Chargement de la page en cours...
frankenstein 1910
Critique
Sire Cedric
Interview
DAVIS Bette
Biographie
avalon
Musique


abattoir 5 - Slaughterhouse-Five - 1972 un film de George Roy Hillabattoir 5
abattoir 5


Vincent Dumenil




6/6 - Vincent Dumenil

6/6 - Jérémie MARCHETTI

6/6 - Stéphanie AVELINE










eden lake

dracula (2006)

dard divorce

welcome to the jungle

punk rock holocaust 2

gutterballs

nekromantik 2

hellboy 2 - les legions d or maudites

meridian

cauchemar de dracula - le



Note globale de
la rédaction sur 6 :



Note globale
des internautes
sur 6 :



ABATTOIR 5

( SLAUGHTERHOUSE-FIVE )


Cette critique a été consultée 5703 fois

Chercher ce film sur le forum
( expérimental )

abattoir 5

Billy Pilgrim, opticien de son état, aurait tout pour être heureux : Valencia une femme aimante d’origine aisée et deux beaux enfants, Barbara et Robert. Mais voilà, revenu traumatisé de la Deuxième Guerre Mondiale, il inquiète les siens : il prétend en effet avoir la capacité de se transporter dans le passé ou le futur. Fréquemment, il se revoit ainsi jeune soldat pendant ses classes, en tant que prisonnier de guerre et durant le terrible bombardement de Dresde, l’un des plus meurtriers de l’Histoire. Il se retrouve également pensionnaire d’un zoo sur la planète Tralfamadore en compagnie d’une superbe créature. Soigné aux électrochocs à la suite d’une dépression nerveuse, Billy n’arrive cependant pas à se réadapter mentalement à la vie normale…

abattoir 5


Le personnage de Billy Pilgrim est décalé dans le temps, il dérive constamment d’un segment de sa vie à un autre, et ce au hasard est-on en droit de penser. Il parcourt son bonhomme de chemin à travers trois histoires entrecroisées : sa douloureuse expérience de la guerre, son insignifiante vie de père de famille opulent vivant dans une banlieue chic et enfin sa captivité dans un zoo intergalactique en compagnie de Montana Wildhack, star du porno, accessoirement femme idéale fantasmée par Billy.
Aussi bizarre que ce résumé puisse paraître, le film retranscrit assez fidèlement le message principal du livre de Vonnegut, à savoir : l’acceptation de sa destinée tout en essayant de se concentrer sur les bons moments de sa vie. Pourtant, les mauvais moments sont toujours là et vous ne pouvez les effacer. La morale du film et dudit roman serait donc : vous devez accepter tout ce qui vous arrive dans la vie car si vous ne le faites pas, vous risquez de ne pas admettre que vous existez ou avez existé vraiment. Ce qui reviendrait à un déni de sa propre existence.



abattoir 5




Au-delà de cet aspect philosophique, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, "Abattoir 5", n’est pas un film d’horreur sanglant. D’ailleurs certains éditeurs de VHS peu scrupuleux ont autrefois essayé de le faire croire en exploitant une jaquette mensongère car sortie de son contexte et où l’on pouvait voir le visage de Billy ensanglanté. C’était certainement plus vendeur !
Le titre évoque plutôt les camps de détention allemands pendant la guerre de 39-45 et dans lesquels, Kurt Vonnegut, auteur du roman éponyme, a séjourné et vécu l’horreur. Les camps étant comparés ici à des abattoirs, établissements où l’on tue des animaux destinés à la consommation. Autrement dit, c’est un lieu sordide, où les individus tous immatriculés, sont parqués comme des bêtes, attendant une mort quasi inéluctable.

"Abattoir 5" serait plutôt un film de science-fiction atypique mâtiné de passages semi autobiographiques rendant compte des expériences de Vonnegut à Dresde durant la guerre, de scènes de la vie courante empruntées ici ou là et témoignant de la difficile réadaptation à la vie civile de tout participant à un conflit armé, puis de saynètes fantastiques inventées dans le but d’échapper à une réalité trop douloureuse.

