giallo
Dario Argento
Dario Argento, Bernardino Zapponi
Italie
1975
Les Goblins
David Hemmings, Daria Nicolodi, Gabriele Lavia, Eros Pagni, Giuliana Calandra, Piero Mazzinghi, Glauco Mauri, Clara Calamai, Furio Meniconi, Geraldine Hooper, Macha Méril
|
Stéphane JOLIVET
4,5/6 - Stéphane JOLIVET
5/6 - Jeremie MARCHETTI
3/6 - Gérald GIACOMINI
2/6 - Christophe JAKUBOWICZ
2,5/6 - Yann LE BIEZ
5/6 - Stéphanie AVELINE
|
|
"Profondo Rosso" est le premier film par lequel Dario Argento commença à se dégager du cadre classique du giallo, pour affirmer un style et une thématique éminemment personnels. Marqué par sa rencontre avec le groupe musical des Goblins (ex-Cherry Five), le cinéaste italien montre qu’il a pris conscience de lui-même, de ses obsessions et du genre qu’il a choisi de cultiver : si "Profondo Rosso" est encore mal maîtrisé dans sa forme, son sujet est par contre pleinement abouti. Dario Argento commence alors, et pour longtemps, à user d’une maestria diabolique envers le spectateur tombé entre ses griffes.
Un meurtre est commis en ombres chinoises sur un air de ritournelle, et un couteau ensanglanté tombe devant les souliers d’un enfant, qui le ramasse. Des années plus tard, lors d’un congrès de parapsychologie, la télépathe allemande Helga Ulman est prise de terreur en captant des pensées noires et hostiles. Le soir même, elle est sauvagement assassinée par un tueur ganté de noir. Son voisin américain et pianiste, Marcus Daly, assiste à la scène tandis qu’il rentre chez lui. Il se précipite sur les lieux, et voit par la fenêtre s’éloigner une silhouette en imperméable…
Dario Argento est un esthète, mais son esthétisme est réfléchi (dans tous les sens du terme), ce n’est pas seulement un goût de la belle et forte couleur. Il s’agit d’un cinéaste, pas d’un concepteur de feux d’artifices. On n’appelle pas un film "Rouge profond" juste parce qu’on aime la couleur du sang (par contre, on traduit "Les frissons de l’angoisse" quand on est un distributeur français, disons… peu réceptif). Le titre original insiste sur le "Profondo" (deuxième syllabe accentuée sur le "fond") parce que la couleur se creuse, passant de la pure surface rouge sang, qui excite ou terrifie, au reflet, où se trouvait la solution : image mémorable de David Hemmings se contemplant dans une mare d’hémoglobine tout en se cachant le visage, manière de signifier une vérité aussi abstraite qu’insupportablement physique : la vérité est bien dans le sang, mais pas de la façon superficielle qu’on croyait.
Tout comme Alfred Hitchcock et Brian de Palma, Argento joue donc avec les matières premières du cinéma (images et sons), leurs possibilités de révéler la vérité. Sans cesse, l’image s’avère trompeuse, menant enquêteurs et spectateurs sur des pistes erronées, ou incomplète, ce qui revient au même. Avec un plaisir pervers qui remet constamment en cause nos facultés de déductions (et donc augmente à loisir notre angoisse), la caméra cadre des miroirs sales ou embués, suggère le danger là où il n’y en a pas et inversement, de la tranquillité là où le danger va surgir (souvent à la perpendiculaire de la victime, c’est-à-dire l’angle mort de son champ de vision, et jaillissant d’un voile ou d’une tenture). De même, il faut explorer les surfaces en les grattant ou en les crevant carrément, mais là encore, toujours pour aboutir à une révélation incomplète. Du coup, quand la caméra devient subjective, la vision prend un caractère terrifiant et sacré, car nous savons que ce que nous voyons est vu par la source même de tous les meurtres, de la vérité.
Il y a pourtant deux grandes différences entre Argento et les deux réalisateurs mentionnés précédemment. Elles sont considérables, et méritent sérieusement d’envisager la supériorité du maître italien. Premièrement, ce jeu sur les images et les sons fait toujours le lien, chez lui, entre l’art et les corps. Helga Ulman meurt au milieu de tableaux et de décors artistiques. Le tueur invisible s’entoure de fétiches artisanaux, et sera retrouvé notamment grâce à un dessin découvert dans les archives d’une école nommée "Léonard de Vinci". Les éléments de l’architecture eux-mêmes peuvent servir d’outils meurtriers, etc. La liste serait longue à faire. Les victimes sont donc en quelque sorte intégrées dans une œuvre d’art lorsqu’elles meurent, après une annonce musicale qui sonne comme une exaltation macabre de l’art de tuer... ou de mourir. C’est là une des forces principales de Dario Argento : le suspens et l’horreur ne sont pas seulement embellis par le travail esthétique : ils sont sur le même plan, nous plongeant dans une transe à la fois nerveuse, viscérale et sublimée.
