jour des morts-vivants - le - day of the dead - 1985 un film de George A. Romerojour des morts-vivants - le


Stéphane JOLIVET




6/6 - Stéphane JOLIVET

4,5/6 - Stéphane ERBISTI

5/6 - Gérald GIACOMINI

6/6 - Yann LE BIEZ

6/6 - Colin VETTIER

4/6 - Vincent DUMENIL

4,5/6 - Christophe JAKUBOWICZ


JOUR DES MORTS-VIVANTS - LE
( DAY OF THE DEAD )

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**ATTENTION : CETTE CRITIQUE CONTIENT DES SPOILERS**

Dans une pièce vide est assise et endormie une jeune femme. Réveillée comme par un mauvais rêve, son attention est attirée par un calendrier épinglé contre le mur d’en face. Elle se lève, puis traverse la pièce jusqu’à lui. Tous les jours du mois d’octobre y sont cochés (nous serions donc entre le 31 octobre, fête d'Halloween, et le 2 novembre, "Jour des Morts" dans le calendrier catholique...). La jeune femme effleure du bout des doigts la photographie du calendrier… Et c’est alors qu’une douzaine de mains putréfiées crèvent la surface du mur pour l’attraper.

Le cauchemar initial de Sarah n’est pas pire que ne l’est la situation du monde éveillé, mais il la résume d’une façon saisissante et symbolique. Une minute montre en main suffit ainsi à George A. Romero pour donner le ton général du dernier volet de sa trilogie consacrée aux morts-vivants (où plutôt de ce qui l’était jusqu’à présent) : isolement total des humains, tension aboutissant au chaos, menace extérieure globalisée et prospection psychologique intense des personnages rêvant d’une issue.

Sarah (Lori Cardille) est une jeune scientifique. Personnage central du film en raison de son courage, de sa sensibilité et de son optimisme (elle espère éradiquer le fléau qui transforme les vivants en zombies), elle compte parmi les rares survivants de la civilisation, une poignée de chercheurs et de militaires réfugiés dans les souterrains d’un ancien silo à missiles, auxquels s’ajoutent un pilote d’hélicoptère, John (Terry Alexander), ainsi que son camarade Bill (Jarlath Conroy), un radiophoniste.

L’omniprésence extérieure des zombies, la coupure de toute liaison radio, l’épuisement des vivres et des munitions provoquent une tension croissante à l’intérieur de chaque individus et de chaque faction, ainsi qu’entre les uns et les autres. Ainsi, suite à la mort du major Cooper, l’équipe médicale du docteur Logan (dont Sarah fait partie) se heurte rapidement à la tyrannie naissante du capitaine Rhodes (Joe Pilato), lequel déclare l’état de guerre et n’hésite pas à menacer de Cour Martiale et de mort quiconque lui oppose une résistance. De même, la relation amoureuse de Sarah avec Miguel (Antone Dileo), militaire dépressif, se détériore de façon pathétique et violente.

L’examination des rapports humains et de leurs choix de vie dans l’imminence du danger est donc une fois de plus le sujet de George A. Romero. Mais ce ne sont plus, comme dans "Night of the Living Dead", des individus lambda auxquels nous avons affaire, ni à des éléments de diverses institutions décidant brusquement de faire bande à part comme dans "Dawn of the Dead".



Si psychologie et dialogues ont toujours eu une portée directement politique dans la fameuse trilogie romérienne, cela n’a jamais été aussi vrai que dans ce troisième volet, où l’on se trouve finalement en présence des trois entités principales dominant la fin du XXème siècle : l’Armée (n’oublions pas qu’en 1985, la guerre froide n’est pas terminée), la Science (le docteur Logan, alias "Frankenstein" (Richard Liberty), représente d’une façon à la fois sinistre et touchante les errements d’une recherche qui ne s’embarrasse plus d’éthique) et la Technique (John et Bill, indispensables de par leur spécialité, mais aussi limités par elle et donc dénués de toute volonté de puissance).

Ce qui est clairement envisagé dans "Day of the Dead", c’est ni plus ni moins que l’avenir de l’espèce humaine, le rêve d’une île déserte figurant un recommencement à zéro dans le jardin originel -sans la moindre dimension religieuse toutefois, à moins qu’on ne prenne au sérieux le tic exclamatif de Bill McDermott : "Jésus, Marie and Joseph !".

