wolfman - the wolfman - 2010 un film de Joe Johnstonwolfman


Gérald GIACOMINI




5/6 - Gérald GIACOMINI

2,5/6 - Steeve RAOULT

4,5/6 - David MAURICE

5/6 - Jérémie MARCHETTI




WOLFMAN
( THE WOLFMAN )

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Lawrence Talbot est un aristocrate torturé que la disparition de son frère force à revenir au domaine familial. Contraint de se rapprocher à nouveau de son père, Talbot se lance à la recherche de son frère...et se découvre une terrible destinée.
L'enfance de Lawrence Talbot prit fin à la mort de sa mère. Ayant quitté le paisible hameau de Blackmoor, il a passé plusieurs décennies à essayer d'oublier. Mais, sous les suppliques de la fiancée de son frère, Gwen Conliffe, il revient à Blackmoor pour l'aider à retrouver l'homme qu'elle aime. Il y apprend qu'une créature brutale et assoiffée de sang s'affère à décimer les villageois et que Aberline, un inspecteur soupçonneux de Scotland Yard, est là pour mener l'enquête.
Réunissant petit à petit les pièces du puzzle sanglant, Talbot découvre une malédiction ancestrale qui transforme ses victimes en loups-garous les nuits de pleine lune. Pour mettre fin au massacre et protéger la femme dont il est tombé amoureux, il doit anéantir la créature macabre qui rôde dans les forêts encerclant Blackmoor. Alors qu'il traque la bête infernale, cet homme hanté par le passé va découvrir une part de lui-même qu'il n'aurait jamais soupçonnée...

Il revient de loin le nouveau film de Joe Johnston ("Jumanji", "Jurassic Park 3"), plus précisément de l'enfer des développements comme Hollywood en connaît régulièrement. En général, ce n'est pas bon signe. On a tous en mémoire- pour rester dans la thématique lycanthropique- "Cursed" de Wes Craven, ou bien encore "L'exorciste au commencement" de Renny Harlin/Paul Schrader. De quoi augurer d'un grand film malade selon le terme consacré. Pourtant, il n'en est rien et le retard accumulé pour la sortie du métrage (soit deux ans avant le début du tournage) semble avoir été pensé pour offrir le meilleur film possible aux spectateurs. On ressent bien à la vision du remake du film de George Waggner ("Le loup garou"), qu'il manque des bouts dans le cheminement de l'histoire, et que le réalisateur n'a eu de cesse d'opérer un bras de fer avec les producteurs, comme de réintégrer in fine la musique de Danny Elfman. Mais, la sincérité de toute l'équipe et de ce projet porté à bout de bras par Benicio Del Toro ("Traffic", "The Pledge", "Sin City") depuis des années- c'est lui qui a eut l'idée de remettre au goût du jour ce petit classique de la Universal interprété par Lon Chaney Jr-, se ressent à la vision d'un film, certes écourté (il devait durer au moins 2h00), mais qui arrive à renouer avec un cinéma d'antan. L'on se retrouve de nouveau plongé dans une Angleterre victorienne, qui est décidément une période historique propice à ce genre de légende.



De la part de Joe Johnston, réalisateur plus habitué aux productions familiales et qui a débuté sa carrière de réalisateur avec "Chérie, j'ai rétréci les gosses" (1989), le pire était à craindre. Considéré comme un artisan mineur, il n'avait pas jusqu'à ce jour touché au genre horrifique (le classement R est amplement justifié) et il est arrivé assez tard sur le projet, après la défection d'autres réalisateurs. Contrairement à un Stephen Sommers qui prend par dessus la jambe les mythes dont il a la charge "La momie 1999" relookée à la sauce "Indiana Jones" et l'épouvantable "Van Helsing", Joe Johnston ne mélange pas les genres, avouant sa passion et son amour pour les monstres du bestiaire fantastique. Pas question pour lui de tout chambouler. Sa vision de The Wolfman est un cri d'amour pour le loup-garou, et les influences de tout poil de se bousculer au portillon: depuis "La nuit du loup-garou" de Terence Fischer au "Loup-garou de Londres" de John Landis. Il dépasse donc le simple canevas du film originel même s'il s'en sert comme point de départ. Le scénario d'Andrew Kevin Walker ("Sleepy Hollow") et de David Self ("Hantise" aie!) nous plonge dans une ambiance gothique, n'ayant pas peur d'assumer une certaine naïveté et nous faisant traverser les passages obligés hérités des classiques Universal et de la Hammer (la taverne, les gitans, l'asile etc.).

