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existenz - existenz - 1999 un film de David Cronenbergexistenz
existenz


Stéphane JOLIVET




5/6 - Stéphane JOLIVET

3/6 - Gérald GIACOMINI

4,5/6 - Yann LE BIEZ

4/6 - Vincent DUMENIL

4/6 - Gilles LUQUET

5/6 - Stéphanie AVELINE







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sur 6 :



EXISTENZ

( EXISTENZ )


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( expérimental )

existenz

*****CETTE CRITIQUE CONTIENT DES SPOILERS*****

Une nuit, la société Antenna Research organise dans une petite église de campagne une séance test du jeu "eXistenZ", séance conviviale mais placée sous haute sécurité. Douze personnes sont invitées à se brancher par ombilicâble sur le gamepod de la créatrice elle-même, Allegra Geller (Jennifer Jason Leigh). Les gamepods sont des manettes en matière semi-organique branchées sur le bioport des joueurs, un orifice creusé au bas de leur colonne vertébrale. Cette liaison permet une transmission directe des caractéristiques du jeu dans les centre nerveux, qui eux même alimentent le système "eXistenZ".

Toutefois, la partie vient à peine d’être lancée qu’un jeune membre de l’assistance sort une arme étrange de son sac et tire sur Allegra Geller, qu’il qualifie de "démone", avant de tuer l’organisateur de la séance et d’être abattu à son tour… Ted Pikul (Jude Law), employé au marketing, est alors chargé d’assurer la sécurité d’Allegra Geller…


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Il est difficile de rendre compte d’ "eXistenZ" sans révéler d’emblée son twist final, qui n’est pas si surprenant que cela mais a laissé nombre de spectateurs sur une mauvaise impression : décors désincarnés, personnages dessinés avec un relief accusé, retournements successifs et superficiels, on a qualifié ces caractéristiques de "défauts" du film, alors qu’ils sont précisément ce que Cronenberg voulait qu’ils soient. De fait, "eXistenZ" est beaucoup plus intéressant quand on sait pourquoi il est réalisé de cette façon, en parfait accord avec le sujet du film : la réalité virtuelle, paradoxe s’il en est, que le maître canadien a traité d’une manière bien plus fine et plus trouble que les frères Wachowski avec leur "Matrix", sorti la même année.

Cronenberg ne vient pas nous divertir avec une fable anti-mondialiste où le virtuel s’opposerait fort heureusement au réel, laissant une chance à ce dernier de vaincre le vilain complot des machines. Il impose un monde où réel et virtuel ne se distinguent plus (la fin laissant planer un ambiguïté qui n’en est pas vraiment une) et dont la sortie est illusoire, cherchant à en décrypter la signification tant au niveau organique que spirituel, thèmes qui sont chez lui des obsessions constantes. "eXistenZ" reprend ainsi de nombreux éléments de "Vidéodrome", mais s’inscrit aussi dans la lignée de "Crash", tous deux anatomies d’une déviance : ici, celle de la fascination propre aux jeux vidéo, dont on connaît les phénomènes d’emprise et de dépendance qu’ils engendrent chez ses utilisateurs.



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Le sujet est mis en image à travers une histoire à la fois très simple (voire simpliste) et, si on y regarde bien, extrêmement complexe. On peut la lire comme une aventure de science-fiction cyberpunk (une créatrice de jeu vidéo traquée par la concurrence ou par des opposants aux mondes virtuels), le tout mâtiné d’étrange et de gore. Mais il y a de fortes chances pour que cette lecture au premier degré s’avère décevante, et les spectateurs qui s’y limiteront ne pourront finalement s’en prendre qu’à eux-mêmes. Car les aventures et les bizarreries que recèle "eXistenZ", en vérité, ne sont pas destinées à être prises à la lettre. La mise en scène de Cronenberg, là-dessus, est très claire : des décors (église, motel…) léchés et bien définis, mais privés de vie. Plongées et contre-plongées insistant sur la valeur symbolique des personnages. Fragmentation des plans où les personnages sont surcadrés ou au contraire viennent se détacher comme sur un fond d’écran… Dès le début, nous sommes dans un jeu vidéo. Et si les transitions, les dialogues se font avec un naturel exagéré par rapport à la situation, c’est pour la même raison.

