Stéphane JOLIVET
5,5/6 - Stéphane JOLIVET
5/6 - Gérald GIACOMINI
2,5/6 - Vincent DUMENIL
6/6 - Christophe JAKUBOWICZ
3,5/6 - Lionel JACQUET
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1982, désert du Mojave : Swann et ses amis libèrent une petite fille des griffes de Nix, gourou d'une secte fanatique. Contaminé par les pouvoirs du sorcier, il parvient néanmoins à le mettre hors d'état de nuire.
1995, New York : le détective privé Harry d'Amour, au sortir d'une affaire éprouvante (un cas de possession), est chargé d'une enquête de routine à Los Angeles. Mais très vite, ses investigations bifurquent dans une autre direction.
Dorothea, la belle épouse de Swann (et qui n’est autre que la petite fille sauvée autrefois), charge en effet Harry d'Amour d’élucider les meurtres et disparitions dont sont victimes les anciens amis de son mari, devenu l’illusionniste le plus célèbre de la côte Ouest. Et c’est à ce moment précis que, lors de son dernier spectacle, Swann trouve une mort atroce.
Méconnu du fait des conflits qu’il provoqua avec les producteurs de la MGM (une malédiction attachée à Clive Barker depuis "Nightbreed" avec la Fox Entertainment, et qui n’est pas étrangère à sa longue abstinence cinématographique depuis), "Lord of Illusions" constitue une excellente tentative d’incorporer aux canons hollywoodiens un univers à la fois terrifiant, magique et gore.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il fut si malmené, ne sortant en salle que dans une version désavouée par l’écrivain/cinéaste. Les grands producteurs américains n’aiment pas les mélanges ("Ceci n’arrivera jamais dans un film de la MGM", ne cessait obtusément de répéter son P.D.G. chaque fois qu’il regardait les rushes de Clive Barker!), et seule l’édition DVD permit au film de retrouver son intégralité.
Malheureusement pour nous, l’édition zone 2 a inexplicablement décidé d’honorer la tradition d’imbécillité de Franck Mancuso (ex-directeur de la MGM), ne distribuant qu’une version amputée de près de 10 minutes, et ce alors même que l’édition VHS bénéficiait d’ores et déjà de la version "Director’s Cut"! C’est donc bien évidemment sur cette dernière que se base cette critique.
"Lord of Illusions" traduit à merveille l’univers de Clive Barker : un monde où la poésie côtoie l’horreur et la violence la plus pure, et où le réel quel qu’il soit ne tarde jamais à se fendre, tel une peau trop molle, ouvrant sur les révélations d’un ésotérisme original, noir et sanglant. De film en film, pourtant (de même, de livre en livre), une évolution a eu lieu, aussi bien du point de vue du réel que de l’imaginaire.
Comme à son habitude, Barker commence son film en nous plongeant immédiatement dans les arcanes étranges et brutaux d’une communauté liée par un savoir surnaturel. La séquence d’introduction, magnifiée par la musique solennelle, sinueuse et ténébreuse de Simon Boswell, suffirait à elle seule à faire du film un chef d’œuvre : photographie parfaite du désert Mojave où la poussière, l’aridité et les relents de mort sont palpables, dont le sol se creuse de profondeurs glaçantes. Souci hallucinant du détail, où l’on retrouve toutes les obsessions picturales du Barker peintre et dessinateur. Dialogues brefs et crus qui nous immergent sans apprêt dans la logique d’un "ailleurs" terrifiant. Personnages aux profils indécidables de vulnérabilité et de cruauté. Mouvements de caméra somptueux, cadrages qui font de chaque image un tableau unique, et montage d’une limpidité confondante. C’est toute la puissance et la singularité de Clive Barker, de nous capturer par effroi et fascination dans une réalité autre et pourtant aussitôt familière.