Deuxième différence, Argento ajoute toujours à ce jeu la dimension du langage, qui est finalement la voie royale pour faire coller le son et l’image ensemble, et résoudre l’énigme. L’ouverture du film se fait ainsi sur une comptine pour enfant, thème qu’on retrouve dans toute son œuvre, et c’est la parole d’une enfant, également, qui va précipiter l’élucidation de l’enquête. La victime ébouillantée (scène qui sera reprise dans "Halloween 2") trace un début de phrase sur les carreaux miroitants de la salle de bain où elle meurt. Le pianiste Marcus Daly aura recours à la lecture au cours de son enquête. Là aussi, il s’agit d’un élément distinctif qui va se retrouver dans tous les films suivants (et d’une façon explicite dans "Ténèbres", qui est le titre d’un roman), "Le sang des innocents" reprenant même quasi intégralement les particularités et des scènes entières de "profondo Rosso", comme si Dario Argento avait tenu à faire une version améliorée de son film, sans le dire.
Car le fait est que "profondo Rosso" n’est pas le meilleur film du maître. C’est peut-être le revers de la médaille, lorsqu’on commence à rentrer en pleine possession de ses moyens. Les meilleures séquences se trouvent dans la seconde partie du film, contenant de véritables morceaux d’angoisse, tandis que la première a du mal à se mettre en place. On ne peut que déplorer, par exemple, le choix désastreux de Macha Méril dans le rôle de la télépathe allemande. Son jeu manque singulièrement de naturel, et pourrait constituer un exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire devant une caméra : jouer comme dans une tragédie grecque à l’ancienne. Sa connexion télépathique avec le meurtrier frôle ainsi le ridicule absolu, et c’est un soulagement profond de la voir disparaître de l’écran d’une façon si brutale… L’ensemble des scènes de meurtres, du reste, n’atteint pas dans "profondo Rosso" le niveau de terreur et de gore que lui octroiera Argento dès son film suivant, "Suspiria".
De même, la musique des Goblins semble mal dégrossie. Elle se divise déjà en deux pans, d’un côté la petite ritournelle enfantine qui renvoie au trauma originel, de l’autre le coup de poing musical qui se résout en nappe diffuse rythmée ou syncopée, et qui correspond à la présence et à l’approche du meurtrier ou tout simplement à l’éventualité de la mort. Cependant, les sons ont encore un aspect brut de décoffrage qui fait sourire, et les inflexions jazz et funk ne sont pas vraiment des trouvailles heureuses, car elles datent terriblement le film. Le fait que Marcus et son ami Carlo soient des pianistes est quant à lui peu et mal exploré: à vrai dire, ils pourraient aussi bien être danseurs ou sculpteurs, cela n’y changerait pas grand-chose.
"profondo Rosso" vaut donc surtout pour son caractère génétique dans l’œuvre de Dario Argento. Tout ce qui va venir par la suite s’y trouve en germes, parfois même dans les plus petits détails (par exemple, l’épingle qui traverse le corps du lézard est du même type que celle qu’on trouvera dans "Suspiria", dans le coffret qui renferme le rasoir, et dans les yeux de Sara - serait-ce un symbole de castration oedipien ? Agités du bulbe lynchien, bonjour...). Le cinéaste y ballade son petit monde par le bout du nez, se permet même quelques touches humoristiques à l’italienne qu’il n’utilisera guère ensuite... Mais pour atteindre les sommets de la terreur et de la violence, il allait falloir attendre encore deux petites années.
4,5/6 - Stéphane JOLIVET
Avec "Les Frissons de l'angoisse", Dario Argento mettait fin à sa série de giallos, dont le ressort policier est plus réussi que celui des meurtres. Un passage de flambeau annonçant par la cruauté des morts (celui de Macha Méril ) ses futurs chefs-d'oeuvres à venir. Au risque de provoquer la colère des fans d'Argento, il faut malheureusement se rendre à l'évidence que le récit s'étire beaucoup trop. D'où l'absence de frissons que le titre français nous promettait. Peu passionnant mais non dénuée de qualités... esthétiques essentiellement.
