buveurs de sang (i drink your blood) - i drink your blood / phobia - 1970 un film de David Durstonbuveurs de sang (i drink your blood)


Stéphane ERBISTI




5/6 - Stéphane ERBISTI

4/6 - Lionel Colnard

4,5/6 - Jérémie MARCHETTI

4/6 - Lionel JACQUET




BUVEURS DE SANG (I DRINK YOUR BLOOD)
( I DRINK YOUR BLOOD / PHOBIA )

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Une bande de hippies, dirigée par le charismatique Horace Bones, se livre à des pratiques satanistes et agresse la jeune Sylvia lors d’une messe noire. Installée dans un vieil hôtel abandonné situé dans le village de la jeune fille, la bande reçoit la visite du grand-père de cette dernière, accompagné par Pete, son jeune frère. La confrontation tourne à l’avantage d’Horace et de ses membres, qui n’hésitent pas à droguer au L.S.D. le vieux monsieur. Pendant la nuit, Pete abat un chien enragé. Une idée de vengeance lui vient alors à l’esprit et il décide d’injecter le sang contaminé du chien dans des tartes qu’il vend aux hippies. Le résultat explosif ne se fait pas attendre…

Amateurs de films décalés, de petits budgets tournés avec passion, et d’exploitation movies horrifiques des années 60/70, bienvenue dans le monde de I Drink your Blood ! Si vos références sont les films d’Herschell Gordon Lewis, de Ted V. Mikels, de Robert Lee Frost ou Larry Buchanan, entre autres, vous allez être comblés de bonheur et de joie avec le film de David E. Durston, qu’on pourrait qualifier d’archétype du cinéma Grindhouse, terme très à la mode depuis la sortie du dyptique de Tarantino/Rodriguez ("Boulevard de la mort" / "Planète Terreur" pour ceux qui ne suivraient pas !).

L’origine de ce film totalement culte (et pour une fois, le terme n’est pas galvaudé) provient du producteur Jerry Gross qui demanda à David Durston de réaliser le plus horrible film d’horreur jamais vu, qui surpasserait tous ceux existants, sans avoir recours aux traditionnelles figures mythiques du vampire, du loup-garou, de la créature de Frankenstein ou autres extraterrestres. David Durston venait justement d’avoir eu vent d’une tragédie qui s’était déroulé en Irak, lors de laquelle des enfants d’une école avaient tous été mordus par des loups enragés. Un médecin spécialiste de la rage avait filmé des images sur place et les avait montrées à David Durston, qui fut assez choqué de voir des enfants enfermés dans une cage, la bave aux lèvres. D’où l’idée générale de l’histoire, qui était de contaminer tous les habitants d’un petit village par la rage. A la même époque, le gourou Charles Manson et sa secte sataniste faisaient causer d’eux. David Durston eu donc l’idée de mixer ces deux aspects et rédigea un scénario, qu’il appela PHOBIA, en rapport avec le comportement hydrophobique des personnes ayant contracté la rage. Le producteur Jerry Gross n’aimait pas du tout ce titre. Pendant le tournage, la dénomination était devenue "State Farm" mais Jerry Gross voulait quelque chose qui claque vraiment et décida d’appeler le film "I Drink your Blood", provoquant l’incrédulité du réalisateur qui ne voyait pas vraiment le rapport avec son film. On ne peut d’ailleurs que lui donner raison, puisqu’à part dans la scène d’introduction où le gang se livre à une messe noire et boit du sang de poulet, il n’y a aucune séquence où l’un des personnages se rafraîchit le gosier avec le précieux liquide rouge.

On peut néanmoins féliciter le producteur, parce que le titre fait dans le Grand-Guignol et éveille immédiatement un réel intérêt pour qui est amateur de ce type de films. Jerry Gross récidivera d’ailleurs, puisqu’il acheta le film Zombie Bloodbath du réalisateur Del Tenney (1964) et qu’il en changea le titre pour un "I Eat your Skin" beaucoup plus provoquant, ce qui lui permis de faire tourner les deux films en double programme dans les cinémas, le résultat sur les affiches étant on ne peut plus percutant : "I Drink your Blood / I Eat your Skin" ! Terrible non ?