Vous aurez aisément compris à la lecture de tout ce qui a précédé, que le scénario du film opte pour une déconstruction narrative certaine, attestant de l’état mental de Billy qui va d’une époque à une autre sans réel fil conducteur. Ce qui peut nous faire douter quant à sa santé psychologique. Est-il fou ? Rêve-t-il éveillé ? Est-il mort ?
Toutefois, la vivacité des événements qu’il vit ou revit est telle que cela nous laisse croire qu’il arrive véritablement à se déplacer de manière spatio-temporelle. L’esprit serait-il alors plus fort que le physique ? Cette question ne trouve jamais sa réponse dans le long métrage, tout comme la fin est laissée à la libre appréciation des spectateurs ("happy end" ou "bad end" ?).



abattoir 5




Techniquement, le film joue avec les moments où Billy fait des bonds dans le temps et ce de façon significative : les scènes importantes sont toutes entrecoupées de transitions pleines de sens et aidant à la reconstruction de la vie de Billy. Et justement la musique très poignante aide à la représentation de ces passages tout en portant le film car elle permet d’endurer les événements tragiques aussi bien que les plus réjouissants.

Ajoutons à cela que Michaaël Sacks interprète Billy Pilgrim de façon remarquable, il rend le personnage naïf et attendrissant, tel qu’il est dépeint dans le roman. Les autres acteurs se contentant de jouer leur rôle sans écart pour laisser semble-t-il toute la couverture à Michaaël Sacks, centre névralgique du film, sur les épaules duquel repose toutes les émotions.

Un des autres points forts du film est de montrer que le monde n’est pas manichéen et que les "méchants" sont situés de toutes parts. On en veut pour preuve que les atrocités de la guerre ne sont pas forcément perpétrées par un camp envers l’autre : Billy sera confronté pendant une bonne partie du film à un soldat américain comme lui qui lui fera vivre un enfer psychologique car il le tient pour responsable de la mort de son meilleur ami. Notons qu’"Abattoir 5" est écrit en plein conflit vietnamien et cela se ressent dans le film où l’on perçoit bien que pour l’auteur, l’Amérique n’est pas le modèle de vertu tant espéré : elle commet aussi des atrocités comme le bombardement de Dresde, le plus meurtrier de l’histoire après Hiroshima et Nagasaki. Il n’y a donc pas de mal ou de bien absolus en ce bas monde.

Le métrage, à l’instar de "Taxi Driver", "Voyage au bout de l’enfer", "Rambo", "L’échelle de Jacob", "Pulsions Cannibales" ou encore "Combat Shock", s’attarde également sur les conséquences de la guerre à l’égard des soldats de retour au pays et les stigmates indélébiles laissés par les horreurs vues et les tortures endurées lors des conflits armés. Pour Billy, tout pourrait aller pour le mieux au sortir de la guerre : il a retrouvé un emploi stable, vit dans une banlieue cossue et a deux superbes enfants. Seulement voilà, si l’on creuse un peu, sa femme est très superficielle et incapable de tenir ses engagements, sa fille suit la même destinée que sa génitrice et son fils rejoint l’armée tout comme son père. Rien de très encourageant donc pour Billy qui peine à se réadapter mentalement à la vie normale même s’il en donne l’apparence. C’est peut-être pourquoi il se réfugie dans le rêve ou la réminiscence. Il oublie ainsi la banalité de son existence ou essaie de se convaincre qu’il existe vraiment en se remémorant les événements les plus durs de sa vie (la Seconde Guerre Mondiale) ou en s’en inventant de meilleurs (la captivité sur la planète Tralfamadore où il est retenu en compagnie d’une superbe femme et où il est observé par des entités invisibles se renseignant sur les comportements humains). Certains pourront y voir là un paradis, endroit finalement mérité par Billy tant sa vie sur Terre ne fut pas de tout repos, d’autres un rêve inaccessible vers lequel Billy se tourne pour oublier son présent et son passé. Libre à chacun d’apprécier selon ses propres convictions.



abattoir 5




Le réalisateur George Roy Hill également connu pour des chefs-d’œuvre du septième art comme "L’arnaque", "Butch Cassidy & le kid", nous livre là un film d’une richesse extrême rendant compte des comportements humains aussi bien d’un point de vue large (le ressenti de la guerre avant, pendant et après le conflit) que réduit (la vie de tout un chacun à travers le prisme du cadre familial), et ce sans jamais prendre véritablement parti, laissant soin aux spectateurs de se faire leur propre opinion. Ainsi, ce film construit sans consensus, manichéisme ou autre intention politique avérée, nous montre la vie telle qu’elle est, avec ses bons et mauvais côtés. Un film comme on en voit rarement avec un scénario incroyable, un discours simple sans fioriture, bien loin des produits uniformisés en provenance d’Hollywood.
Comme quoi on peut faire des bons films au pays de l’Oncle Sam dès lors que le support de base est suffisamment solide et que la mise en image est confiée à un réalisateur de talent ayant une grande liberté d’action !