Toutefois la dimension fantastique prend ici une tournure toute autre que dans les films précédents. Il ne s’agit plus de matérialiser les profondeurs inconscientes et torturées du désir ("Hellraiser"), ni de célébrer les glorieuses tribus d’un imaginaire frappé d’ostracisme ("Nightbreed"). Nix est un homme devenu démon pour avoir voulu être un dieu, et dont le règne ne peut être que celui d’un nihilisme ravageant. Swann, son opposé tourmenté, connaît l’issue ultime et dangereuse de la magie, et, après avoir essayé de n’en diffuser que les bienfaits spectaculaires, cherche à se soustraire entièrement à son attirance. Le détective Harry d’Amour lui-même, ainsi que le montrera une carte de tarot prémonitoire, est comme prédestiné à rencontrer les manifestations de cet outre-monde générateur d’ultra-violence, de fanatisme et d’apocalypse, ce dont attestaient déjà les flashes-back tétanisants de sa dernière enquête.
On le voit, l’univers de Barker est arrivé à la croisée des chemins : le surnaturel lui-même s’est divisé pour engager un affrontement en son propre sein. Sa portée est devenue métaphysique, c’est-à-dire qu'elle s'interroge sur ses propres valeurs et significations, sans pour autant quitter le territoire bien concret du cœur et de la chair.
Car la grande victoire de "Lord of Illusions" n’est pas seulement dans le duel machiavélique et effrayant que se livrent artifices et magie noire. Si Barker a pu pousser aussi loin la mise en image de cet univers unique, et s’il a pu prendre un si malin plaisir à jouer avec le vrai et le faux, ménageant un suspens qui ne nous lâche pas une seconde, c’est également parce qu’il a ancré son récit dans une base ultra-solide, usant de procédés réalistes comme jamais il ne l’avait fait auparavant.
Mais attention, procédés réalistes ne veut pas dire réalisme tout court. Clive Barker n’a jamais eu l’intention de sortir de la sphère fictive, et par conséquent ne recourt jamais à des techniques cherchant à reproduire un caractère documentaire à la "Blair Witch", pour prendre un exemple facile, ni ne verse dans un quelconque naturalisme, social ou autre. Il n’y a pas de discours sur la réalité du monde tel qu’il se donne en dehors de l’art, chez Clive Barker, pour la bonne et simple raison que tout, pour lui, se pose en problème exclusivement artistique. S’il y a bien des distinctions de classes sociales dans ses films, celles-ci ne prennent un sens que par rapport à son univers imaginaire. Par exemple, si Swann est devenu riche, c’est parce qu’il a fait un usage ludique mais trompeur de la magie, véritable illusion pour le coup, dont les atours protecteurs s’effondreront de manière d’autant plus frappante. Et si les adeptes de Nix sont au départ des bourgeois de la classe moyenne, c’est une manière de signifier l’étendue générale du pouvoir du sorcier, rien d’autre.
Les procédés réalistes consistent donc plutôt à utiliser les codes d’un genre qui servent à crédibiliser une histoire, autrement dit à faire appel à tout le background culturel du spectateur. Avec le détective privé Harry d’Amour, c’est ici tout le spectre du polar qui est invité dans la danse, depuis le Humphrey Bogart des adaptations de Chandler et Hammett jusqu’au Bruce Willis des films plus récents : New York sous la pluie, bureau en pagaille, journaux, cigare, revolver et gros muscles apparents (le choix de Scott Bakula est avisé), puis la rencontre et l’histoire d’amour avec la "dame de la haute", Famke Janssen, épouse lasse puis veuve ténébreuse…
L’intrigue elle-même est bâtie comme une enquête à tiroirs multiples, dirigée d’une main de maître, ne se perdant jamais dans ses circonvolutions malgré sa complexité et occasionnant nombres de sursauts et surprises. Un mélange réussi, qui trouve certes ses limites dans ce registre de ficelles presque trop bien maniées (et qui a paradoxalement suscité la colère des producteurs, qui voulaient soit de l’horreur, soit du policier), mais qui fait aussi de "Lord of Illusions" l'un des films les plus beaux et les plus passionnants des années 90.