La gravité accrue du propos, par conséquent, n’inclinait pas à renouveler l’exubérance de "Dawn of the Dead", dont le caractère orgiaque correspondait à une réalité historique bien déterminée et déjà révolue en 1985. Tout au contraire, au beau milieu des eighties, décennie du strass et de la superficialité la plus cynique, Romero décide tranquillement d’imposer un discours ultra sérieux, un univers on ne peut plus dépouillé et une mise en scène d’un classicisme assumé, c’est-à-dire l’inverse de ce que sera la même année un certain "Return of the Living Dead" (Dan O’Bannon). L’humeur du maître n’était pas à la fête, ce que les amateurs de "coolitude" et de "splatter non stop" n’ont d’ailleurs pas manqué de lui reprocher.



Et pourtant "Day of the Dead" est loin de manquer d’horreur pure, de visions putrescentes, de violence et de gore. Dès après le cauchemar de Sarah (qui sera repris plus tard dans une version bien plus viscérale et dégoulinante), le talent incontestable de Tom Savini et de son équipe s’illustre avec une magnifique fourmilière de cadavres sortant de leur torpeur, râles répondant à la voix amplifiée d’un mégaphone, visages bousillés et démarches pantelantes s’interposant entre la caméra et le bleu du ciel, au milieu des épaves de véhicules abandonnés, des dollars fouettés par le vent et des édifices inutiles, parmi lesquels rampe un improbable alligator. Scène anthologique s’il en est, et qui justifie pleinement que le "Jour des Morts-Vivants" se déroule ensuite sous terre.

Dans ce ventre glacial aux murs nus et aux galeries ténébreuses, une révélation inouïe va en effet avoir lieu : ces pantins grognants et affamés que sont les zombies ne sont pas totalement dépourvus d’intelligence et d’affects. Ils "apprennent", comme le dit Sarah, notamment la peur, mais aussi à se souvenir de certains de leurs goûts et de leurs automatismes passés. Aussi dangereux que vulnérables, semblables à de pitoyables enfants égarés une fois qu’ils sont capturés et séquestrés pour les expériences du docteur Logan, il n’est plus possible de les considérer comme de simples cibles pour armes à feu. Et Romero appuie là où ça fait mal. Face aux diverses boucheries manipulatoires de "Frankenstein" et à la bestialité toute hormonale des militaires, les morts-vivants en viennent à avoir l’air plus humains que ceux dont ils feraient (et feront) volontiers leur repas.

Et c’est là qu’intervient le merveilleux personnage de "Bub" (Sherman Howard). Le cobaye préféré du docteur Logan semble confirmer les théories de ce dernier, selon lesquelles la moelle épinière, siège des réflexes les plus primitifs, serait la dernière à être affectée par le processus de zombification, permettant d’envisager un dressage des morts-vivants. Mais à vrai dire, "Bub" dépasse même cette simple hypothèse : face au capitaine Rhodes, ses souvenirs de l’armée semblent lui revenir (ce qui suggère qu’il ne faut pas chercher bien loin!). S’il délaisse la lecture de "Salem’s Lot" (clin d’œil perfide d’un maître envers un autre), la musique de Beethoven lui fait manifestement redécouvrir un univers d’émotions bouleversantes. Et le grand final gore ira même encore plus loin, montrant qu’un zombie peut aussi se faire une idée de ce que doit être la justice, et ce avec une formidable ironie.



Duels verbaux, rixes, perforations, morsures, amputation, exécutions sommaires, suicide, décapitations, démembrements, éviscérations et fusillades, il y a tout cela dans "Day of the Dead", mais toujours avec à-propos, selon une progression inéluctable. Il n’y a pas (et il n’y a jamais eu) chez George A. Romero de jouissance malsaine dans la contemplation des massacres, mais bien plutôt une intelligence et un courage visuels exemplaires dans sa façon de suivre la logique éternelle d’une même faillite, celle des hommes à organiser durablement leur coexistence et leur survie. Et il le fait cette fois-ci avec un talent inégalé, qui vaudra bien d’attendre vingt ans pour lancer un nouveau pavé dans la marre du monde comme il va.

On retrouve cet esprit anarchiste, à la fois lucide, distancié et conséquent, dans les personnages du pilote et du radiophoniste, John et Bill McDermott. Bien que ceux-ci remplissent scrupuleusement leurs fonctions, ils affichent dès le départ un point de vue désillusionné sur l’état des choses et la seule issue qu’on puisse y trouver. Ce point de vue peut paraître au début du film le produit de l’égoïsme, du cynisme et de la lâcheté. Mais à mesure que les événements empirent, Sarah se rend compte à travers ses conversations avec eux (et la découverte de leur bungalow, baptisé avec une dérision nostalgique : "The Ritz") que leur position est fondée sur une réflexion empreinte de simplicité, de modestie et d’humanité. Tout comme leur conception de l’habitation dans le silo à missile passe par la reproduction apaisante d’un décorum confortable et hédoniste –intérieur bourgeois, jardin et vue sur la mer-, leur façon de refaire le monde, loin de toute préoccupation tyrannique ou philanthropique, est une robinsonnade à trois qui se dessine comme de longues vacances.