6/6 - Vincent Dumenil





Si vous avez aimé ce film vous aimerez peut être :

EQUILIBRIUM . ARMEE DES DOUZE SINGES - L . TOTAL RECALL . STRANGE DAYS . HEAVEN S SOLDIER . V POUR VENDETTA . SOLEIL VERT . AGE DE CRISTAL - L .

L'AVIS DES INTERNAUTES
Avis de : snake


Abattoir 5 est un film de science fiction très virtuose,expérimentale,qui raconte les vrais horreurs de la guerre de manière le plus explicite possible,notre hèros traverse les époques pour notre plus grand plaisir.A voir.






Avis de : BobbyMcFresh


"Le titre évoque plutôt les camps de détention allemands pendant la guerre de 39-45 et dans lesquels, Kurt Vonnegut, auteur du roman éponyme, a séjourné et vécu l’horreur. Les camps étant comparés ici à des abattoirs, établissements où l’on tue des animaux destinés à la consommation."
Rectification : dans le film,les protagonistes sont réellement logés dans les anciens abattoirs de Dresde, et plus particulièrement dans l'abattoir n°5 (Schlachthof fünf peut-on lire sur une vielle pancarte), d'où le titre.
Sinon, les camps de prisonniers de guerre américains et anglais décrits par l'auteur, y compris ceux de Dresde, ne sont pas franchement des abattoirs (rien à voir avec les camps de la mort)...
Par contre, je suis d'accord, c'est un film extraordinaire.






Avis de : camif


Le scénario du film suit la déconstruction narrative du livre et nous font vivre les allées et venues de Billy Pilgrim dans le temps et l’espace sans que celui-ci est le moindre moyen de les contrôler.
On navigue donc au gré des plans et des séquences entre trois époques principales, sa vie « actuelle « située dans les années 60, son odyssée lors de la guerre et sa présence sur la planète Trafalmadore où il est enfermé dans une sorte de bulle, soumis au regard de ses habitants invisibles pour des yeux humains, tel un spécimen de foire et rejoint bientôt par la femme de ses rêves.

Billy semble visiter les différentes époques comme un spectateur devant un film, sa vie lui échappe, il la travers sans émotions, sans contrôles, il se marie sans passion, semble ne pas vraiment aimer sa femme, lui préférant son chien, ses enfants ne sont pour lui qu’un élément du décor, il se laisse porter par le cours de la guerre ce qui lui vaudra probablement la vie sauve contrairement à son ami qui lui essayera vainement de changer son destin et qui en paiera le prix.

Car le vrai « héros « du film c’est le destin, un destin auquel personne ne peut échapper, un destin plus fort que la vie, la mort, l’amour, une vision quasi calviniste des choses semble nous dire le réalisateur, qu’il est consubstantiel de la nature humaine. Et que par conséquent il vaut mieux ne pas lutter contre et comme le dit Billy « pour ne pas sombrer dans la folie, oublions les mauvais moments et profitons des bons « . Tel pourrait être la philosophie de vie que nous propose le film.

Mais pour profiter des rares bons moments que peut apporter la vie, il convient d’avoir un rêve, un but à atteindre. Dans le cas de Billy il s’agit de la planète Trafalmadore, sorte de subconscient à ciel ouvert de son esprit où tout devient possible du moment que l’on accepte d’y être enfermé, disséqué, scruté par ses habitants, métaphore d’un Dieu ou du destin omniprésent, invisible et inaccessible.

Un des scènes finales du film cristallise d’ailleurs ce choix, qui trouvant son origine dans le passé, se déroule dans le présent et semble annoncer sa future vie dans un avenir déroutant. La boucle est ainsi bouclé et verrouillé, comme semblant écrite à l’avance.

Du point de vue purement cinématographique, la photographie nageant dans des couleurs semblant « passées « renforcent le côté onirique de la pellicule et met en exergue le côté intemporel de l’intrigue. Les acteurs sont brillant, la musique classique permet également d’accentuer l’allégorie de l’histoire, le montage brillant permet de passer d’une époque à l’autre tout en restant crédible.

Un film unique par son traitement ( dont on pourra retrouver quelques relents dans des oeuvres comme « Brazil « de Terry Gilliam, « le « 2001 « de Kubrick ou encore le récent « The fountain » d’Aronofsky ), inclassable et magistralement mis en image, qui oscille entre le pessimisme le plus étroit et un optimisme humaniste une courageuse leçon sur la nature humaine au sens universel du terme.








Ajouter votre avis

( Nous nous réservons le droit de supprimer tout commentaire inutile ).

Textes et logos © Horreur.com; 2002-2007.
Les images, photos et éventuels sons contenus sur ce site sont la propriété
de leurs auteurs
ou ayants droits respectifs et sont reproduites dans un but informatif.