new york ne repond plus - the ultimate warrior - 1975 un film de Robert Clousenew york ne repond plus


Colin VETTIER




4,5/6 - Colin VETTIER







NEW YORK NE REPOND PLUS
( THE ULTIMATE WARRIOR )

Cette critique a été consultée 913 fois


Vous aimez la poussière, la rouille et les rats ? Vous attendez la fin du monde avec impatience ? Alors New York ne répond plus saura vous charmer.

Dans un futur lointain – c’est-à-dire en 2012 (sic) – le monde se résume à une immense déchetterie où quelques êtres humains, rassemblés en communauté, tentent de survivre. Dans cet univers déstructuré, la seule loi qui prévaut est celle du Talion. Les plus faibles (et / ou les plus désorganisés) sont donc écrasés par les autres.
Au milieu de cet enfer, un groupe de survivants tente de rester en vie, loin des meurtres et du pillage. Barricadés dans leurs quartiers, ils s’organisent en véritable société avec des lois et des valeurs. A leur tête, Le Baron, un vieil homme désabusé mais juste. Contrairement aux autres chefs de bandes, ses priorités semblent beaucoup plus humbles. Il organise la vie dans le repaire le plus paisiblement possible et chouchoute Cal, un génie en agronomie, qui a réussi à faire pousser des légumes.

Prêts pour un petit voyage par delà l’apocalypse ?

Dans les années 70, à l’époque où l’expression "films d’exploitation" faisait référence à un genre et non pas au fait de dépouiller honteusement le public en le forçant à ingérer des pelletés de bouses ; dans les années 70 disais-je, le post-nuke était à la mode. L’Europe (tout particulièrement l’Italie) et les Etats-Unis accouchaient d’une pléthore de longs métrages post-apocalyptiques. Pour vous éviter tout mal de crâne inutile, je ne vous ferai pas un inventaire à la Prévert de ce que le septième art a pu offrir comme post-nuke. D’abord parce qu’on y serait encore en 2012, et puis parce que c’est une critique ici, pas une liste de courses. Alors si tu veux te faire chier, tu va chercher l’annuaire.

A cette époque là, donc, la peur d’une apocalypse nucléaire a inspiré grand nombre de scénaristes. La guerre froide aidant, le seul futur possible ressemblait à un camp d’entrainement militaire au fin fond du désert du Sahel. Les ressources arrivent toutes à leurs fins, plus d’eau, plus de nourriture, et plus de verdure. Quant aux survivants… et bien, ils survivent. Mais dans l’ensemble, ils se mettent bien sur la gueule. Après tout, si les scénaristes avaient proposé comme vision du future, la paix, des ruisseaux et des oiseaux, ça aurait été une comédie, et pas un post-nuke.

Bref, l’idée est exploitée jusqu’à la trame, par les petits (Roger Corman et autres) comme les "grands" (George "Mad Max" Miller). Et quelques années avant que Mel Gibson n’aille respirer la poussière du désert Australien, Robert Clouse délivre sa vision de l’apocalypse avec deux premiers rôles prestigieux.



Dans New York ne répond plus le premier rôle est partagé par Max Von Sydow, et Yul Bruyner. Max Von Sydow, entre deux épisodes de "L’exorciste" incarne ici le Baron. Un homme relativement mûr à la contenance quasi aristocratique. Ses valeurs vont à l’encontre de celles qui animent le monde imaginé par Robert Clouse. Ce que le Baron veut c’est la pérennité de l’espèce humaine, dans la paix et à l’abri du besoin. Face à lui Yul Bruyner campe Carson, un guerrier recruté pour son talent à mettre fin aux problèmes à grands coups de tatane. Il n’est pas assoiffé de sang, mais désire louer ses talents à l’arme blanche au plus offrant. Et le Baron à un argument de choc… que vous découvrirez dans le film.