La longue séquence où Allegra Geller et Ted Pikul s’immergent dans le monde du gamepod est donc en réalité une mise en abîme, un jeu dans le jeu. Moins bien conçu (personnages hésitants, répétition de phrases, bref, interaction défaillante), plus crade (avec la fameuse Trout Farm où les pods sont fabriqués à partir d’organes de reptiles et de batraciens, et la scène du restaurant), il reprend d’une façon encore plus déroutante la lutte entre les concepteurs de jeu et les "réalistes"… Car qu’est-ce que la réalité, si ses partisans doivent la défendre de l’intérieur même d’un jeu ? Par la suite, on perçoit très bien que la distinction du réel et du virtuel est devenue indécidable, et que les prétendus défenseurs du réel sont eux-mêmes des clichés (le militaire, par exemple) se comportant comme tels (l’exécution finale est du même acabit que l’exécution du serveur chinois). "eXistenZ" ou "transCendenZ", l’affrontement est intériorisé et est son propre sujet : impossible d’en sortir, sinon en endossant hypocritement un rôle de pseudo-purificateur. Mine de rien, Cronenberg est infiniment plus incorrect que les frères Wachowski…



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On sait que le "isten" coincé entre le "X" et le "Z" signifie "Dieu" en hongrois. "eXistenZ" est dès le départ affilié à une dimension religieuse : la séance de test se déroule dans une petite église, Allegra Geller est tour à tour qualifiée de "grande prêtresse" (devant laquelle se prosternera Gas) et de "démone", le nombre des participants au jeu est de douze, comme les apôtres entourant le Christ (et Cronenberg ne se prive pas de cadrer le groupe tel une nouvelle version de la Cène), et le complot dirigé contre Allegra Geller sera comparé à une "fatwa" par Kiri Vinokur (Ian Holm). On s’explique par là d’autant mieux le mélange de convivialité doucereuse et de cérémonie de la première séquence, qui ressemble par bien des points à une messe. Mais ce sont aussi les luttes représentées dans le film qui prennent une autre dimension, la concurrence n’étant pas tellement entre les compagnies conceptrices de jeu qu’entre deux Créations : celle d’Allegra Geller (ou Yevgeny Nourish) et celle de dieu, la réalité virtuelle s’avérant plus excitante que celle du "niveau le plus sordide de la réalité" (Gas (Willem Dafoe) à propos de son métier de pompiste et mécano).

De cette dimension religieuse découle tout naturellement la thématique organique chère à David Cronenberg. Car si nouvelle Création il y a, ce n’est pas sans modifier considérablement le modèle de la filiation, de l’érotisme qui lui est lié, et de l’appréhension générale du corps. La crainte de Pikul face à la pose du bioport, la haine des realistes, montrent l’hystérie que de telles modifications peuvent provoquer, Cronenberg se gardant bien de prendre parti pour les uns ou les autres. Le gamepod est donc conçu à partir d’ADN modifié ou d’organes amphibiens (selon la version du jeu) et est considéré par Allegra Geller comme son bébé (perversion génétique)… un bébé qui peut tomber malade, trembler, couiner, mais qui procure par ailleurs à sa créatrice et à tout joueur potentiel la sensation d’un monde autonome, simplement en se branchant par cordon ombilical sur le bioport (installé sous péridurale) qui figure un nouveau nombril érotisé (il peut être "excité", "impatient", etc...). Le minipod, lui, sera considéré comme génial, sans doute parce que le cordon n’aura même plus besoin d’apparaître, achevant de nier le circuit naturel de la transmission après l’avoir inversé… L’échange entre le créateur (concepteur de jeu) et la création (le gamepod, l’enfant) est devenu fusionnel, brouillant les repères établis et contribuant à l’étrangeté d’ "eXistenZ".