Après bientôt dix ans de silence cinématographique, on ne peut donc qu’espérer un retour en force de Clive Barker, afin qu’il reprenne la caméra pour nous enchanter de nouveau les yeux, le cœur et les tripes.
5,5/6 - Stéphane JOLIVET
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Avis de : psytaker
famke jamnessen est geniale dans son role de fiancée a un démon.
bon film pour moi les meilleurs scenes sont au debut pis a la fin a la cabane du dessert a voir!
Avis de : pico
pas mal et frise le comique comme quand le magicien éxécute son tour de magie mais le rate et se retrouve avec une dixaine d'epées un peu partout dans le corps.
Avis de : catwoman
les effets spéciaux sont bien mais pas la fin!Heureusement que Famke Jansen est là
Avis de : Hasgarn
Quel film!!
1H50 de bonheur, même en version coupée.
Je commence à en avoir assez de voir Clive Barker le cinéaste se faire manger à toutes les sauces alors qu'il s'agait certainement du mec le plus intègre depuis John Carpenter. Comme ce dernier, Barker ne baisse jamais son froc pour plaire, il va jusqu'au bout.
Lord of Illusions en est la parfaite illustration: polar noir fantastisque, le seul et unique représentant du genre. Beaucoup voit dans la fin un pis-allez alors que les moyens lui ont cruellement faient défaut et qu'il s'est retrouvé déposséder de son œuvre (pour Clive Barker, c'est l'insulte ultime). Subsiste des restes "sublimes" malgré le charcutage: le démon retournant à l'Enfer, les sévices subites par D'Amour (quand il se met à gratter le mur avec ses ongles, ohhhh douleur).
Lord of Illusions est pour moi une introduction à l'univers du Maître au cinéma.
Ceux qui n'ont pas pu entrer dedans louperont le coche à son prochain film, pour peu que celui-ci ressemble à Imajica…
Avis de : xtazy
Barker est bon écrivain mais se vautre dès qu'il essaye de toucher à une caméra.
Mis à part la scène ou le sorcier noie dans la boue sa bande d'abrutis, j'ai eu du mal à discerner quand est-ce qu'il fallait avoir peur.
Quand à la fin elle casse tout. Le sorcier oublie d'utiliser son pouvoir de lévitation quand il tombe dans le trou avec mais s'en sert pour remonter quand même... et bien qu'il soit soi-disant immortel il crâme bêtement et explose comme un méchant à la fin d'un épisode de bioman.
Avis de : snake
De l'horreur gothique plutot sympatoche,ca vaut pas Hellraiser,mais Barker a réussit son coup,c'est a dire nous entrainer dans un vrai monde fantasmagorique.
Avis de : Evil Man
C'est un asser bon film. Mais, il y a beaucoup de longueurs. Au Québec, ce film est côté 18+ et quand je l'est loué, je m'attendais à voir un film avec beaucoup de scènes violentes. Mais non!!! Il y a peut-être la scène quand le gars se fait transpercer par les couteaux qui est hot mais, appart ça, il n'y a pas beaucoup de Gore. Malgré ça, je dois avouer que l'ambiance est très gothique et très réussi. Les acteurs sont corrects. Bref, si vous voulez voir un film Gore avec beaucoup de scènes violentes, passer votre tour. Mais si vous voulez voir un film avec un scénario original, écouté ce film.
Avis de : maître gli
Ce film est plus qu'original et mérite vraiment d'être vu, même si il est loin d'être génial.
On est vraiment plongé dans un univers fantastique, malheuresement certaines scènes un peu ratées (peut-être par manque de moyens) nous en font sortir, surtout à la fin où l'intrigue se précipite un peu, gachant l'ambiance "magique" du film.
Scott Bakula y est excellent, mais ce n'est pas toujours le cas des acteurs, surtout ceux qui jouent les personnages ayant enfermé Nix dans les 80's. N'empêche, ce film reste unique
Avis de : docteur carnage
Je confirme, la version française pleine de censure est à CHIER.