"I Drink your Blood" nous présente donc les agissements peu sympathiques d’une bande de hippies, qui ne sont pas vraiment très "peace and love" et préfèrent glorifier Satan et commettre de multiples méfaits, sous l’influence de leur chef Horace Bones, excellemment bien interprété par l’acteur danseur chorégraphe Bhaksar Roy Chowdhury, qui eu un grave accident en 1977 et fut condamné à passer le reste de sa vie en fauteuil roulant, avant de mourir en 2003. Il eut néanmoins le temps de participer au commentaire audio du film en compagnie de David Durston et pu revoir sa prestation magistrale avant de mourir. Le personnage d’Horace, le réalisateur le reconnaît lui-même, est directement inspiré de Charles Manson. On notera d’ailleurs, lors de la séquence où le gang décide de s’amuser avec l’un des leurs qu’il n’aime pas beaucoup, que l’une des filles de la bande écrit avec son rouge à lèvres le mot PIG sur le torse du garçon, comme le faisait les membres de la secte de Manson. D’où un aspect légèrement malsain, car même si le film flirte avec le ciné d’exploitation et donc avec la notion de spectacle, certaines situations apparaissent comme crédibles et ne prêtent pas à sourire (l’agression du grand-père par exemple).

Il en va de même avec les séquences de messes noires, où les incantations proférées sonnent justes, et pour cause, l’une des amies de David Durston faisant partie d’une secte satanique et l’ayant conseillé lors de l’écriture des dialogues. Bref, on n’est pas forcément dans du cinéma-vérité mais on sent que le réalisateur a vraiment voulu soigner son film et lui donner un maximum de réalisme. Réalisme qui sera mis à mal lors de séquences à effets spéciaux, peu crédibles, mais qui participent pleinement au statut de culte du film ! Nous y reviendrons…

Le reste du casting de "I Drink your Blood", composé essentiellement d’acteurs peu connus ou de figurants de théâtre, est franchement très bon pour un film de ce type. Les membres du gang ont des comportements divers, variés, et chaque personnalité a son intérêt, entre le noir qu’on sent épris de pouvoir, l’asiatique qui semble vraiment très bizarre, la femme enceinte rigolote, la muette aux yeux étranges ou bien encore le blondinet qui ne semble pas à sa place et préfère passer du temps avec la jeune Sylvia. Un melting pot de diverses influences, montrant que le pouvoir d’un gourou peut réunir des personnes de différents milieux, de différentes catégories.

Parmi les bons personnages, on trouve le jeune Pete, joué avec conviction par Riley Mills, dont ce sera la seule apparition sur un écran. Peut-être parce que lors du tournage, ce jeune enfant croyait que tout ce qui arrivait était vrai et que Bhaksar s’amusait à le taquiner, se faisant vraiment passer pour un sataniste. Autre personnage important, le grand-père, joué par l’acteur de théâtre Richard Bowler, qui verra sa meilleure scène, le trip au L.S.D., coupée au montage. On trouve aussi deux jeunes amoureux, interprétés par Elizabeth Marner-Brooks et le jeune premier John Damon, qui obtiendra le rôle principal dans "The Blue Sextet", un autre film de David Durston. La jolie Sylvia est quant à elle jouée par Iris Brooks. Tous ces personnages sont parfaitement à leur place et même si leurs prestations ne resteront pas dans les mémoires, ils s’en sortent vraiment bien, participent pleinement à l’ambiance du film et ont prend plaisir à les suivre dans ces mésaventures comico-sanglantes.



"Comico-sanglante", le terme est lâché ! Parce qu’effectivement, malgré quelques scènes un peu glauques, on se marre bien devant "I Drink your Blood". Une fois la rage commençant à se propager parmi nos hippies, puis parmi la population environnante, avec notamment des ouvriers s’étant fait un petit plaisir avec les charmes d’une hippie contaminée, les situations deviennent rapidement hors normes, excessives, jouissives. Déjà, voir les acteurs déambuler avec du yaourt simulant la bave autour des lèvres pour donner l’impression d’être enragés, c’est un grand moment ! Mais ce ne sera rien comparé à ce qui nous attend. Parce que la rage, ça rend agressif.

Les infectés vont alors avoir un comportement plus que violent, n’hésitant pas à tuer toutes personnes non contaminées. On assistera alors à quelques saynètes usant de l’effet gore qui feront bien halluciner les fans de bricolage faits maison et de débrouillardise ! Main en plastique coupée par un couteau électrique, tête sectionnée à la machette et exhibée fièrement à bout de bras dans la rue, femme enceinte se plantant un pieu dans le ventre, pendaison, David Durston se lâche, s’autorise tous les excès (pour l’époque) et nous livre un final apocalyptique, outrancier, mais totalement jubilatoire, amplifié par l’excellente partition musicale décalée de Clay Pitts. Le spectateur hagard ne peut quitter les yeux de l’écran, ne voulant qu’une seule chose : voir encore plus de meurtres !

A son époque, "I Drink your Blood" fut le premier film à écoper d’un classement X pour violences. On pourra trouver ce jugement de la MPAA assez surprenant puisqu’un certain Herschell Gordon Lewis avait déjà fait dans le gore avec ses classiques "Blood Feast" ou "2000 Maniacs" par exemple, qui se révèlent plus sanglants au final que le film de David Durston. Est-ce les allusions à la famille Manson qui aiguilla la MPAA vers cette classification ? Possible…

Ce qui est sûr, c’est que "I Drink your Blood" aligne les scènes cultes avec une parfaite alchimie (la scène du barbecue à base de…rats morts !!!), les répliques ahurissantes, le tout dans une bonne humeur communicative !



