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Jérémie MARCHETTI
5,5/6 - Jérémie MARCHETTI
3/6 - Gérald GIACOMINI
2/6 - Colin VETTIER
4,5/6 - Stéphane JOLIVET
4/6 - Vincent DUMENIL
3,5/6 - Yann LE BIEZ
4/6 - Christophe JAKUBOWICZ
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LEGEND
( LEGEND )
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Il suffira de quelques années pour que Ridley Scott se taille la part du lion avec un prodigieux triplet, entre le digne successeur de Barry Lyndon et deux immenses piliers du cinéma de science-fiction. C'est aux antipodes du métal, des étincelles et des mystérieuses créatures futuristes que sa carrière le conduit vers un projet plus fantaisiste et plus frais : Legend. Mais plus douloureux aussi...
Une mauvaise réception à la projection test, et c'est l'hécatombe : le film y est jugé trop lent et trop long, ce qui vaudra alors un remontage catastrophique par Scott himself, remplaçant le somptueux score de Goldsmith par celui de Tangerine Dream, évinçant au passage vingt bonnes minutes. Un résultat effroyable (méchant fluo et troll à têtes de serpillières sont au programme) pour un accueil impitoyable.
Si les States ont le monopole de la chose, l'Europe connaît le film dans une version nettement plus aboutie, en fait particulièrement proche du final cut (94 minutes contre 114). Les rajouts du director's cut, plus plaisants que réellement essentiels, sont à découvrir sur l'ultimate edition disponible sur le territoire américain. Et bonne nouvelle, c'est sous-titré dans la langue de Molière !
A l'inverse d'un "Blade runner" plus ronge tête et plus adulte, Legend s'enquille à peine d'un scénario original : le méchant, la gentille, le beau, la lumière, les ténèbres ; poom, c'est près !
Plus explicitement, la jolie Lili transgresse les règles du monde dans laquelle elle vit et entre en contact avec un couple de licornes : ni une, ni deux, le monde des ténébres prend le pas sur celui de la lumière dans une éblouissante tempête de rose et de pluie. L'occasion rêvée pour le diabolique seigneur des ténèbres de s'emparer du monde.
Scott adopte le schéma de conte le plus épuré qu'il soit : qu'importe alors le manichéisme et la niaiserie des gentils ; Scott soigne avec une maniaquerie évidente chaque univers, chaque tableaux, avec une fâcheuse tendance à se pencher vers le camp des mauvais. C'est la foire des couleurs, l'explosion des saisons, la fête aux lutins et aux gobelins, le sacre des ténèbres et des flammes : jamais un film de Fantasy n'avait été aussi beau.
Aux prairies enchantées, Legend s'affranchit le monde du mal dans une seconde partie plus palpitante, où l'antre du Lord s'apparente à une énième variation de l'enfer, avec ses murs léchés continuellement par des flammes ardentes, sa cohorte d'ogres, ses marmites bouillantes et ses palais infernaux. Tout public Legend vraiment ?
L'ensemble ne vaudrait alors plus grand chose sans l'inimitable Tim Curry, dont le costume signé Rob Bottin fit connaître bien des déboires à la production lors du tournage. Une bouche suave et un phrasé reconnaissables entre tous pour la représentation cinématographique la plus imposante du Diable, ici au carrefour de Dracula et du Minotaure. Vénéneux, inattendu, implacable, titanesque : inutile de dire que le bien inoffensif Tom Cruise fond littéralement devant la bête.
Une expérience cinématographique que Scott aura vécu également comme un vibrant hommage à "la belle et la bete" de Cocteau : décors démesurés doués de vie, relation monstre/demoiselle fascinante, de la romance un poil désuète...du conte de fées à l'état pur.
Quand la simplicité enfantine se heurte au tour de force visuel, ça laisse des traces : à tel point que Shigeru Miyamoto avoua d’ailleurs s’être inspiré du film pour son jeu Zelda. Les fans de la fameuse saga vidéoludique y joueront certainement d'un autre oeil...
A défaut d'être un chef d'oeuvre, Legend c'est un peu le livre d'images ultime : mieux encore, il ne jaunit pas avec le temps. Profitons-en !
5,5/6 - Jérémie MARCHETTI
Un film d'heroic fantasy, gnan-gnan et mou. Vous reprendrez bien une part de flan ?
Toutefois, il ne peut-être nié que le travail sur les décors, les maquillages, etc... a été soigné. Insuffisant toutefois pour apporter cohésion à un métrage.
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