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On en arrive donc à la dernière caractéristique du cinéma de Cronenberg, qui elle aussi est génératrice d’un décalage puissant : la mentalisation. Cela ne signifie pas qu’ "eXistenZ" est "prise de tête", mais que chez ses personnages l’emprise du cérébral est la clef des maux et des merveilles qui leur arrivent. De fait, même lorsqu’il est très stupide, on ne peut pas faire plus cérébral qu’un jeu vidéo : tout est centralisé dans les centres nerveux. Faire l’amour ne sert qu’à recharger la séquence suivante, charcuter des corps répond à une logique supérieure qui s’inscrit dans une énigme à résoudre (il faut jouer à "eXistenZ" pour savoir pourquoi on y joue), de même que dévorer un plat immonde ou tuer un serveur avec… un pistolet à dents ! Pure "pulsion de jeu"… Là aussi, les repères de la réalité se brouillent, provoquant chez les joueurs un surcroît d’attention, une distanciation d’avec leurs actes qui ne les empêche pas de les commettre, une sensation de danger total (les fantaisies d’un cerveau pur sont pires encore, semble-t-il, que celles des hommes de chair et de sang) et un certain malaise chez le spectateur (les joyeuses exécutions précédant la fin). "eXistenZ" était déroutant... mais "TransCendenz" l’est encore plus !

Voilà donc un film captivant, bizarre et d’une grande richesse, qui pourra donner l’envie d’aller refaire un petit tour dans l’œuvre d’un cinéaste qui, malgré ses succès, reste mal connu, trop intellectuel pour les uns, et pas assez pour les autres…



5/6 - Stéphane JOLIVET


L'AVIS DES AUTRES REDACTEURS :

La non maîtrise des sujets aboutit trop souvent à des résultats décevants, comme le démontre ce film de Cronenberg. Mal à l'aise avec les outils informatiques et ses complexes utilisations, le réalisateur peine à convaincre. Par contre, côté casting, rien à reprocher à Jennifer Jason Leigh et Jude Law, deux acteurs plus qu'épatants que l'on a toujours un grand plaisir à voir.
Ceci dit, eXistenZ, est nettemement plus visionnable par un large public que certains films hermétiques du réalisateur canadien, comme le récent "Spiders".


3/6 - Gérald GIACOMINI



Même si c'est un "petit" Cronenberg, ce film est tout à fait passionnant. Certes l'intrigue est plutôt embrouillée, mais difficile de ne pas être fasciné par ce jeu dans le jeu, bourré d'idées et d'acteurs excellents.


4/6 - Gilles LUQUET




Si vous avez aimé ce film vous aimerez peut être :

TERREUR SUR LA LIGNE (2006) . INTRACABLE . CARD PLAYER . BODY DOUBLE . VOYAGE DE LA PEUR - LE . SAILOR ET LULA . BUG . HARD .

L'AVIS DES INTERNAUTES
Avis de : billy loomis


EXCELLENT ! Quand je suis allé le voir au ciné, nous étions pas plus de 30 pers. et à la fin de la séance il restait environ 15 pers.
J'ai été fier d'être resté jusqu'au bout, tout ça pour vous dire que "ExistenZ" est un film assez spécial, il faut être "aware" pour comprendre l'univers et l'histoire, mais pour moi ça reste 1 grand thriller-fantastique comme je n'avait jamais vu auparavant.
SURPRENANT !!






Avis de : Harker


Cronenberg essaye de nous refaire le coup du somptueux VIDEODROME mais en vain. Le film et tout son intrigue débouche sur du vent, sur une réflexion pompeuse et pas vraiment nouvelle; les acteurs sont peu convaincants et peu de véritables rebondissements que le spectateur n'a pas déjà flairé 1/2 heure avant. Allez David, on attend toujours que tu remettes le couvert et que tu nous refasses des films comme LA MOUCHE, FAUX SEMBLANTS ou SCANNERS...






Avis de : psytaker


g bien aimé ce film : jude law et jennifer jason leigh interpretent tres bien leurs persos ... et l'histoire peut nous fourrer si on manque un seul bout du film mais quel bonne histoire quand meme c sur qu'a coté de videodrome c pas meilleur mais il y a quand meme de bonne idée pis les effets speciaux sont pas mal soit tres bien fait ou totalement mal faite ... bref un bon p'tit film a voir mais sans en manqué un bout ! ps: la fin m'a un peu décu en passant.






Avis de : Tamia


Pour moi le film médiocre de Cronenberg, sans être réellement mauvais. Bonne interprètation, bonne mise en scène, mais trops différent (à mon goût) de l'univers habituel de Cronenberg.