Ce qui pourra apparaître comme une série bien Z aux yeux des spectateurs non avertis ou néophytes en la matière, se transformera en un pur bonheur pour cinéphiles décalés ! Grâce à Néo Publishing, je vais enfin pouvoir mettre de côté ma vieille copie NTSC non sous-titrée de ce petit bijou et replonger avec un plaisir non dissimulé dans le monde fou, fou, fou de "I Drink your Blood" ! N’hésitez pas à m’y rejoindre, effet garanti !

A noter pour les collectionneurs que le film est sorti en VHS en France sous le titre de "Buveurs de Sang", avec une excellente jaquette qui a fait fantasmer bien des fans !

5/6 - Stéphane ERBISTI


AVIS DES AUTRES REDACTEURS :

"- Je me pose des questions sur toi
- Tu ferais mieux de prier pour que j'oublie ce que tu viens de me dire".

Voilà grossomodo la scène la plus grisante du film, alors que l'un des gars se prend une tarte ( non, pas au sens propre cette fois ) et fait tomber son cure-dent magique qui va réapparaitre le plan suivant. Vous l'aurez compris, Buveurs de Sang n'est pas un monument cinéphilique, mais plutôt un monument du pseudo gore qui fait poiler de rire tellement il est mal fichu. Notez au passage la bave gazeuse des pauvres figurants. Le pire, c'est que c'est de là que vient la "force" du film, on est morts de rire du début à la fin.
Bon, sur ce, je vous laisse, j'ai une booooonne tarte à la viande sur le feu.

4/6 - Lionel Colnard


La musique du film a été reprise dans un clip de Rob Zombie


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voir les anciens commentaires



  Avis de Lionel J. sur buveurs de sang (i drink your blood)
C'est du Z, faut aimer le Z. D'où ta déception j'imagine.
Etant donné le budget, l'époque et la liberté de ton, oui ça vaut largement la moyenne.

Ben voilà, rien à voir avec du Mattei
  Blob Oscur.DestalAvis de Oscur.Destal sur buveurs de sang (i drink your blood)
Mal joué, mal filmé, mal monté, mal doublé, avec une image pourrie, un son pourri, des musiques INSUPPORTABLES pour l'oreille humaine et des dialogues clichés ; long et chiant (je suis en train d'écrire ce texte pendant que j'ai mis le film en pause), ce film est peut-être culte au pays des nanars mais sûrement pas dans le monde des films subversifs (toutes les scènes sont l'apogée de la ringardise). Le scénario pourrait être marrant mais il est le condensé à lui tout seul de tout ce qui ce fait d'amateur et d'incohérent (la fille violée qui s'en remet en deux jours et pardonne au gars qui l'a emmenée se faire violer, la police absente du film, les hippies qui laissent partir le vieux en lui rendant son fusil, moultes scènes de gens qui se cachent derrière trois feuilles et deviennent invisibles...). La dernière fois que j'ai été affligé à ce point par une œuvre vintage pseudo-culte, c'était devant "La Dernière Maison Sur La Gauche". Allez, je finis quand même le film avant de poster ma critique notée...

Mention spéciale pour la brochette d'acteurs tous plus tête-à-claques les uns que les autres, en particulier l'asiatique et sa vieille gueule, le gosse doublé par le doubleur de Titi (dans "Titi et Gros Minet"), et la jeunette du groupe de hippies qui est muette sauf quand il s'agit de crier.

Pitié, dîtes-moi que vous avez mis 6 à cette daube comme on met 6 à un film de Bruno Mattei.

A conseiller à ceux qui aiment les coiffures modernes de "Ma Sorcière Bien Aimée", les combat épiques de "Amicalement Vôtre", le Ketchup pour faire le sang et la mousse à raser pour faire comme si on avait la rage.
  Avis de izual sur buveurs de sang / i drink your blood
Un film de série B jouissant et délirant du début à la fin...
Conseillé à tout les amateurs de films d'exploitation décalés!!
  avis de OneBadBandito
Bon film méconnu.
Vraiment bien monté et comportant d'assez bonnes scènes de folies.
Le film est par moments bien délirants et prête gentiment à rire.
Les acteurs sont moyens.

(Mon avis n'engage que moi)
  Blob snakeavis de snake
Sans être une pièce maîtresse du genre, ce film se doit d'être vu par les personnes appréciant la série B, voire Z, et les films autres. Les spectateurs non avertis n'y trouveront aucun intérêt.


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