psycho sleepover - psycho sleepover - 2008 un film de Adam Deyoe, Eric Gosselinpsycho sleepover


Colin VETTIER




4/6 - Colin VETTIER







PSYCHO SLEEPOVER
( PSYCHO SLEEPOVER )

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Après le tromatique "Yeti: a love story" la paire de cinéastes déglinguée est de retour avec un slasher. Toutefois, pas d'inquiétude, ils ont gardé toute leur folie.
 
Deborah est une jeune fille prude. Mais son petit ami ne l'entend pas de cette oreille. Ce qui l'intéresserait vraiment, c'est un rapport bucco-génital. Déborah refuse. L'éconduit pète un câble, et tente de la trucider pour, je cite : " se faire une pipe lui-même avec son intestin grêle ".
La jeune fille qui a plus d'un tour dans son sac, a le dessus sur le malandrin, et le réduit en bouillie.
L'année suivante, Deborah arrive au Lycée. Le trio populaire de l'établissement l'invite à une soirée pyjama. Dans le même temps, les fous de la ville sont lâchés et la " soirée filles " vire au carnage.
 
Si vous croyez que le duo d'amis avait donné tout ce qu'il avait dans "Yeti: a love story", vous n'avez encore rien vu.

Pour ainsi dire, Adam & Eric atteignent des sommets en matière d'ineptie, de vulgarité et de stupidité. De vrais petits génies de la blague graveleuse, des ingénieurs ès humour scato des énarques de la débandade qui déjante... Un plaisir pour les yeux, le cerveau et les oreilles.
Ceci étant dit, pour atteindre ce nirvana, il faut faire abstraction de quelques menus défauts découlant tous d'un manque flagrant de moyens. Ils sont fauchés, et tout ce qu'ils ont, ils le mettent à l'écran (ou éventuellement en substance permettant de fournir de quoi mettre à l'écran). L'image de Psycho Sleepover est donc fort peu esthétique, format vidéo oblige. Pour ne rien arranger, les lumières sont crues et exaltent l'aspect brut du rendu et l'aliasing [1] propre au format. Toutefois, ceux qui liront cette fiche sauront à quoi s'en tenir. Et puis, vous le savez, moi ce que j'aime c'est le cinéma de genre indépendant, avec une tendresse particulière pour les no-budget !
 


 
Si un budget plus conséquent aurait permis à l'équipe de Psycho Sleepover de bénéficier d'un confort non négligeable, ils n'en ont aucunement besoin pour exprimer toute leur folie. En effet, Adam, Eric et toute leur bande de potes, compensent totalement l'absence de budget par un rythme électrique. Au cours des quelques 80 minutes que dure le film, pas un instant de répis. Lorsque ce n'est pas une blague déjantée qui frappe l'écran, c'est une paire de seins, du sang où tout simplement une idiotie monumentale. Pour en rajouter une tartine (et c'est là leur spécialité), Adam & Eric pimentent leur métrage d'une histoire d'amour impossible. Ce thème avait été déjà abordé au sein de "Yeti: A love Story", qui retraçait la rencontre entre un Yeti adepte de la sodomie et un campeur homophobe.
Au sein de la myriade de frappadingues qui envahit la soirée pyjama, certains semble vraiment atteints à l'image de cette espèce d'intellectuel efféminé qui se promène avec une énorme verge pendue autour du cou comme un trophé de guerre.
Puis soudain, au milieu de ce marasme débarque un vengeur masqué (sic).
 
 


 
Aucun doute là dessus, Adam & Eric, épaulé cette fois par Kurt Kroeber, sont des spécialistes du déglingué irrévérencieux... Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Lloyd Kaufman fait une apparition dans leur métrage. Complètement tromatisés les p'tits gars. Tous les ingrédients de choix propres à Troma sont ici réunis : du sang, du vomi et des nichons. Le tout distillé par des esprits emprunts d'une connerie monumentale.
C'est que ça fait rudement du bien de voir qu'il y a encore des gens assez fous pour accoucher d'un tel capharnaüm audiovisuel. Pas un radis, mais des tas d'idées, et du courage pour les mettre en forme, voilà ce qui fait toute la force de l'équipe de Psycho Sleepover. Et par équipe j'entend aussi bien les réalisateurs, scénaristes, que les acteurs, compositeurs et autres... A noter, en cadeau bonux, une courte apparition de Felissa Rose.
 


 
Au final, Psycho Sleepover est une petite douceur qui ravira les amateurs de cinéma indépendant américain. Mais attention, c'est parfaitement fauché, et l'aspect vidéo en rebutera plus d'un. Pour autant, quel bel exemple de long métrage fait avec trois bouts de ficelle. Et le mieux, c'est que jamais au cours de la séance, le spectateur se sentira insulté. A moins évidemment, qu'il ait pris Psycho sleepover pour un slasher friqué. Alors là, déception car ce n'est ni un slasher, ni un exemple de production gargantuesque.
A bon entendeur...
 



4/6 - Colin VETTIER



[1] crénelage observé principalement sur les lignes obliques, provoqué par le traitement numérique d'une image.


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