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Marija NIELSEN
5,5/6 - Marija NIELSEN
2/6 - Stéphane JOLIVET
5,5/6 - Lionel JACQUET
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VAUDOU
( I WALKED WITH A ZOMBIE )
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Betsy part aux Antilles où elle a été engagée comme infirmière auprès d’une certaine Jessica Holland. Elle y fera également la rencontre du mari de Jessica, Paul, et du demi-frère de celui-ci, Wesley. Mais son séjour sera agrémenté de tam-tams vaudou au clair de lune, de zombies en robes blanches et d’amour imprévu...Encore un petit chef d’œuvre en N/B, infusé d’une ambiance prenante et poétique qui vous hantera longtemps après la fin du film -comme je les affectionne. Une scène en particulier au tout début installe cette noirceur sous-jacente et un climat des plus incertains : durant la traversée du bateau, Betsy admire des poissons volants. Sa joie diminue rapidement lorsqu’on lui dit que les poissons ne bondissent pas par plaisir, mais parce qu’ils tentent d’échapper aux prédateurs rôdant dans les profondeurs. Une jolie métaphore pour illustrer le vieux dicton qui dit qu’on ne peut se fier aux apparences.
Lors de leur première rencontre, Paul est très distant avec Betsy, voire désagréable. Il refuse de lui présenter son épouse, comme si elle n’était qu’un honteux secret. Dans la nuit, Betsy entend ce qu’elle imagine être des pleurs de femme. La chambre de Jessica se trouve dans un moulin désaffecté, transformé en habitation. Lorsque Betsy y entre et commence à monter les marches, il fait un noir d’encre. On ne voit plus les murs ni les escaliers, ce qui donne l’impression des plus convaincantes qu’elle flotte dans l’univers, d’autant plus que sa longue robe est noire. Pendant quelques instants, on se sent en apesanteur, avec la réelle sensation qu’on va tomber avec elle dans un trou sans fin. Et tout à coup, Jessica apparaît. Une vision éthérée dans une longue robe blanche, qui avance silencieusement vers Betsy, sans aucune expression sur le visage. C’est une séquence réellement effrayante de par son efficacité, et lorsque Betsy crie d’effroi, on est tenté de pousser un petit cri soi-même juste pour distiller la tension.
Le demi-frère de Paul, Wesley, semble s’intéresser à Betsy, mais lors d’un verre pris ensemble à la terrasse d’un café, Betsy apprend de façon assez insolite qu’en fait, Jessica et lui ont eu une liaison. La mère de Wesley lui montre son visage le plus amical, mais comme on l’a déjà compris, rien ni personne n’est ce qu’il paraît dans ce film. Et lorsque Betsy se rend compte qu’elle est amoureuse de Paul qui la traite avec dédain, on se demande bien où elle a atterri. Mais elle ne semble pas trop déphasée par les évènements et sans se poser de questions, elle suit le conseil d’une servante noire et emmène Jessica voir un "docteur" afin de tenter de la guérir. Leur promenade nocturne à travers les plantations de canne à sucre relève encore une fois le niveau du suspense, nous offrant quelques images magnifiques d’imagerie vaudou et d’un géant noir dont on ne sait pas s’il les protège ou les surveille. Il s’avère alors que le docteur en question n’est autre qu’une personne qu’elle a déjà rencontrée, et je ne vous en dévoilerai pas plus, sous peine de vous gâcher le film.
Tourneur s’est entouré d’une équipe parfaite pour donner vie à ce film qui est d’une force et d’une beauté visuelle hors pair, tout comme son Cat People, de 1942. Vaudou mérite d’être regardé (et admiré…), et surtout une place de choix sur vos étagères.
AVIS DES AUTRES REDACTEURS : Contrairement à son magnifique Cat People, Tourneur semble ici avoir perdu la faculté de nous faire frémir et de croire lui-même à ce qu'il fait. Ce manque d'inspiration se ressent dans la composition des images mêmes, bien moins travaillées que dans Cat People, et au niveau du rythme très poussif. Les personnages sont pâlots, et si le vaudou peut hypnotiser, ici il a plutôt tendance à nous endormir...
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 Avis de Der Golem sur vaudou | Disons-le tout-de-suite : ceux qui s'attendent à être terrifiés seront déçus. Malgré son titre, la composante horrifique de "I walked with a zombie" est très limitée, même si la première apparition de Jessica est assez impressionnante, et si le personnage de Carrefour, le zombie noir est particulièrement réussi (Il semble bien que ce type aux yeux exorbités ait à peine été maquillé pour les besoins du film, je me demande bien où ils sont allés le trouver...).
Mais l'intérêt artistique du film est ailleurs, dans la qualité de sa photographie et du rendu de l'ambiance mystérieuse de cette île imaginaire (?) des Caraïbes. A noter 2 scènes absolument géniales : (1) La cérémonie vaudoue, avec ses danses hypnotiques de toute beauté, et (2) La scène de la taverne, où Betsy apprend les petits secrets de famille de son employeur par le texte satirique chanté par un chanteur de Calypso, qui vient s'excuser auprès de Wesley qu'il n'avait pas vu, mais qui, éconduit par celui-ci, revient plus tard improviser la suite de sa chanson en incluant Betsy dans une nouvelle version de son pamphlet...
Et s'il était besoin de prouver que le film n'est pas dépourvu de dérision, on peut noter l'avertissement dans le générique de début : "Any similarity to actual persons living, dead, or possessed is purely coincidental." |
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