Avis de : t0xic


Considérant Cronenberg kom mon realisateur préféré je serai pas objectif mais bon, j'ai kan mm été un chouillat déçu par la fin, enfin bon on va pas faire la fine bouche non plus !






Avis de : Spy Low


Plutot pas mal comme film, on est un peu balladé par Cronenberg, on sait plsu trop ou on se trouve, réalité?, fiction?, les retournement de situation, le temps de ocmprendre, y'en a deja un autre, et c'est fort, je trouve. enfin voila un petit film bien sympathique.






Avis de : ben-ben


Le film ce laisse regarder avec attention,mais on sent une fatigue presque palpable du grand David Cronenberg.
A voir






Avis de : le dentiste


un film à rapprocher du "Avalon" de Mamoru Oshii,sur un thème similaire mais largement plus arty.






Avis de : snake


un de mes cronenberg preferes,l'histoire est assez complexe,nous entraine dans un monde virtuel assez fascinant,Jennifer jason Leigh est toujours aussi seduisante et merveilleuse actrice et Jud Law est tres bon.certaines scenes sont completement delirantes,nottament celles avec le serveur chinois.on croit tout comprendre mais finalement ce n'est pas le cas.






Avis de : OneBadBandito


L'idée etait trés interessante et alléchante mais je trouve qu'elle n'a pas été bien exploitée du tout .
Le Film est bien trop étrange et ne tient pas debout , trop de bizarreries le rende vite déroutant .
Néanmoins c'est un film qui sort du lot avec son scénario pour le moins inhabituelle , alors pourquoi pas..
Il n'est pas mauvais , juste trés.. bizarre.






Avis de : rat d ' égout.


Un de mes plus grans films de tous les temps.






Avis de : Benjo


Le bon:
Sans jamais sombrer dans le too much grand gignolesque Cronenberg invente un univers subtilement surréaliste, glauque et onirique qu'il filme de manière trés sobre et aérienne.

Le mauvais:
Le réalisateur tente d'imposer un concept qu'il semble ne pas totalement maîtriser lui même et s'enlise dans de longs discours explicatifs trop artificiels pour justifier chaque détails qui pourrait faire s'écrouler son fragile édifice.






Avis de : tarnation


comme videodrome ce film est.....

aaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!! j'ai une crampe dans la jambe.






Avis de : tarnation


ah ça va mieu.
donc comme je disait...
existenz est comme videodrome un chef d'oeuvre et jennifer est toujours aussi belle que d'habitude je l'aime cette fille.






Avis de : dan dadadadammm


Un film qui pourrais faire suite à videodrôme






Avis de : meatalhard


Je reste très mitiger sur ce film je sais pas si j'aime ou si j'aime pas même après l'avoir vu trois fois. La fin est bien et pour le reste ben c'est assez space quand même.






Avis de : gox


Putain ce que c'est mou...Bien dormi! Pas emballé du tout alors que j'en avais eu de bons échos: c'est une belle merde et j'arrive pas à comprendre qu'on puisse adhérer, faudra m'expliquer! A+






Avis de : ciné45


On me l'a conseillé et j'ai plutôt accroché même si ce n'est pas mon Cronenberg préféré (ah La mouche!)






Avis de : RIRI


Délirant, et trés "cronenbergien". Je ne comprends pas pourquoi le film a été éreinté par la critique. Le meilleur Cronenberg avec "Le festin nu".Inoubliable et cauchemardesque.






Avis de : onm


tout a fait d'accord... on sent le Cronenberg... surtout sur le final qui renverse. Un pure film d'asyle psychiatrique. :)






Avis de : imotep54


J'adore ce film, l'ambiance unique, les acteurs, la manière dont on se perd entre les différentes réalités....Seule la fin m'a laissé sur ma faim justement.






Avis de : nukedgoat


J'avais pas trop accroché la première fois, au ciné, je l'avais en fait trouvé complétement nul, mais en le revoyant recemment, je ne sais pas, je me suis laissé porté par l'histoire, j'ai trouvé le film assez sympa, même si les rebondissement sont inutiles et prévisibles, le film est assez drôle finalement, et plutôt bien interprété... Peut-être en attendais je trop de la part de Cronenberg, mais bon, le film est à voir. Je comprend ceux qui déteste et ceux qui adore, mais pour ma part, disons que je suis un peu le cul entre deux chaises.








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