dans ton sommeil - dans ton sommeil - 2008 un film de Caroline du Potet, Eric du Potetdans ton sommeil


Jérémie MARCHETTI




3/6 - Jérémie MARCHETTI







DANS TON SOMMEIL
( DANS TON SOMMEIL )

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Presque un matin comme un autre pour Sarah et sa petite famille. Presque... En voulant tenter une fugue, le fils de Sarah fait une mauvaise chute et meurt sur le coup.
Les années ont passé et Sarah vit encore dans sa maison de campagne, seule, subvenant à ses besoins grâce son métier d'infirmière. Une nuit, sa voiture percute un jeune garçon du nom d'Arthur : en le ramenant chez elle, la jeune femme va comprendre très vite que l'adolescent est actuellement poursuivi par un fou furieux...

Etonnant qu'un tel petit film ait pu faire l'ouverture du festival de Gérardmer 2010 tant son apparence inspire assez peu : bien que tourné en 2008, Dans ton sommeil ne sortira sur les écrans que dans quelques semaines, distribué par Albany Films, assez peu remis du carnage "Lady Blood" et comportant en tête d'affiche quelques has-been assez talentueux.

Ce fut en tout cas la confirmation de la tendance "réalisation à quatre mains", vu que "La horde" et "Amer" furent projetés les jours suivants. Mais qu'on ne s'y trompe guère, Dans ton sommeil n'a rien du trip référentiel que sont les films précités. C'est d'ailleurs un des bons points de ce titre franchement bancal...



Les premières images mettant en scène le sempiternel trauma de l'enfant tué accidentellement (qui reviendra durant le festival avec Hierro ou The door) révèlent d'ores et déjà une mise en scène peu inspirée (voire "téléfilmesque") et une photographie terne : bref, rien qui ne mette foncièrement en confiance. L'on passe sur l'emploi inutile de Jean-Hughes Anglade, uniquement présent lors des premières minutes, et sans doute victime de copinage, laissant sa place à une Anne Parillaud bien décidée à mettre le paquet (comme elle peut) et un Thierry Frémont habité. Quant au jeune acteur principal, rien ne passe. La vilaine fausse note...



Cette nuit de l'horreur tient malgré tout en haleine, arrosant son récit de flashbacks apportant un nouveau ressort dramatique et horrifique : on évitera de révéler quoique ce soit à ce sujet, histoire de préserver l'intérêt principal du film.

Tout ceci s'éloigne donc du fracas référentiel tendance, mais s'approche (involontairement ?) d'une imagerie à la fois moderne et européenne, au cachet "faits divers" tout à fait malsain : on pense à ces grandes maisons design paumées au milieu de la cambrousse, ces nids douillets rapidement maculés de sang car victimes d'opprimés instables ou de dégénérés passant par là. Une atmosphère très semblable à Mort un dimanche de pluie, Funny Games ou à la première partie de Martyrs (avec une scène de massacre plus ou moins semblable, mort d'enfant incluse), partageant le même goût pour une esthétique froide, une violence sans concession et des motivations meurtrières faisant généralement froid dans le dos.



Aucune idée si le couple Potet affectionne le genre mais une chose est sûre : les débordements graphiques ne leur font pas peur, comme en témoigne un nombre assez important d'égorgements au cutter et de mutilations (pied émaillé de morceaux de verre, crâne éclaté à coups de pierre, empalement...). Un désir d'aller plus loin culminant dans une scène onirique édifiante de gratuité, ne servant là qu'à meubler de manière poussive une dernière partie plus ou moins en bout de course. Beaucoup de maladresses pour un thriller sanglant se laissant pourtant regarder, sans doute car il a au moins le bon goût de ne jamais faire sourire ou de ne jamais tomber dans le Z franchouillard (bien que ce cadavre qui respire...hum...).

La relation trouble entre Arthur et Sarah aurait mérité plus de soins, l'une trouvant dans l'ado un nouveau fils alors que l'autre y voit une créature désirable et esseulée ; chacun étant alors traversé de désirs culminant entre tendresse et animosité. Un meilleur traitement est demandé à l'accueil !

3/6 - Jérémie MARCHETTI





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