quand il s'agit de se mettre sur la figure) et le tueur est remarquable (quelle prestation : un vrai cinglé, mais sans pour autant pousser le caractère du personnage à l'exagération comme on peut le voir par exemple dans un "détour mortel" où les tueurs sont particulièrement déjantés et foufous... en plus d'être bien moches! RIRES)
Le casting est également à la hauteur, un soin tout particulier étant apporté à chacun des personnages sans tomber dans les stéréotypes habituels. On appréciera la prestation de l'acteur jouant le rôle de Loïc notamment...
Même si l'on regrettera un peu le manque d'explication sur notre tueur (un peu dommage quand-même...), le film s'en sort plutôt bien et s'avère être l'un des meilleurs survivals de ces dernières années, rien que cela!
(Remarque non négligeable : dieu qu'elle est jolie Fanny Valette! RIRES!) Surprenant aurais-je envie de dire pour un premier film et surtout venant de nos contrées ! Le suspense est au rendez-vous que ce soit au niveau des scènes d'escalade ou bien au niveau de celles qui s'en suivent dans les bois ou bien encore dans une certaine maison...
Seuls bémols: on ne sait pas qui est le tueur, ses motivations et d'où il vient et les scènes de corps à corps, filmées de façon trop parkinsonienne à mon goût, mais sinon chouette film qui n'a rien à envier aux américains !
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 Avis de derchminator sur vertige | Vraiment une très grosse surprise que ce Vertige. Certaines scènes sont assez angoissantes et nous laisse bouche bée. Un film a avoir dans sa collection de DVD obligatoirement. Du moins pour les fans de films d'horreurs ^^ |
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