3/6 - Gérald GIACOMINI
|
Avis de : Japi
Un film soigné sur un canevas simple et un peu répétitif. Le rythme est un peu lent mais l'histoire intéressante. Un peu ennuyeux quelquefois, à d'autres moments trés réussis, il reste, pour moi, le meilleur giallo d'Argento.
Avis de : A . K
J'ai put voir il y a quelques jours la version director's cut (en dvd)Les Frissons De l'angoisse et je préfère cette version que la version cut.En effet,cette version comporte plus de scènes montrant les relations entre les personnages et bien d'autres chose à découvrir le seul petit truc qui m'a un peu dérangé se sont les nouvelles scènes doublé en italien (j'ai regardé la version anglaise voila pourquoi) mais bon ce n'est qu'un petit détail.Je trouve que les acteurs sont géniaux dans leurs rôles,la tention se fait ressentir et les effets gores sont vraiment bien faient.Bref,Dario Argento a réussi à nous sortir un très bon film assez angoissant.
Avis de : ben-ben
Un film lent et a la realisation parfaite du grand Dario.
David hemmings (RIP)est super dans ce role de musicien-enqueteur.
Super Film.
Avis de : snake
les frissons de l'angoisse est un excellent giallo,avec une tres bonne ambiance,une musique virtuose et des sequences gores jouissives.certes le film est assez lent et pourrait en ennuye plus d'un,je prefere tenebres qui est plus reussi.mais une grande reussite quand meme.
Avis de : gore girl
Dans Les frissons de l'angoisse, Argento pousse le cran un peu plus loin que dans un giallo classique en y incluant une thématique fantastique : la parapsychologie est récurrente dans le récit.Une des séquences les plus marquantes du film est celle du meurtre d'Amanda Righetti, un soir le tueur s'introduit chez elle et l'assassine sauvagement en lui immergeant la tête dans une baignoire d'eau bouillante. Un meurtre particulièrement sadique.La fin repose sur une multitude de rebondissements,l'identité du tueur ne sera révélée qu'à la toute fin du film qui comportera une fois de plus une scène des plus sanguinolentes, s'achevant dans un plan fixe sur une tâche de sang d'un rouge profond envahissant pleinement l'écran. Magnifique !
Avis de : Squibby
Je vous trouve particulièrement durs. Certes, comme tous les autres films d'Argento, et malgré qu'il s'en défende, les personnages sont quasi-inexistants même si on peut dire que c'est, avec le Syndrome de Stendhal, celui où le héros est le mieux défini et cela avec des dialogues assez emphatiques voire à la limite du ridicule. Mais ce n'est pas ce qui compte. Je ne comprends pas la critique sur la forme. Pour moi, Profondo Rosso est d'une maîtrise formelle quasi miraculeuse, d'un aboutissement à couper le souffle. C'est elle qui permet de plonger le spectateur dans une angoisse permanente, dans un climat paranoïaque plus que troublant. La ville et les protagonistes semblent entièrement contaminés par cette latence freudienne qu'est l'Inquiétante étrangeté". Argento en ce sens, fait démentir Hitchcock sur sa théorie du suspense qui voudrait que le spectateur ait tous les indices en sa possession pour goûter ce dernier. Ici, c'est ce refoulé (que l'on pourrait avoir VU) qui parasite constamment le récit au point d'aboutir à une vision entièrement pathologique du monde. C'est sans doute pour ça que la fin ne semble rien dénouer pour Marc. Il a cherché tout le temps à VOIR, à creuser les profondeurs pour au final s'apercevoir que seule la surface comptait et que ça ne résout malheureusement rien. La réponse est en lui, mais ça, c'est une autre histoire. Je compatis néanmoins avec ce pauvre David Hemmings qui après Blow-up n'avait décidément pas besoin de remettre le couvert.
Avis de : ste²ve
Les frissons de l'angoisse
Impressionnant. Le film frole quasiment la perfection jusqu'au 10dernieres minutes (moment apparemment choisi par les acteurs pour jouer tres mal). Argento distille au cours du film une véritable angoisse, par des plans habiles, rapides, un jeu sur les reflets et les lumieres, les ombres... Les meurtres sont esthétiquement tres beaux (surtout le 1er), et violents (la baignoire ). Certains détails m'ont particulierement mis mal à l'aise, comme le pantin, ou la fillette...