Le director cut est très bien mais je n'arrive pas à trouver les sous-titres, quelqu'un a un fichier srt sous la main?
Avis de : analyseur
Au fond le problème de barker c'est qu'il fait du cinéma gore intello et provoc.
Or le cadre du film d'horreur n'est pas forcément en accord avec l'intention film littéraire subversif et esthétisant.
Soit c'est de la série B avec acteurs amateurs et effets ratés (hellraiser), soit du téléfilm avec une censure impitoyable (cabal), soit du blockbuster à zéro de QI (lord of illusions).
Ce qui sauve ses films c'est qu'il reste derrière, une histoire géniale. (ça fait toujours une bonne vitrine pour ses bouquins)
Mais pour apprécier ce genre de film il faut:
-réussir à trouver la version non-censurée et sous-titrée (bon courage)
-faire partie de la minorité de spectateurs qui écoute tous les diéloguqes et réfléchit devant un film (le public des polar et du cinema intello)
-accepter les coups de hache portés à l'oeuvre par la production ou le budget
Si on réunit ces conditions alors oui on peut trouver que lord of illusions est un bon film, sympathique et flippant, même si moyennement bien réalisé l'histoire vaut le coup si on aime les délires fantastiques transgressifs à la edgar poe.
Je sais pas si mon interprétation est la bonne mais j'ai l'impression que c'est une espece de mise à sac du mythe de l'amour cornélien (l'amour qui méprise la chair et la vie et qui se révèle dans la mort) à la sauce antéchrist et gay.
L'histoire tourne autour de trois personnages principaux: swann, le taré avec le crane rasé (je sais plus son nom), et sa femme. Harry est en quelque sorte le témoin, celui qui représente le monde réel à l'écran (autrment dit nous les spectateurs).
Swann et le taré ont une relation passionnelle triangulaire avec une "entité maléfique" (nix) qui rallie les élus de son coeur à sa malédiction par un rituel étrange: il leur pénètre le cerveau avec ses gros doigts, et les contraint par une hallucination à mépriser la chair.
Le taré (androgyne) est amoureux de nix qui le deteste, nix (viril) lui même est amoureux de swann qui le deteste aussi, et swann (effeminé) est amoureux de sa femme qui elle préfère le monde réel (harry) aux passions platoniques et sado-masochistes des trois sorciers allumés. Ce jeu d'amours contraints et frustrés donne un génial vaudeville entre humains et démons comme barker sait le faire.
A la fin Nix revient pour emporter l'élu de ses désirs pervers, et contamine Harry à son tour, qui va prendre la place de Swann (tout comme sa femme) perpétrant la malédiction.
Je sais pas si c'est ça qu'il fallait comprendre parce qu'avec la VO c'est chaud
Avis de : Evildav s
Ce film est pour moi le chef d'oeuvre de Clive Barker (Avec Cabal), une vision trés noire de la magie et de son univers noyé dans une histoire absolument formidable. Le jeu des acteurs est trés correct: Kevin J.O'connor y est assez surprenant tout comme Famke Janssen qui ne joue pas ici la gourde de service. L'histoire mele avec brio magie, sectarisme, demonologie et enquete policiére. De plus sa complexité a tendance à captiver plutôt qu'a faire fuir et on ressent bien l'univers du maitre de l'horreur anglais. Ensuite la qualité des effets spéciaux est tout simplement formidable et Barker reussi a nous mettre sur des faussses pistes avec élégance.
Un petit bijou de fantastique.
Avis de : imotep54
L'univers de Clive Barker est toujours aussi sombre et coloré à la fois. J'ai juste un petit problème avec ce film au niveau du casting, ceux qui connaissent me comprendront, je pense; avec sam en détective, j'ai toujours l'impression que Al va débarquer et nous dire que ziggi a retrouvé la trace de nix...lol
Avis de : nekro
à part l'erreur de casting avec le héros de code quantum et des petits cotés telefilm ce film est très bon et vraiment original
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