Mais Romero ne croit pas pour autant à la facilité, et sait que rien ne peut être définitivement acquis. La possibilité d’un nouveau paradis devra passer par une violente remontée des enfers, et son issue n’a vraiment rien de triomphal. L’incertitude plane sur ces dernières images où l’on coche les nouvelles cases du calendrier : l'avenir semble envisageable, certes, mais l’homme est toujours homme, et le pire aussi pourrait recommencer. En attendant, chacun reste à une distance respectueuse des autres : proximité silencieuse, calme et énigmatique.


6/6 - Stéphane JOLIVET


AVIS DES AUTRES REDACTEURS :

On pourrait reprocher à ce film de manquer de rythme et d'être trop bavard. Il est vrai qu'à côté de "ZOMBIE", son prédécesseur, le film est un peu lent. Il s'appuie plus sur la psychologie et l'affrontement des personnages. Il n'en demeure pas moins intéressant, au contraire. Reste également le somptueux travail de Tom Savini qui se surpasse dans l'horreur visuelle ! Il nous a concocté une série d'effets gore proprement hallucinants. Et puis, il y a Bub, "le gentil zombie" qui prend plaisir à écouter Beethoven sur un walkman... A quand une armée domestiquée de zombies pour lutter contre les autres zombies ?

4,5/6 - Stéphane ERBISTI

A mes yeux le meilleur d'entre tous. Violent, sombre et fortement claustrophobe, le jour est une réussite sans égale. Quand bien même le film est en deçà de ce qu'il aurait dû être, il reste gravé dans mon coeur et dans mes yeux comme une pépite à l'extrême préciosité.

A la manière d'une première fois, le Jour... reste collé à la chair et à l'esprit à vie.

6/6 - Colin VETTIER




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  Avis de G.R. sur jour des morts vivants le
Après la maison et le centre commerciale, nous voilà engloutis dans un bunker claustrophobique.
Pour moi ce film vaut le détour ne serait-ce que pour le générique avec les morts circulant dans la ville déserte. L'histoire est pas mal, par contre le chef militaire qu'est ce qu'il joue mal pfiou!
Le personnage de Bub ( il s'appelle pas Boubou en vf?) est précurseur du 4eme volet car il peut ressentir quelques émotions.
L'actrice est plutôt convaincante en femme forte surtout qu'elle est la seule representante féminine des survivants.
Et puis le carnage final est subliment gore et drôle.
  Avis de Elouan sur jour des morts vivants le
Y a pas à dire, Romero a toujours une bonne idée dans son sac.
Ici, c'est évidemment la présence de Bub, le "zombie intelligent" qui rythmera à lui seul le film grâce à ses différentes scènes dont la fameuse dernière.
Alors évidemment, on est chez Romero et donc il y a un propos. S'il est un peu plus manichéen que dans Zombie (les militaires sont tous pourris), il n'en est pas moins efficace et d'à propos.
Et si l'omniprésence pourtant discrète des zombies semble donner une touche de fin du monde au film, il n'empêche qu'on se trouve très en phase avec eux. Car, à force, on s'y est habitué et on les aime bien. Or, l'avenir de ces humains qui ne cherchent même plus à survivre mais à (re)prendre le contrôle semblent bien dérisoire. D'autant que le film semble nous dire au final qu'il n'y a de salut que dans l'isolement. La relation potentielle qu'on voyait apparaître dans "zombie" et qui est le propos de cet opus est, pour le coup, vouée à l'échec.
Une vision des 80's individualistes bien sentie où la communauté ne peut vivre...
  Avis de nekro sur jour des morts vivants le
Le meilleur film de zombis après zombi ( enfin le crépuscule ).La partie du milieu est assez bavarde c'est vrai mais cela ne nuit nullement au film. Au contraire cela aide je trouves à ressentir la claustrophobie ressentie par ces pauvres survivants enfermés dans ces interminables tunnels. ça fait vachement fin du monde.
Le début et la fin du film sont des séquences cultes du genre zombiesque au cinéma et le moment ou ils essaient de choper des zombis avec une tige est un grand moment également. Vraiment éprouvant à l'époque de la 1ere vision.
La scène du début avec le reve de l'héroine ( le mur transperçé de toutes parts )avec la musique synthétique ... Culte
Et puis la scène du début ou les zombis se reveillent hagards dans la ville abandonnée en plein jour en geignant .... une des plus belle et apocalyptique scène de morts vivants.
On fera plus jamais des films comme ça. Maintenant les zombis c'est shaun of the dead ...( soupir)
  Blob HermanAvis de Herman sur jour des morts vivants le
En ce qui me conserne sans doute le meilleur de la saga George. A. Roméro!!! Vous avez surement sans doute remarquer que Massacre à la Tronçonneuse de Hooper est Très Très peu souvent égalé. Pour moi Le Jour des Morts Vivants arrive au niveau de chef d'oeuvre de chez chef d'oeuvre. Un film a rangé au coté de Massacre à la Tronçonneuse( l'original) véritablement dans le top 5 des plus grand film d'horreur de tout les temps( avec une petite préférence pour Massacre..). Sinon le maquillage est encore meilleur que dans Zombie. Un film a voir avec le son mis au maximum, les prises de son du film sont vraiment Terrifiante et en plus avec encore beaucoup plus de scènes d'horreurs, le maquilleur Tom Savini a du carrément s'éclater.
  Blob dr goreAvis de dr gore sur jour des morts vivants le
quelle saga ce qui et importent dans cette saga ce n'est pas les fx c'est l'histoire
  Blob Hannibal Lecteravis de Hannibal Lecter
Depuis le temps que je l'attendais,je ne suis vraiment pas déçu!Ce film est vraiment un chef d'oeuvre!Je me prosterne devant Romero et je me demande même si ce n'est pas mon préféré de la saga zombies de Romero.En plus d'être un bon film sur les zombis c'est un bon film sur les humains!BRAVO Et je voudrait un zombis comme Bub à la maison!
  avis de Ulrak
Trop fort!