Les indices sont à portée de main, et on se laisse prendre au jeu de Argento, qui nous mene en bateau et nous trompe jusqu'au bout, avec LA révélaton, qui m'a laissé sur le cul, avec ce détail qui tue, qui donne envie de se replonger dans les 1eres minutes du film pour se dire "pu*ain comment j'ai fait pour passer à coté de ça!".
Coté négatif, je dirais la musique, autant par moment elle colle tres bien, autant d'autres fois je l'ai trouvée carrément grotesque (quand le pianiste manque de chuter notamment). Autre point négatif, la fin du film, tutoyant le ridicule avec les deux dernieres morts et le jeu des acteurs plus que limite.Sans compter que les policiers italiens ne savent pas se servir de leurs armes (c'est toujours un détail qui m'énerve).
Pour ma part, le meilleur Argento que j'aie vu, devant Tenebres et Suspiria.
Avis de : Bens1912
Le meilleur Argento pour moi ! Ce film est génial, on ne s'ennuie pas une seconde, en plus la musique des Goblins est géniale. Bref un film a avoir dans sa vidéothèque d'horreur.
Avis de : arrkman
Certes esthétique mais quand même très lent et bavard. Au final, une intrigue mince et un dénouement assez décevant... Le film a pris un sacré coup de vieux, accentué par une musique souvent mal adaptée et un jeu d'acteurs (du au doublage?) assez moyen.
Avis de : Mystery
LES FRISSONS DE L'ANGOISSE, un bien beau titre pour ce qui reste, selon moi, comme le chef d'oeuvre de Dario Argento. Une première séquence magnifique qui peut donner lieu à plusieurs interprétations, dont la bonne n'est évidemment pas la plus évidente, et un climat étrange et mystérieux qui plane sur tout le film, puisque le tueur semble deviner les intentions du héros et le précéder. Les meurtres sont assez originaux et violents, notamment celui de la salle de bains. Certaines scènes, comme les recherches dans l'école vers la fin, ou la visite nocturne dans la grande maison délabrée, instaurent efficacement un climat oppressant.
Argento ne cède pas à la facilité et parsème le film des indices qui mènent finalement à l'identité du meurtrier, avec la scène initiale, la découverte du dessin etc...
Le film s'achève sur un final magistral. La manière dont le héros déduit l'identité du tueur est aussi éblouissante qu'énervante : vous verrez, c'est déchirant de simplicité. Du grand art. Enfin, le titre original, PROFONDO ROSSO, prendra tout son sens avec l'ultime image du film.
Avis de : bloody sam
Hommage à Antonioni, référence à de Palma... mais finalement oeuvre très personnelle et totalement maîtrisée. Je ne connait pas toute l'oeuvre d' Argento qui à l'air de varier entre bons films et nanars. Celui là est très bon: un comédien excellent (David Hemming, Blow Up), une image très soignée et qui a du sens, un scénario bien ficelé, et une musique de bonne facture... bref un classique du genre.
Avis de : bloody sam
Hommage à Antonioni, référence à de Palma... mais finalement oeuvre très personnelle et totalement maîtrisée. Je ne connait pas toute l'oeuvre d' Argento qui à l'air de varier entre bons films et nanars. Celui là est très bon: un comédien excellent (David Hemming, Blow Up), une image très soignée et qui a du sens, un scénario bien ficelé, et une musique de bonne facture... bref un classique du genre.
Avis de : drastyka
un trés bon film qui m'a , contrairement à d'autres , donné pas mal de frissons , pas d'angoisse mais quand même des frissons .
Dés le début , je me suis laissé porté par l'intrigue , parfois un peu alambiquée mais comme l'a dit un autre internaute , c'est amusant de voir que ce film comporte des indices , un peu comme un jeu de piste macabre .
Le pantin aussi m'a mis mal à l'aise .
Un film à visionner au moins une fois .
Avis de : samurai
Pour faire simple je vais tenir exactement les mêmes propos que Pascal Laugier sur ce film, c'est tout simplement le film italien le plus important des années 70. Tout simplement incontournable.
Avis de : tiffany
Je me suis ennuyé jusqu'à la fin, je trouve que tout ce que fait argento est nul et gamin.
Avis de : elvira
les frissons de l'angoisse ??? drole de titre francais pour un film qui ne donne ni angoisse ni frissons...c'est trop long et mal joué
Avis de : nukedgoat
excellent film sûrement le meilleur de Dario Argento. Flippant, macabre... Du grand fantastique qui fait peur
Ajouter votre avis
( Nous nous réservons le droit de supprimer tout commentaire inutile ).
|
|
|