Ayant perdu de nombreuses scènes entières sur la table de montage, Wolfman, est mené à un rythme d'enfer. C'est peut-être là un de ses rares défauts, car empêchant vraiment les personnages d'avoir plus d'épaisseur psychologique. Un défaut compensé en grande partie par des acteurs convaincants dans leurs rôles respectifs : Benecio Del Toro qui reste sobre sans en rajouter dans l'aspect tourmenté, Anthony Hopkins en vieux patriarche- un rôle bien moins cabotin que celui qu'il a joué dans le "Dracula (1992)" de Coppola-, maniant l'ironie froide avec une certaine délectation, Hugo Weaving ("V pour vendetta", les trilogies "Matrix" et du "Seigneur des anneaux") dépoussiérant l'inspecteur Abberline. Seul petit bémol, le rôle féminin du titre qui échoit à une Emily Blunt, dont a du mal à cerner les motivations suite au décès de son époux. Mais encore une fois, ce manque de clarté peut provenir des nombreuses scènes qui ont été exclues de la version ciné.



Aux commandes des effets spéciaux, on retrouve Rick Baker, qui prend sa revanche après la déconfiture "Cursed", et dont les maquillages sont habilement mélangés avec des effets par ordinateur qui, pour une fois, sont assez bien intégrés. On peut ainsi apprécier la bestialité du loup-garou dans toute son ampleur, pouvant aussi bien courir debout qu'à quatre pattes. La bête humaine est ainsi montrée dans toute son animalité, et cette production relativement grand public n'hésite pas à montrer des décapitations, à arracher des lambeaux de peaux ou encore à montrer le loup-garou dévorer ses victimes. Les choix artistiques sont du même tonneau : une lande légèrement embrumée (non, pas de brouillard épais ici), un score musical de Danny Elfman qui se marie très bien avec cette histoire maudite. Car le film vient nous rappeler qu'il s'agit bien d'une malédiction (on est bien loin de l'aseptisation du mythe: Cf. "Twilight 2") et qu'aucune échappatoire n'est possible. Le scénario permet aussi de se concentrer sur les rapports père/fils, dont la symbolique se retrouve dans l'aspect délabré du manoir Talbot. Les rapports entre le patriarche et son dernier fils vivant, Lawrence, ne sont guère aisés. Mais comme pour la malédiction lycanthropique, peut-on échapper éternellement à celle qui est familiale ?



Véritable cri d'amour à sa créature titre, le film de Joe Johnston n'est certes pas le chef-d'œuvre rêvé (on est loin de l'intensité du "Dracula (1992)" de Coppola) mais permet enfin au loup-garou de retrouver ses titres de noblesse. Peu gâté ces dernières années, à l'exception de "Dog Soldiers" et de "Ginger Snaps", le voilà qui revient sur le devant de la scène, dans un film extrêmement ambitieux, et dont on espère un jour découvrir un Director's cut, ce qui lui permettrait comme pour "Watchmen" d'être plus complet et complexe. Reste en l'état un formidable film que les amoureux de films à l'ancienne devraient apprécier.




5/6 - Gérald GIACOMINI


AVIS DES AUTRES REDACTEURS :

Joe Johnston a encore frappé ! Je ne vais pas épiloguer sur les scènes coupées, mais plutôt juger le film sur ce que j'ai vu. Je ne suis pas là pour noter ce qui aurait pu être montré après tout. Alors, que se passe t'il quand un réalisateur de films familiaux (je ne vais pas cracher dans la soupe, j'ai grandi en appréciant "Chérie, j'ai rétréci les gosses" et "Jumanji") rencontre une des créatures les plus mythiques du cinéma fantastique ?