C’est un sacré spectacle, que de voir ces deux monuments du cinéma évoluer dans un univers post-apocalyptique fait de bric et de broc. D’autant plus impressionnant que Yul Bruyner est constamment torse nu. Après tout c’est lui le guerrier ultime [1] alors autant qu’il montre pourquoi il est ultime – même si le "ultime" des années 70 n’est pas le même que celui d’aujourd’hui. New York ne répond plus fait donc double emploi, en plus d’un divertissement de bonne facture, il est aussi un document historique. Quoi qu’il en soit, la présence des deux vétérans du septième art, est un atout considérable pour le film.



Hormis messieurs Bruner et Von Sydow, qui apporte le poids de leur charisme au film, le reste est un peu léger. En effet, dans le marasme des films dits post-nuke, un peu d’originalité ne fait jamais de mal. Sinon, le métrage finit par disparaître dans les limbes des archives cinématographiques mondiales pour ne jamais en sortir.

C’est le cas de New York ne répond plus, qui non seulement ne révolutionne pas le genre, mais en plus n’y apporte aucun élément d’originalité. Dommage, car le film s’épargne les tares majeures en réussissant à recréer un environnement raisonnablement crédible. Les rues sont couvertes de sable et jonchées de détritus. Par endroits, des carcasses de camions et de voitures, rouillent tranquillement. Les immeubles et autres bâtisses semblent désaffectées, et font donc illusion. Certes, par endroits, l’apocalypse fait toc, mais cela participe au charme désuet du métrage. Dans l’ensemble, la réalisation s’arrange donc pour ne montrer que ruines et désolation. Pas de chichi, ni de superflu, Robert Clouse opte pour l’efficacité. Une dose d’esthétisme supplémentaire n’aurait pourtant pas été de trop.

Le service minimum est assuré et c’est déjà pas mal. D’autant qu’en matière de service minimum Robert Clouse s’y connait puisqu’il a réalisé de ses petites mains "Opération Dragon" et les "Les Rats Attaquent". Faut dire que Robert, il est vachement balaise pour faire des miracles avec deux bouts de ficelles. C'est ça le cinéma d'exploitation !



De fait, New York ne répond plus ne révolutionne pas le genre. Au contraire, il aurait tendance à enfoncer des portes ouvertes, et à jouer de bien grosses ficelles. A cet égard, Robert Clouse enchaine les monologues didactiques du Baron. Une technique pour le moins poussive et désagréable visant à justifier l’univers délabré du film.
Pour un post-nuke plus original il faudra plutôt se tourner vers "Apocalypse 2024" ou mieux, "Six-Strings Samourai". Chacun de ces deux films [2] offre des innovations scénaristiques et de réalisation, qui leur permettent de se démarquer des autres films du genre.
Peu original mais efficace, New York ne répond plus plaira aux aficionados du genre, et aux amateurs de cinéma d’exploitation un peu kitsch. Les autres n’y trouveront qu’un film d’action mollasson et poussiéreux (dommage pour eux – ceux-là préfèreront regarder "Attention à la Marche", une émission qui leur procure leur dose d’adrénaline ou "I am Legend" viol adaptation de l’œuvre de Richard Matheson).
Pour ne rien gâcher, les nappes musicalement dépassées, mais délicieusement désuètes de Gil Melle, rythment le film.

Je ne vous fait pas de résumé de la chronique que vous venez de lire. Sachez tout simplement que le film sera disponible en version francophile.

EXTRAIT :



4,5/6 - Colin VETTIER



[1] le titre original est « The Ultimate Warrior », soit « le Guerrier Ultime ».
[2] bien sûr, ce ne sont pas les seuls post-nuke un tant soit peu originaux

Disponible en dvd zone 2 chez Aquarelle


Si vous avez aimé ce film vous aimerez peut être :

. . . . . .



voir les anciens commentaires





Cliquez ici pour ajouter un commentaire
 
Rédacteur :