C'est sûr, Romero n'avais plus rien à prouver, en matière de zombies (il a presque tout inventé). Alors il a été plus loin. Il n'y a plus d'espoir. La société dénoncée dans les 2 premiers volets n'existe plus. Les survivants sont vraiment les derniers, et ils n'ont même plus l'air de vouloir survivre. Ils sont passés (même l'héroine), par tous les stades de l'horreur. L'angoisse leur tiend lieu d'instinct de survie. A bout de force, d'espoir, leur équilibre mental est au niveau de leurs provisions : pas loin du zéro. Les zombies ont gagnés. Ils peuvent s'humaniser : les humains sont devenus des zombies (on se tue, enfin on se contamine à vous le dire!)

J'ai toujours été curieux de voir ce qui se passait aprés la fin d'un film, pour les survivants. C'est cela que nous montre ce cher George. Mais avec du gore grand art (Ha! Se faire dévorer vivant, mais vraiment vivant jusqu'au bout...), et sans oublier l'humour.

A ceux qui aiment le "boumboum et je te dégomme tout ce qui bouge et ya pas de temps mort tellement que c'est stromboscopique que tu vois rien" : passez votre chemin! Ici l'histoire n'est pas une débilité pretexte à des scènes de baston. L'étripage, escusez un peu est le couronement d'un tension dramatique. Et toc. Essayez de trouver ça ailleur..
  Blob Tarnationavis de Tarnation
un pur merveille comme tout les films de romero. le moins connus etant knightrider tout aussi charment que ses autre films. bref pour ceux qui aime se film je conseille le dvd du jour des morts vivants 2
par pour le film ridicule qui se considere comme la suite diirect du film de romero mais pour le bonus qui est une copie parfaite du jour des morts vivant de Romero
  Blob Tarnationavis de Tarnation
tout simplement un chef d'oeuvre Romero reussi avec beaucoup de contraintes un film bien flippant.
  avis de ste²ve
Le jour des mort vivants est un grand film qui s'appuie davantage sur la psychologie et prend le temps de livrer son histoire tres intéressante. Pour moi le vrai point fort est la domestication des zombies par "Frankenstein". Le zombie qu'il éleve est poignant et touchant et on s'intéresse vraiment a son destin. Les personnages sont malgres tout assez caricaturaux (surtout les militaires...) et la femme est quand meme bien chiante.
Les effets spéciaux meme si un peu vieillits à mon gout demeurent spectaculaires et impressionnant.
Un bon film de mort vivants comme on en fait malheureusement plus.
  avis de 2ni
C'est le 1er de Romero ke j'aie vu. IL m'a traumatisé... mais il est génial... Avec la ptite scène gore de la fin kon retrouve dans Zombie.
  avis de bub
Le troisième opus de la saga de Romero et c'est du bon. Le jour de morts vivants est une suite probable de ce qui pourrait se passer après dawn of the dead.

Bien sûre le manque de moyen et de rythme est palbable, mais ça donne un charme supplémentaire au film. Ceux qui s'attendent à voir de l'action initerompue seront déçus. Les acteurs eux s'en sortent assez bien, le docteur Frankenstein est un personnage fascinant. La derniére partie du film ravira tout le monde.

Fans de zombies et de Romero ce film est à ne pas raté.


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