Sans surprise : un film de loup-garou grand public et fade.
Grand public, parce que ce Wolfman est désespément non-violent, et n'aborde aucun thème véritablement mature. Del Toro ne semble souffrir que par intermittences de son statut de loup-garou, alors que les bases d'un traitement intéressant semblaient posées. Mais l'aspect religieux passe rapidement à la poubelle, et l'aspect médical offre une conclusion qui prête à sourire. Quand en plus on n'a que deux ou trois scènes sanglantes qui se battent en duel, et des passages de transformation décevants, on peut pratiquement douter de la volonté du réalisateur de faire un film de genre...D'autant qu'on a droit à un début de romance peu cohérente, pour laquelle on ne pourra que féliciter les producteurs si les coupes effectuées la concerne.

Fade, parce qu'à vouloir se réclamer de ses classiques, Johnston ne s'en affranchit pas, et ne fait que réaliser un quelconque film de loup-garou, qui ne sortira jamais des sentiers battus. Pire : plutôt qu'à ses glorieux aînés, c'est à un "Van Helsing" de sinistre mémoire que le film fait penser, le temps d'une poursuite sur les toits de Londres, puis surtout d'un affrontement final d'un ridicule achevé. Un côté fade renforcé par l'absence totale de frisson, pas aidé il est vrai par l'une des pires compositions de la carrière de Danny Elfman.

Pourtant, le film ne manque pas de qualités. Les décors, principalement, sont d'une beauté à couper le souffle, et on se croirait vraiment à l'époque victorienne. L'interpretation ensuite, même si Del Toro semble avoir été choisi pour sa pilosité (qui selon les aveux mêmes de Rick Baker a facilité le maquillage en lycanthrope) que pour ses prouesses d'acteur, arborant fièrement la même expression de chien soumis pendant la majorité du métrage. En revanche, Anthony Hopkins, malgré un personnage particulièrement ridicule, et Hugo Weaving s'en sortent superbement, de même que la plupart des rôles secondaires. Enfin, les effets spéciaux sont réussis, bien que le montage ne fasse pas honneur aux scènes de transformation...Dommage, car ce loup-garou est vraiment sublime, conservant un aspect humain tout en adoptant une apparence véritablement bestiale, rappelant enfin le classique d'origine.

Véritable réussite esthétique, ce Wolfman reste malheureusement un film banal, ne louchant du côté des classiques du genre que par le biais de clins d'oeil très appuyés, sans jamais les rappeler véritablement : on est très loin de l'ambiance des grands classiques Universal et surtout de la Hammer. Trop grand public, trop lisse, trop classique...Pouvait-on attendre autre chose de Joe Johnston ?

2,5/6 - Steeve RAOULT




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  Blob X0IHIg9iBiEGIAV/AUoDYgMhBiNSZwZuAvis de Oscur.Destal sur wolfman
Je n'ai pas été non plus super emballé par ce film sans surprises qui ne fait que reprendre tous les codes du genre. L'ambiance est très réussie, les décors et les personnages sont bien immersifs, mais le film est linéaire, prévisible, banal. Je suis allé le voir au cinéma pour faire plaisir à un pote, moi qui boycotte ce loisir corrompu par Hollywood, et bien je regrette d'avoir fait une entorse à mes principes et d'avoir filé de l'argent à Pathé et aux lobbys de l'industrie cinématographique.
  Avis de motoralo sur wolfman
Du looourd !! Voila enfin un film de loup garou comme on en attendait plus.Car il faud l'avoué , depuis Hurlement ou le loup garou de Londre , rien de bien folichon ( a part peut etre des series B comme Full moon ou dog Soldiers )

Dans le plus pur style de la hammer , Wolfman retranscrit un mythe , une ambience gothique rarement vu ces dernieres années .La béte est de toute beauté ( merci Rick Baker ), bestiale et violente à souhait.
Je recommande chaudement à tous , et pas seulement au fans de bétes à poils

J'attend la chronique avec impatience
  Blob anubis_92Avis de anubis_92 sur wolfman
Trés bonne realisation bien actualisée des films avec Lon Chaney ou oliver reed!

Decors gothiques, interprétation de qualité, trucages trés bons font de wolfman un trés bon film de loup garou, l'un des meilleurs à coté du "loup garou de londres", trés différent.


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