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sucker: the vampire - sucker - 1998 un film de Hans Rodionoffsucker: the vampire
sucker: the vampire


Colin VETTIER




4,5/6 - Colin VETTIER












ben

your vice is a locked room and only i have the key

b.t.k. 2008

assault ! jack the ripper

arrivederci amore, ciao

seed

fall - the

guinea pig 4 : mermaid in a manhole

guinea pig 5 : android of notre dame

complexx



Note globale de
la rédaction sur 6 :



SUCKER: THE VAMPIRE

( SUCKER )


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( expérimental )

sucker: the vampire

Troma et les vampires… Hum, jusqu’alors il m’avait semblé que l’association était malheureuse. En effet un vampire c’est gothique, beau dans sa grandeur; le thème se marie donc difficilement avec restrictions budgétaires et autres amateurisme… Jusqu’alors…

Plasma est un groupe de Rock, pas n’importe lequel puisque ses trois musiciens sont des vampires. La musique n’est qu’un prétexte pour appâter les proies faciles.
Cependant lorsque le groupe prend son envol, la couverture risque de s’envoler et les trois vampires d’être découverts. Le trio se sépare donc.
Anthony, l’ex-chanteur, aidé de son assistant, Reed, n’a aucune difficulté à trouver du sang frais. Son charme aussi aiguisé que ses crocs frappe sans vergogne, et les victimes tombent… Jusqu’au jours où il mord Vanessa Helsing, jeune demoiselle dont il avait décimé la famille. Vanessa tient enfin sa vengeance, elle vient de transmettre à Anthony ce à quoi nul vampire n’était préparé…


sucker: the vampire


Dans la littérature le vampire est grand, beau, doté d’un charme à toute épreuve, éléments que l’on retrouve grand écran ("Dracula", "Vampires"…). Cependant une littérature plus anecdotique, fait état d’un être subissant de plein fouet le monde moderne. Allant plus loin que la simple question métaphysique "qu’est-ce qu’être un vampire au XXIème siècle", les auteurs abordaient des problématiques bien moins anodines comme la drogue, les milieux médiatiques (cf. "Vampire Junkies" de Norman Spinrad) mais surtout… les M.S.T. Le sida plus particulièrement.
Un ouvrage poussait la reflexion jusqu’à projeter un dracula hagard dans les rue d’une grande métropole américaine. Affaibli, il ne peut se lancer dans de grandes chasses et doit se contenter de ce qui s’avèrera être des drogués. Le sang normal ne le satisfaisant plus (dépendent à son tour de la drogue), il ne s’abreuve que de Junkies, jusqu’au jour où il en mord un contaminé du virus du Sida.

Aussi surprenant soit-il, c’est le thème abordé par ce Troma. Mêlant une désinvolture purement Tromesque à une problématique beaucoup plus sérieuse, Sucker réussit un tour de force impressionnant.



sucker: the vampire




Si la thématique du Sida n’est abordée que dans le dernier tiers du film, elle demeure pourtant le centre du métrage. Elle vient bouleverser la vie d’Anthony, chanteur vampire de son état, de façon totalement abrupte.

Abattus dans un premier temps, sa maladie lui fait prendre conscience de son état, de ce qu’il est réellement. Le désespoir fera alors place à la résignation et, chose surprenante pour un Troma, le métrage se révèle peu avare en émotions.
Des échos des dialogues passés aux chansons mélancoliques, le climax entretenu est résolument triste.



sucker: the vampire




Cependant le personnage central du film – Reed, le ‘Igor’ d’Anthony – apporte des pointes de bonne humeur. A la fois profondément atteint et touchant, il est le personnage clé du film, celui par lequel transitent toutes les émotions. Il agit en quelque sorte comme un médiateur.
A ce titre ses pitreries – gare aux clins d’œil – se révèlent fort efficaces. Peut-être son cabotinage en rebutera-t-il certains ; il serait pourtant dommage de s’arrêter à quelques grimaces. D’autant que ce sont ses grimaces, si expressives, qui apportent un côté un brin décalé au film – certes aidées par les bruitages.

En outre Reed se trouve souvent plongé dans des situations cocasses. Alors qu’elles pourraient contraster de façon désagréable avec le reste du film, elles sont en fait de petites réflexions anecdotiques et vitriolées sur les contes de vampires (comment supportent-ils les ‘Igors’ ? Que font-ils des cadavres ?...).



sucker: the vampire




Avec tant de qualités, ce film émerge et se démarque largement de l’océan de production indépendantes fauchées, y apportant ce qui leur fait souvent défaut : la qualité.
Cependant, conséquence du sujet traité, le sérieux du film s’accommode mal des combats ridicules entre chasseurs et vampires. Dommage, ceci étant, c’est la seule véritable ombre au tableau, alors n’hésitez pas, précipitez vous sur ce Sucker qui rachète amplement un "Rockabilly Vampire" de sinistre mémoire. Et ce ne sont pas les quelques longueurs dont souffre Sucker qui ne viendront gâcher le plaisir de visionner un film de cette qualité.



4,5/6 - Colin VETTIER





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