baxter - baxter - 1989 un film de Jerôme Boivinbaxter


Jérémie MARCHETTI




5,5/6 - Jérémie MARCHETTI

4,5/6 - Vincent DUMENIL

5,5/6 - Lionel JACQUET





BAXTER
( BAXTER )

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Bull terrier blanc d'âge indéterminé, Baxter pense. Il ne fait que ça, et attend patiemment de quitter le monde des chiens pour retrouver celui des hommes. Une race qui, pour lui, reste encore un grand mystère.
Un jour, on vient le sortir de son chenil. Adieu monde cruel, bonjour monde odieux...

On ne peut pas dire que le cinéma français soit particulièrement attiré par les animaux méchants ; chance insolite, l'un des rares titres à représenter ce sous-genre en France est non seulement assez décalé pour transcender la case à laquelle il appartient, mais constitue un bel exemple de ce que l'hexagone peut produire de plus bizarre. A la manière de La classe de neige ou Mort un dimanche de pluie, Baxter déplaît mais fascine, jonglant entre le drame sordide, le thriller vénéneux et le fantastique louche.



Boivin rit à la truffe de ces comédies animalières brisant la frontière du langage et de la raison entre animaux et humains : qu'ils parlent ou qu'ils pensent, les animaux restent ces créatures rassurantes et manichéennes...ce qu'elles ne sont pas en réalité. Baxter, lui, est l'antithèse, glaciale et impitoyable, de tout cela.
Pleinement conscient de la bizarrerie du projet, Boivin distribua son film via une promo ultra-secrète, ne dévoilant que des images du chien star sur fond rouge. A une époque où tout mise sur le paraître, certains devraient en prendre de la graine...



Les plus curieux auront remarqué la présence de Jacques Audiard au scénario, avant que le Sir connaisse (très justement) louanges et Césars dans son beau pays. Plus loin que la simple anecdote, c'est surtout la preuve avant l'heure de son goût prononcé pour les chroniques tordues et tortueuses de notre société et les faces sombres de l'être humain : à la même époque, il se fera écrabouiller et décapiter sans retenue dans le moins sérieux Baby Blood : un autre temps...

Un lévrier ou un saint-bernard en tête d'affiche, et hop tout part en éclat : à contrario d'un boxer trop marqué, d'un doberman déjà trop hostile ou d'un labrador trop affectueux, le bull-terrier est la race parfaite pour incarner ce roc, philosophe et amer, que symbolise Baxter. Le poil peu apparent, les traits ciselés, le regard craintif, les formes mutantes : Boivin considérait alors l'animal comme un croisement entre le rat, le veau et le chien ; alchimie étrange mais merveilleuse. Tout semble là, à sa place.

Le spectateur se retrouve placé dans un cas de pensée exclusive : tempête sous un crâne canin, ici partagé entre découverte, férocité et déception. Toute l'ambivalence de l'animal est ici concentrée, Baxter n'étant jamais conscient de la frontière entre le bien et le mal mais se trouve souvent enclin à analyser ses propres pulsions ("j'ai grogné, j'sais pas pourquoi"). Avec un ton évoquant une sorte de sagesse souffreteuse et ambiguë, Maxime Leroux fait des miracles.

Baxter a cette figure de métrage hanté et insaisissable, au climat lourd (le score de Hillman & Roffé y est pour beaucoup) et morbide (la mort de ce vieillard traité dans une ellipse fantasmagorique et troublante, comme issue d'un autre film).

Curieux, Baxter connaît la désillusion en séjournant tout d'abord chez Madame Deville, vieille dame digne et nostalgique qu'il ne tardera pas à précipiter dans un pur naufrage sénile. Tension et inattention : le chien est dégoûté, car réduit à être "un chien à sa mémère", sans véritable fonction que d'assister mollement à une fin de vie.



En trois foyers et tant de chapitres, Baxter visite les différents âges de l'homme : la vieille, puis les adultes, et enfin l'enfant. Une manière aussi de tisser le lien entre les habitants d'une communauté, donc le décor se décomposera suite à l'intervention de l'animal, générateur involontaire de chaos.

Représentatif d'une jeunesse libérée et sans contrainte, le couple sera le rayon du soleil du canidé, à l'affût d'un monde pleins d'odeurs, de sensations et de tranquillité, trouvant enfin un véritable rôle ("je vais de l'un à l'autre, c'est bien"). Seul l'arrivée d'un bébé viendra troubler l'équilibre établi.
Et puis entre temps, il y a le personnage de Charles qui se dessine, un gamin de 13 ans solitaire et mature...trop sûrement. Si Baxter trouvera en lui le bienfait d'une relation maître/chien, il ne verra que trop peu l'animalité du garçonnet resurgir petit à petit, alors que lui s'humanise. L'animalité, c'est la fascination pour le nazisme, qui trouvera son point d'orgue lorsque le gosse tombera éperdument amoureux d'Eva Braun : dans son bunker improvisé, les repères se brouillent, le reste du monde s'efface, il devient le maître d'un jeu dangereux.
Issue funeste, pour un final nappé d'une poésie morbide subite. Pour un premier coup d'essai, Baxter reste un choc.

Bientôt tombera la première neige et il y aura un moment,
L'instant où les gens se réveilleront
Où le silence sera...absolu
Ils seront mal à l'aise, ils penseront au silence de la mort
Peut-être penseront-ils aussi à moi, certains sans doute
L'enfant sûrement...


5,5/6 - Jérémie MARCHETTI


Peinture noire du genre humian, renvoyée comme dans un miroir par les pensées de ce satané Baxter. Impossible depuis de croiser un fox-terrier sans prendre peur.
Vous ne regarderez plus jamais votre chien de la même manière.

5,5/6 - Lionel JACQUET




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  Blob MattAvis de Matt sur baxter
Superbe film, triste et déroutant à la fois.
  Avis de nekro sur baxter
Très bon, très original. Un film vraiment à part dans le cinéma Français et ne ressemblant à aucuns autres.


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