hush en route vers l enfer - hush - 2009 un film de Mark Tonderaihush en route vers l enfer


Stéphane ERBISTI




4/6 - Stéphane ERBISTI







HUSH EN ROUTE VERS L ENFER
( HUSH )

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Zack et Beth roulent de nuit sur l’autoroute. Beth accompagne son petit ami qui doit coller des affiches publicitaires dans les stations service qui jalonnent leur parcours. Leur relation n’est pas au beau fixe et les tensions se font de plus en plus fortes. Lorsqu’un camion manque de les emboutir suite à une maladresse de Zack, ce dernier croit apercevoir, à l’arrière du véhicule, une femme nue enfermée dans une cage. Le couple décide de suivre le camion pour en avoir le cœur net…

Que voici une sympathique série B comme on les aime. Premier long-métrage de l’anglais Mark Tonderai, réalisé avec un budget restreint, HUSH s’avère très efficace même si on ne peut pas dire que le scénario fasse dans l’originalité. On pense effectivement à un tas de films en visionnant les périples de Zack et Beth : "Duel" de Steven Spielberg, "Une virée en enfer" de John Dahl ou bien encore à "Breakdown" de Jonathan Mostow, par exemple. Nous sommes bien en présence d’un survival routier, où des gens innocents se retrouvent pris au piège d’un dangereux camionneur, kidnappeur de jeunes femmes et meurtrier sans état d’âme par dessus le marché. Rien de neuf à l’horizon donc et pourtant ! Le film fonctionne du tonnerre et s’avère être un excellent thriller, énergique, dynamique, très bien interprété et qui vous réservera bien des montées d’adrénaline.



Le point fort du film reste irrémédiablement son casting, et principalement son duo d’acteurs. Le couple formé par Zack et Beth est vraiment très réaliste et nous rappelle celui formé par Kate Beckinsale et Luke Wilson dans l’excellent "Motel", film auquel "HUSH fait également quelques allusions. William Ash (Zack) et Christine Bottomley (Beth) sont très attachants et le réalisateur nous les fait prendre en affection en les mettant dans la position du couple en proie au questionnement, au sein duquel rien ne va plus. La disparition de sa dulcinée fera prendre conscience à Zack combien Beth est importante pour lui, et il en sera de même pour cette dernière, bien contente que son petit ami à qui elle reproche bien des choses ne l’ait pas laissé tomber suite à leurs disputes et à son annonce de rupture. Un couple normal donc, auquel il est facile de s’identifier, ce qui permettra au réalisateur d’emmener le spectateur là où il veut avec facilité et surtout efficacité.

L’autre personnage principal reste bien sur le mystérieux camionneur. Gaulé comme un athlète, avec un visage toujours dissimulé dans l’ombre, il apparaît comme une présence maléfique, dont on ne sait rien, si ce n’est qu’il est cruel et ne possède aucun sentiment de compassion pour ses victimes. Une sorte de boogeyman comme on en voit des tas. Il ne restera pas dans la tête de liste des méchants les plus marquants du cinéma, ça c’est sûr, mais il fait ce qu’on attend de lui, demeurant monolithique, sans discours à prononcer, tel un Michael Myers adepte de l’enlèvement sur des aires d’autoroutes.



Une fois les deux personnages principaux bien définis lors du premier quart d’heure du film, le réalisateur peut alors se laisser aller et faire bifurquer sa petite romance aux relations tendues vers le survival et le thriller. Le procédé n’est certes pas nouveau non plus, mais cette vision furtive d’un corps de femme nue enfermée dans une cage qui s’offre aux yeux de Zack, ainsi qu’aux nôtres, est diablement efficace et nous plonge en une fraction de seconde dans la spirale infernale qui va suivre. Et pour une fois, le héros du film a des réactions qui s’avèrent elles aussi normales et qu’on pourrait tous avoir. Zack n’est pas Bruce Willis. Il a peur, n’ose pas aller ouvrir le haillon du camion alors qu’ils sont bloqués dans un embouteillage, préfère lâcher l’affaire une fois la police alertée, au grand dam de sa compagne. Pourtant, une fois qu’il se retrouvera vraiment embarqué en enfer lors de la disparition de Beth, il faudra bien que héros, il le devienne. Mais un héros humain, avec ses peurs, ses craintes, mais aussi son désir de ne pas laisser tomber la femme qu’il aime.

La suite du film alterne entre course-poursuite, tentatives de Zack d’approcher du camion, apparition de nouveaux personnages, rebondissements, retournement de situations, séquences bien stressantes (le jeu de cache-cache entre Zack et le camionneur dans les WC, puis dans un labyrinthe de container vers la fin), et une petite scène bien sympathique qui vous clouera dans votre fauteuil, tout comme le héros d’ailleurs…

Le temps passe très vite, on ne s’ennuie pas un instant, Mark Tonderai gère bien son espace, son histoire, propose un montage nerveux, fait preuve d’une bonne maîtrise de la caméra, a de bonnes idées, mixe pas mal d’éléments et de sous-genres vus dans les films d’horreur récents et parvient à faire de son film, que le déjà-vu aurait pu tuer sur place, un long-métrage vraiment plaisant et qui fait son petit effet.
On regrettera par contre que les motivations du camionneur soient si peu exploitées, pour ne pas dire complètement zappées ! Pourquoi kidnappe-t-il des jeunes filles ? Pourquoi les garde-t-il dans des cages chez lui ? Pour les revendre ? Pour faire un trafic d’humains ? Les faire tourner dans des snuff movies ? Pour son plaisir personnel ? Mystère total ! Ce sera l’un des rares bémols que je ferai, avec quelques petites facilités scénaristiques qu’on pardonnera bien vite au vu des autres qualités qui émanent de ce long-métrage.



Amateur de thriller routier, je ne peux que vous conseiller ce HUSH EN ROUTE VERS L’ENFER qui égaillera sans problème votre soirée du samedi soir. Ne vous laissez pas perturber par le côté "déjà vu" du scénario, et laissez-vous embarquer dans une descente aux enfers franchement réussie. Il est clair que pour son premier film, Mark Tonderai bouffe un peu à tous les râteliers, brasse de nombreuses influences, fait référence à de nombreux films, mais cela ne joue pas en défaveur de HUSH qui malgré son côté un peu fourre-tout trouvera sûrement son public en DVD, tout comme il l’a trouvé dans les différents festivals où il a été présenté. Une bien agréable découverte.

4/6 - Stéphane ERBISTI



Disponible en dvd chez CTV


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